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 Forgive us our trespasses [MIKE]

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MessageSujet: Forgive us our trespasses [MIKE]   Jeu 27 Aoû - 14:51


 
Forgive us our trespasses

Les jours étaient passés, rendant son retour plus dur qu’il ne l’aurait souhaité. Il s’imaginait mettre ainsi l’Eglise en péril, la privant d’un gestionnaire. Il s’était imaginé aussi, devoir s’excuser auprès de Thomas, car il n’avait pas été là pour l’accompagner le soir, et réduire sa solitude entre ces murs. Mais comme il se rendait à nouveaux en ces lieux, il prit conscience que sa présence n’était pas aussi indispensable qu’il se l’était imaginée. Quelques tâches lui incombant s’étaient accumulées à son bureau, le plongeant dans l’euphorie du travailleur consciencieux. Mais cette Eglise, dont les deux seuls habitants erraient les âmes en peine, revêtait le même aspect solitaire que lorsqu’il l’avait quittée il y’avait de cela deux semaines. Elle se mourrait, depuis bien longtemps déjà, empoisonnée par le manque de foi de ses habitants. Une maladie qui avait débutée bien avant la mort de Rosamund, lorsque son prêtre s’en était peu à peu éloigné. Elle, n’avait été qu’une flamme insufflant assez de foi pour la maintenir en vie. Mais comme elle avait disparue, la flamme avait disparue elle aussi. Alan, aussi professionnellement pouvait-il remplir son rôle, n’avait jamais été en proie à insuffler une telle énergie et n’avait fait que murer l’Eglise dans sa léthargie. Il s’en voulait, conscient quelque part qu’on en attendait plus de lui. Il s’excusait parfois sans mot, auprès d’un Saint-Patron qui se verrait horrifier de voir son nom porté par un tel lieu.

Le protagoniste s’était senti si coupable après son absence, qu’il s’était présenté ce lundi avec une heure d’avance. Il avait contourné le cœur de l’Eglise, sujet à des souvenirs qu’il avait vainement tenté d’oublier. Il n’avait pas non plus salué Thomas, cherchant à se retrouver seul, implorant sans larme, et avec honte, sa rédemption. Ses dernières semaines il les avait passées chez lui, seul, sobre, ne demandant rien de plus qu’un peu de temps. Celui qui le déciderait à savoir s’il fallait ou non oublier sa conversation avec Remy. Il avait hésité à appeler Nola, mais s’était convaincu qu’elle ne méritait pas ça, et lui non plus. De la même façon il avait manqué contacter Alecto. Parce qu’il l’imaginait être la solution à son problème. Il avait enfin repensé au post-it abandonné dans sa corbeille. Celui lui demandant d’appeler son père. Mais comme cette pensée n’était là que pour le racheter, il s’en était dissuadé. Son père il avait fini par aller le voir le mardi suivant son retour à l’Eglise. Là où ses idées semblaient plus claires et où retrouver l’amour de son paternel était devenu un besoin. Cette attention de la part de Robert avait toujours su palier aux défaillances de sa mère.

La seule personne à laquelle il n’avait pas pensé, était Thomas. Lui qu’il croyait connaître et qui n’était en réalité qu’un étranger. Alecto lui avait fait comprendre par sa visite, son inquiétude. Remy lui avait fait deviner, par sa facilité à le substituer au rang d’ignorant. Un jour il trouverait le courage de lui parler. Mais ce jour-là Alan aurait déjà changé.

Il était jeudi à présent, et l’habitude avait repris le pas sur sa vie. Ce, même si le protagoniste se voyait encore empreint à un malaise qu’il ne pouvait définir. Retrouver les membres de la paroisse, même s’il ne s’agissait que de regards froids échangés, l’avait fait se sentir meilleur. Elizabeth Baltimore, âgée de 62 ans et veuve depuis plus d’un an, était venue le voir à son retour. Elle n’avait jamais été qu’une personne à regarder de haut, comme il le faisait avec tous les visiteurs du dimanche. Si bien qu’il n’avait jamais vu en ses mots la sympathie d’une femme trop vieille pour espérer se satisfaire d’une compagnie plus futile qu’un intendant d’Eglise. Pour la première fois il l’avait écoutée autrement que par devoir, se voyant prendre une place auprès d’elle qu’il n’aurait jamais cru possible. Ces deux semaines de recul lui avaient été bénéfiques.

« Oui, j’arrive ! »

A l’heure où il aurait pu ignorer les appels se faisant insistants à la porte, de la même façon qu’il l’avait fait pour Alecto, il se voyait docilement prendre la charge de les affronter, endossant un rôle qu’on ne lui demandait cette fois pas, mais qui ferait la différence.

La jeune femme, d’une vingtaine d’années, se précipita dans l’Eglise avant qu’il n’ait eu le temps de l’inviter à entrer. Elle était hors d’haleine, se laissant tomber au sol en tremblant. Le cœur d’Alan se serra, compatissant, égoïstement effrayé. Elle tentait de lui sourire pour le remercier mais son visage était blanc, mouillé de sueur et de larmes, ses cheveux blonds plaqués à sa joue comme prêts à l’étouffer.

« Vous… allez bien ? »

Elle ne répondit pas à sa question, regardant à l’extérieur avec de nouvelles larmes.

« Fermez la porte s’il vous plait. »

Alan voulut comprendre, mais comme il ne répondait pas assez rapidement à ses attentes, elle se mit à crier avant d’éclater en sanglots.

« FERMEZ LA PORTE ! NE LES LAISSEZ PAS ENTRER ! » Les fantômes qu’elle seule semblait voir.

Parce qu’elle était dénuée de raison, il ne l’écouta pas. Dehors l’allée était déserte et ses poursuivants invisibles. Il sortit malgré ses avertissements, laissant la porte entrebâillée derrière lui pour qu’elle puisse se calmer. Son cœur battait plus qu’il ne l’aurait dû, le prévenant d’un danger que ses yeux ne voyaient pas. Du moins, jusqu’à ce qu’il les lève au ciel.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Sam 29 Aoû - 23:36


you have my sword
Sombre douleur, le sang dans ses veines, sombre douleur, un nom qu'on en prononce plus. Il était là pourtant, roi sans couronne, ange sans idole. Il était là, le fer à la main, celui des étoiles et de son cœur meurtri. Plus que toute autre chose, les démons aimaient le Mal, car ils en étaient l'essence même, l'incarnation profonde. Souiller, détruire, cela au rythme de leur respiration  propre. Parfois, ils n'avaient d'autres mantras...
Parfois, le monde avait besoin de cela, comment reconnaître le Bien et les Vertueux sinon ? Il y avait eu cette femme, une enfant presque, une gamine aux boucles blondes capable de rire et d'aimer. Il y avait eu cette femme, et il y avait eu cet homme, reflet sans ombre, ombre sans visage. Une humanité depuis longtemps perdu, pour peu qu'il l'ai jamais eu. Plus que Prince, on le disait Duc, plus qu'homme on le disait monstre, et ce monstre là se rêvait une friandise qu'on avait pourtant cru oubliée tant les temps avaient changé : un cœur de vierge.
Elle avait couru, la vierge, la femme, l'enfant, elle avait couru sans prière au cœur, car les temps avaient changé, car elle ne savait plus comment faire, qui appeler. Et la nuit suivait, belle, cruelle, prête pour l'hallali, la curée.
Un homme, une porte, une église. Un endroit vivant, un culte que l'on détourne parfois, une sécurité qui n'existait pas. Mais l'homme avait ouvert, l'homme avait accepté le fardeau de cette jeune fille terrifiée. Une gamine, une griffure sanglante au torse pour lui déchirer le chemisier, une gamine, pour se rappeler soudain du nom de l'endroit Saint Michael et pour  se souvenir d'autre chose aussi. Un voyage en France, il y a quelques années, une fontaine au cœur des rues de Paris, un nom encore une fois, le même, pour un homme, un dragon à ses pieds. Et si ce Michel, ce Michael de France savait battre les monstres, alors s'il était le même ici, pour les vieux murs de l'église, peut-être pourrait-il les sauver ?
Elle le pensa fort, les larmes aux yeux alors qu'Alan s'avançait au dehors. Elle le pensa fort, le cria, le hurla à s'en déchirer le cœur, du fond de son silence.
Alors vint le Guerrier.
Michael entendait tout, Michael entendait trop. Et cette église était SON territoire, lorsqu'il en abandonnait le prêtre pourtant. Soldat avant tout, l'archange ne désirait pas d'une personne incapable de mener ses propres guerres. Raison pour laquelle Remiel venait parfois, bien plus empli de compassion que son aîné, bien plus capable de dire et de comprendre surtout, dans cette paix précaire.
Mais on l'avait appelé pour un combat, et contre le Duc des Enfers, Michael s'éleva.
Il y eut un cri, celui du Mal et de la Déchéance, quelque chose pour faire trembler,  lorsque Michael éclata de rire pourtant. Il ne portait ni cuirasse ni armure, les ailes déployés, le regard dur comme un coup d'épée. Car le Prince des Anges n'avait besoin de cela, pas pour ce simple combat, et tout le dédain qu'il portait au Duc était un sourire de plus à ses lèvres. Jusqu'au toit de l'église, ils s'affrontèrent heurtant les gargouilles de leurs corps  meurtris, saignant par mille blessures peut-être, ne se blessant jamais. Ils étaient ombres, ombres et lumières tout à la fois. Il y eut des cris, des insultes, des clameurs de guerre pour trouver cœur et courage, l'ange comme le démon. Du courage, ils en avaient tous deux, chacun ayant soif du sang de l'autre....

Les tuiles volaient sous le choc de leurs corps, et contre les lames des épées, des étincelles de folie pour leur éclairer le visage à peine le temps d'un soupir.
Et le démon chuta soudain jusqu'aux pieds de l'humain. Il n'était pas la jeune fille blonde, il n'était pas l'espoir ou l'innocence, mais il appartenait à ce lieu, et le tuer saurait blesser l'ange. Alors, dans toute sa beauté effroyable, le Démon leva la main, leva l'épée, elle plus noire que la nuit, elle plus noire que l'âme des maudits, et sa noirceur n'avait d'égal que les yeux de Michael. Michael semblable à Dieu, lui qui pardonnait et punissait, et dans un dernier élan l'archange protégea l'humain, se jetant au devant de lui.
Hélas, l'épée maudite savait comment transpercer les chairs, de quel métal était-elle, elle capable de blesser le prince des anges ?  Epuisé, Michael jeta alors ses dernières forces, pour égarer le démon à d'autres violences. Par sa bouche il en appela au nom du lieu, à sa propre tutelle, lui redonnant une bénédiction perdue depuis par trop longtemps. Quelque chose protégeait l'église désormais, jusqu'à ce qu'une âme impure n'y rentre, jusqu'à ce que la foi vacille, car la barrière était tout autant l'amour d'un Père pour son Fils, que l'amour d'un Prince pour les Hommes sans cesse au dessus de lui.

 « Cela le retiendra, vite portez-moi à l'intérieur et fermez bien derrière... Je ne peux faire plus pour le moment »

Quelqu'un avait donné à ce démon une lame assez puissante pour le blesser. Il avait le tore en sang, Michael, et le cœur au bord des lèvres. Il ne mourrait pas pourtant, lui aussi éternel que la Guerre, il ne mourrait pas mais le sang et la souffrance s'écoulaient de ses plaies.

 « Si l'un de vous se sent assez de foi pour prier en mon nom, n'hésitez pas. SI ne vous en sentez pas assez sincère, tant pis alors, je n'avais qu'à mieux esquiver. Par hasard, mon frère aurait-il laissé une quelconque chose lors de sa visite ici ? Cela pourrait m'aider aussi »

Une brusque toux le secoua, jusqu'à tâcher de sang le dallage de l'église. Et quelle prière serait assez forte pour le sauver avant que la barrière ne se brise, avant que le démon ne revienne ?
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Lun 31 Aoû - 17:16


 
Forgive us our trespasses

Il l’avait protégé, d’un coup d’épée comme l’on en voyait dans les films, le sang plus réel qu’il n’aurait dû l’être. La réalité était ce que l’on faisait d’elle, et celle du protagoniste se voulait peinte d’ironie. Il se refusait à croire en eux et ces derniers se montraient à lui pour le punir. Ce n’était pas son corps qu’ils mutilaient, mais son âme trop fragile pour affronter leurs vérités. Remy, puis lui. A croire que plus rien désormais ne pourrait les faire partir. Lorsque la violence du combat eue brisé les tuiles, leurs fragments éparts sur une allée qu’il avait jusqu’à lors soignée, Alan s’était sentit blêmir, se réfugiant dans la sphère sécurisante de sa réalité, moins fantastique. Il comptait les dégâts en dollars, oubliant les cris d’une femme qui hurlait pour qu’on l’aide. Il s’était adossé à la porte, s’agrippant à elle comme si le vent l’emporterait. Le démon qui l’avait alors menacé était devenu une hallucination de plus à décompter. De celles qu’un verre ferait oublier.

Il était là, pauvre figurant dans un blockbuster Marvel, insignifiant entre des milliers de personnes cherchant à survivre. On voulait lui faire croire que les destructions massives et les voitures pliées en deux n’avaient fait aucun mort, et pourtant, comment une poignée d’hommes aurait-elle pu sauver tout le monde ?

Les mots de Michael lui firent reprendre ses esprits. Cet homme, s’il en était un, était aussi intimidant que pouvait l’être un guerrier traversant les âges. Un guerrier que l’on admire autant que l’on craint. Alan écouta ses mots mais n’y répondit pas, se tournant vers la jeune femme qu’abritait son Eglise.

« Allez-y ça vous rendra plus utile que de regarder en pleurant. »

Lâche. Il l’envoyait prier à sa place car il n’aurait pas la foi, ou, du moins, ne la comprendrait pas. Elle était si apeurée, haletante d’avoir essayé de se sauver, qu’elle se recula avec empressement, oubliant les mots douloureux qu’on avait pu lui dire. La foi n’était jamais aussi forte qu’à l’aube de leur mort.

Le protagoniste s’en détourna, fermant presque les yeux alors qu’il aidait l’homme blessé à entrer. Un bras passé sous son épaule comme un ami, et il sentit le poids de son corps lui briser l’échine. Le poids des années, une puissance qu’il n’aurait jamais. Si bien qu’il se demandait comment il arrivait à le soulever. Il l’aidait alors qu’il aurait aimé fuir. Parce que cet homme dont il avait peur, avait été une victime de sa stupidité à lui. Il aurait dû écouter la jeune femme et fermer la porte aux fantômes qu’il ne pouvait encore voir. Car le sang sur sa poitrine, il l’avait vu, et qu’à défaut de ses mots, il l’avait également cru.

« Votre frère ? C’est quoi que vous cherchez ? Une carte de visite ou un mot d’amour ? On n’a rien de tel dans les objets trouvés. »

Ils avaient oublié de lui envoyer le script et ils en payeraient le prix. Alan se figurait que rien n’impliquait de sourire, et qu’il lui aurait fallu avoir les réponses à ces intrigues au lieu d'user d'un humour ne le protégeant pas, mais ses doigts étaient fébriles et tâchés d’un sang l'embarrassant. L’homme déposé à terre et les portes de l’Eglise refermées, il essuya sa main sur ses cuisses, s’imaginant que le sang disparaitrait sous la noirceur de son pantalon. Les gestes de premier secours, il les connaissait, mais aucun d’entre eux n’impliquaient une lame.

« Pardonnez-moi mais ce ne serait pas plus efficace de faire appel à des personnes compétentes ? »

Il pensait aux secours, à la police, des uniformes et des sirènes qui s’ancraient mieux dans la réalité que des ailes et des épées. Celles dont il n’osait plus s’approcher, les ayant un instant cru imaginées. A présent en sécurité, elles étaient encore là, et il sentit malgré lui les larmes monter dans ses yeux. Il savait ses sanglots égoïstes et s’employait à les retenir. Une façon aussi, de garder un semblant de dignité. Mais ses yeux étaient rouges et sa vision parfois trouble.

« Vous voulez que je regarde ? »

S’il n’avait été qu’un homme blessé par l’humanité, le protagoniste n’aurait pas hésité. Mais parce qu’il était une créature qu’il ne comprenait pas, il se voyait demander une permission déplacée. Comme il avait été difficile de toucher Remy, il lui était encore plus difficile de le toucher lui.

Et cette femme continuait de prier derrière eux, perdue dans un monde appartenant à elle seule, alors que peut-être n’avait-elle jamais franchi les portes d’une Eglise.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mer 2 Sep - 12:57


you have my sword
Un soupir lui échappa du cœur, assez pour qu'il étende la main. Le silence de l'église étouffait les mots de rancoeur, aussi Michael entendait mais n'écoutait. Les humains, il avait appris à les trahir et  les décevoir bien avant de les protéger. Ils n'étaient que des poupées de chiffon entre leurs haines et leurs caprices, des poupées que l'on ne pouvait briser qu'une seule et unique fois. Mais Michael ne se brisait pas, lui qui plus que tout autre n'en avait le droit.
Il étendit la main donc, pour que chacun des mots d'Alan s'y déversent, et parce qu'il n'était pas Gabriel maître des mots, l'archange sentait chacune de leur syllabe lui écorcher la peau. Puis, lorsqu'il les eut tous rassemblé, il ferma le poing, les écrasant comme on le ferait d'insectes disgracieux. Du sang coula encore un peu, ce simple geste le blessait mais dans son état mieux valait le poing que les mots.
Puis, il éleva la voix, faisant résonner murs et vitraux, puissant soudain, puissant à nouveau, debout, ailes déployées, ailes ensanglantées.

 « Silence ! »

Sa voix était ordre et commandement, gravés dans la chair, gravés dans l'argile. Non loin d'eux, la jeune vierge étouffa un hoquet de terreur, et Michael plongea un peu plus le noir de ses yeux dans les océans de doutes du pauvre pécheur. Oui, disaient les prunelles sombres, trop sombres, oui je suis différent, je ne suis point ton frère, ne le serait jamais, mais je suis à pourtant de même que parfois le chien vint à défendre l'homme car nous pouvons nous aider tout autant que nous affronter...

 « En ce cas, il n'a rien laissé, car vous l'auriez su aussitôt sinon. Qu'il en soit ainsi... »

Alan face à lui, Alan comme un ennemi. L'archange le regarda un peu plus, lui qui avait connu tant de princes et de rois, lui ayant versé son sang aux côtés de simples soldats. Il y avait une noblesse dans les yeux fatigués, dans les mots de méchanceté, quelque chose.... Alors Michael se pencha un peu, noble et sage tout autant qu'il était éternel, et murmura à son oreille.

 « Le doute est votre lèpre, monsieur. Vous le cachez derrière un masque finement ouvragé peut-être, mais vos peurs et vos colères vous nécrosent tout autant chair que esprit. Dieu n'est pas une vérité, s'il vous aime c'est aussi parce que vous avez le choix, le droit de ne pas croire en lui. Mais vous avez besoin de foi, envers vous-même, envers quelqu'un mort ou vivant, quelque chose peut-être... Une foi pour cesser de vous battre contre votre propre reflet »

Des coups sourds ébranlèrent la porte, se répercutant en son cœur. L'archange se redressa à nouveau, l'épée au poing. Un sang noir y gouttait, trop sombre, trop impur, et devant l'outrage, les statues de vierges et de saintes pleuraient elles aussi, non pas du sang ou des larmes, mais de torrents bénis de poussières d'or et d'argent, la poussière de Jérusalem bénie.
Et dans les ombres, des serpents de Ténèbres, serviteurs démoniaques, rampaient jusqu'à la nef. Les mots d'Alan les avaient nourris, sa peur et sa colère leur donnaient ces éclats de gloire et de péché. Ils se gonflaient de son propre poison, eux capables de se nourrir des pires ombres des morts.

 « Vous les voyez comme moi, vous les entendez.... Votre combat, en votre propre nom. Si cet endroit est votre foyer, alors prenez l'épée. Elle vous sera lourde, elle vous sera étrangère, mais elle est vôtre bien plus que mienne, car pour vos guerres elle se brandit. Prenez la, cela vous brûlera la paume, vous écorchera la main, et ayez foi. Plantez la durement dans le sol, si en vous alors il y a assez de Bien pour que cesse vos doutes, elle ne se brisera pas»

Un craquement, la porte s'ouvrit. Michael ne pouvait rien faire de plus, aux hommes il ne demandait nullement l'allégeance à un dieu quelconque mais bien à des valeurs d'amour et de fraternité. Lui incapable de véritablement les éprouver...
Dans divers camps, divers côtés il avait combattu, une prière musulmane aux lèvres parfois et des poèmes au cœur de soleil et d'eau fraîche. La religion était une prison humaine, jamais aucun ange n'en avait eu véritablement besoin, alors ils venaient guider les hommes avec d'autres mots, d'autres passions pour faire éclater les labyrinthes...

Lorsque le Duc entra, il y eut l'odeur de sang et de mort, cependant il n'appartenait à nulle autre personne qu'Alan, de consacrer ce lieu désormais, de le faire reculer. Et Michael saignait toujours, bien que les prières fugitives l'aidât à se tenir debout. Sans épée, il se dressa à nouveau, debout simplement, grave.

 « Je pourrais te défaire en quelques secondes à peine, Duc, car tu n'es rien lorsque je suis tout. Plantez l'épée, Alan, car l'Enfer vous réclame.... »
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Ven 4 Sep - 13:33


 
Forgive us our trespasses

Il s’était longtemps demandé d’où proviendrait sa force. Physique ou spirituelle, elle n’aurait jamais eu d’intérêt que dans sa vanité. Mais alors qu’il tenait une épée lourde des têtes qu’elle avait faites tombées, il prit conscience que ce ne serait pas ses bras qui parviendraient à la soulever. Debout devant eux, il n’avait ni l’étoffe d’un chevalier, ni même celle d’un homme courageux. Ses mains n’avaient jamais été si immaculées, se révélant fébriles sur l’acier qu’elles maintenaient, la lame tombante au sol. Il s’était pourtant senti contraint de la prendre, les yeux et les mots de Michael se faisant douloureux. Ce, sans qu’il ne sache si cette douleur était la cause de son ombre menaçante ou de la vérité émanant de ses sermons.
Il se mordait la lèvre, tuant à la source un rictus qu’il avait toujours eu du mal à abandonner. Seuls l’alcool et sa mère avaient été les combustibles de ses colères les plus violentes. Il les avait usées avec maladresse, plus proche de son égocentrisme que de sa haine. Il en aurait eu besoin cette fois, pour affronter un dilemme que son sarcasme ne résoudrait pas, pour soulever une lame que seule la rage pouvait lui faire espérer brandir. Mais elle se montrait silencieuse, consciente au fond d’elle qu’elle ne pouvait prétendre accomplir cette tâche. Parce qu’il n’en avait pas la force. Celle de la faire venir.

« Arrêtez ! Vous et vos mots d’autres temps. » On lui pardonnerait les siens, car ils n’étaient que les complaintes de sa peur. « Ceci n’est pas mon foyer. » Il avait murmuré ses dernières paroles, conscient au fond, qu’elles relevaient d’un mensonge.

Alan se sentait vide de devoir répondre aux attentes de cet homme. Une posture dont il s’était éloigné tout au long de sa vie, cherchant ce qu’il n’avait pu avoir. Une liberté peut-être, celle de choisir. Il en avait oublié la valeur de ce qu’on lui avait imposé. Né dans une Amérique, culte de la réussite et de l’argent, il s’était inconsciemment élevé dans sa vie professionnelle avec l’espoir qu’elle suffirait à le rendre intouchable pour ses parents. Parce qu’une fois au sommet de ce qu’ils n’avaient jamais gravi, il deviendrait aussi maître de lui qu’il aurait aimé l’être à son adolescence.

« L’Enfer vous dîtes ? » Sarcasme.

Son cœur battait à se rompre, partagé entre le flux de ses pensées et les images se lisant dans ses yeux. Chaque mot, aussi sous-jacent de vérités et de volontés, avait été un coup de plus porté contre lui, une blessure s’ouvrant jusqu’à le replier sur lui-même dans l'espoir d'être protégé d'elle. Il ferma les yeux, comme si le temps le lui permettait, oubliant un Ange aux mots tranchants, un Dieu dont on revendiquait l’existence, et un Enfer sanglant se faisant une place dans ce qui aurait dû les protéger. Une fresque qu’il aurait aimée peinte sur les murs de l’Eglise, et non dans sa mémoire. On lui donnait le droit de ne pas y croire, mais le choix n’avait jamais été aussi contestable que ce jour-là.
Alors il la brandit cette épée, fermant les yeux sur ce qu’il acceptait, honteux parce qu’il représentait ce qu’il avait toujours haït chez sa mère. Ses paumes ne brûleraient pas seules et entraîneraient dans leurs flammes son corps tout entier. C’est en acceptant de ne pas l’écouter, qu’il se montrait finalement à la hauteur de ce que Michael pouvait attendre de lui. Parce que ce qu’il se préparait à accomplir, il le faisait pour lui. Pouvait-on accepter de combattre ce en quoi l’on ne croyait pas ?

L’épée se heurta sur les dalles, les brisants d’une force n’appartenant qu’à elle, exauçant un vœu secrètement partagé comme s’il ait été possible qu’elle pût un jour l’entendre. Lorsque le protagoniste ouvrit les yeux, il les ouvrit sur un vide aux allures de champ de bataille déserté. Il n’en restait que les destructions passées, le sang versé et des survivants bouleversés. Il se sentit ni fier, ni arrogant, seulement vide et plein à la fois de ce qu’il était. Il relâcha l’épée, la laissant doucement retomber au sol dans un fracas sourd. Les doigts repliés sur ses actes, il se recula pour s’appuyer contre le dossier des bancs de l’Eglise. Paisible, sans réellement l’être. Seul, sans ne l’avoir jamais été.

S’il prit soin de ne pas regarder Michael, il se retrouva malgré lui happé par l’agitation de la jeune femme à leurs pieds. Son attention se perdait dans l’Eglise, plus loin que leurs propres regards. Elle se redressa maladroitement, courant sans que personne ne la rattrape, ou ne la comprenne.

« Qui est-elle ? »

Une question demandée comme si les réponses apportées changeraient son regard sur ce qui venait de se passer. Elle n'était utile en vérité, qu'à le faire disparaître et échapper aux commentaires qui suivraient ses actes. L’intéressée revint à eux le regard illuminé tandis qu’elle tenait un cadeau apporté depuis longtemps maintenant. Elle s’approcha de Michael, aussi intimidée qu’elle pouvait être excitée par le puzzle qui s’assemblait sous ses yeux. On lui avait dit un jour qu’il lui faudrait lui donner. Ce présent dont seul le velours rouge lui avait été confié. Lorsqu’Alan le reconnu, il détourna les yeux. Sa curiosité n’ayant d’égal que son besoin d’ignorer certains faits lui étant accessibles.

« C'est ce dont vous avez besoin ? »

Elle tendit les mains vers lui, un sourire éclipsant ses peurs. Elle aurait aimé le toucher, lui, ses ailes, mais se contentait de le contempler comme le protecteur qu'il avait été pour elle.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Dim 6 Sep - 12:31


you have my sword
Il n'aurait jamais du venir, pas lui, pas ici. Michael s'en rendait compte, triste malgré son sourire, lui à qui tenir debout demandait tant d'efforts. Gabriel aurait trouvé les mots, lui avec son amour des hommes, lui avec son amour des phrases, mais Michael appartenait à un autre temps. Non, il ne savait pas parler autrement, prisonnier d'un savoir plus que séculaire, jamais libre, jamais...
Il ne savait même pas s'excuser, demander pardon. Pardon d'être ici, pardon d'être inutile. Alan avait frappé, les protégeant encore un peu, et Michael regretta l'âge des rois et des guerriers, où les choses semblaient un peu plus lui appartenir alors.
Il se força à sourire, honnête dans son cœur, honnête dans ses sentiments pourtant, et inclina légèrement la tête à la question posée, la voix pleine de tendresse, la voix pleine de tristesse.

 « Son nom, elle m'en fera cadeau si tel est son désir, mais elle m'a appelé face aux ténèbres, alors je suis venu. Il est de mon devoir de vous protéger, et je faillis beaucoup c'est vrai, mais elle au moins, elle vivra. »

Un vieux banc semblait prêt à supporter leur poids de doutes et de fatigues. Michael aida Alan à s'asseoir, laissant l'épée au sol en protection. Lui-même continuait de saigner, continuait de souffrir, mais les prières l'avaient cependant apaisé.

 « Vous aussi, vous l'avez protégé. Vous lui avez ouvert votre porte, vous avez pris mon épée... Vous êtes quelqu'un de bien, excusez-moi mais je ne sais le dire avec des termes plus modernes. Je fais des efforts pourtant »

Une grimace, la main qu'il porta à son torse était rouge désormais. L'archange ne leva pas les yeux, la vision trouble, les joues creusées. Quelque chose n'allait pas, et du banc il tomba à genoux soudain, alors ses ailes s'élevèrent à nouveau comme un cri d'agonie pour l'exhorter à se lever. Il n'y parvint pas.
La jeune femme revint, les joues rouges de la peur et du chagrin, il y avait quelque chose entre ses bras blancs et Michael pensa à son frère, le plus jeune peut-être, le plus jeune des sept. Ainsi Remiel avait eu quelques prémonitions du combat à venir ? Qu'avait-il vu, qu'avait-il entendu ? Le sang s'écoulait, pourpre, noir presque, noir beaucoup trop, impur. Le sien.

 « Ah...merci mon enfant, oui cela risque d'être utile. J'ai sacrifié mon arme pour ce lieu, la récupérer ce serait laisser entrer tous les démons de l'Enfer ici. Oui, je n'ai pas trop réfléchi, l'impulsion du moment.... Et bien... »

Un soupir, un battement de cœur, deux, trois, les yeux de la vierge sur son corps meurtri, le regard d'Alan dans son dos, ses mots peut-être, acerbe, ironique. Où était Gabriel lorsqu'un homme avait besoin de lui, où était-il pour aider une âme en peine à dompter ses mots et ses tempêtes ?

 « Je suis désolé Alan, ce n'est pas moi que vous auriez du rencontrer, en fait je suis sans doute le moins à même de vous comprendre...mais je vous promets de faire de mon mieux »

Il lui fit signe d'approcher, et contre son épaule il s'appuya, debout à nouveau, le regard clair, le regard triste. Dans sa main, le glaive de Remiel alors qu'il ne se rappelait que par trop de la colère du porteur d'Espoir. Une colère qu'il n'avait eu d'autre choix que de provoquer. Pourquoi tombaient-ils si bas ?

 « Lorsque tout cela sera terminé, je vous devrais bien quelques verres de cognac je pense, j'en ai du très bon chez moi »

Alors revint le Duc, épuisé de tant d'efforts pour les retrouver, épuisé mais prêt à combattre pourtant, à l'image de Michael aux blessures éternelles peut-être, et dans n cri de guerre et d'amour, l'archange leva le glaive. Chaque bataille était une solitude dans laquelle se réfugier, pour l'archange il n'y avait de meilleur moyen pour exprimer sa peine, sa douleur. Mieux valait les coups, oui les coups plutôt que parler. Car les mots, finalement, si peu savaient comment y répondre, alors la solitude n'en devenait que plus grande.
Il frappa, il frappa au nom de Dieu, au nom de Remiel surtout, d'une jeune fille aux cheveux blonds, d'un homme égaré, si proche de Dieu pourtant. Il frappa pour la noblesse qu'il avait perdu, pour les hommes incapables de le retrouver, de l'aimer.
Il frappa, et la victoire fut sienne. Dans un hurlement de rage, le démon disparu alors. De nouveau l'église, de nouveau l'orage au dehors, et l'épée gisait à présent à terre, triste, ridicule et abandonnée. Car le lien n'avait plus besoin de protection désormais, pour cette nuit au moins.
Du sang aux lèvres, du sang au cœur, Michael fit face à Alan à nouveau. Il haussa un sourcil, se penchant à nouveau vers lui de manière à ce qu'il soit seul à entendre.

 « Cette jeune fille vous couve du regard, vous saurez certainement son nom avant moi, n'oubliez pas de prendre son numéro avant que je ne la renvoie chez elle »
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mar 8 Sep - 1:26


 
Forgive us our trespasses

Il y’avait ce son sourd dans son oreille. Celui du silence, celui du vide, comme s’il se perdait à écouter son esprit, éloigné de tout ce qui l’avait brisé jusqu’à lors. Le protagoniste se perdait dans ses pensées, le cœur à la fois léger de la présence pesante qui s’était appuyée de tout son poids sur l’Eglise, et lourd de ce qui n’avait pas disparu. Du sang et des ailes, que l'on s'habituait à regarder car on ne nous donnait pas le choix. Michael devint trop près pour qu’il l’ignore, et alors qu’il méditait encore sur ses mots, Alan se vit sourire malgré lui. Il souriait à sa sympathie maladroite, et à sa propre gêne lorsqu’il écouta ses dernières paroles. Il aurait préféré garder son air grave devant le sang qui s’échappait de sa bouche, teignant ses lèvres de façon à en sublimer les détails. Mais n’était-ce pas ce qu’il attendait de lui ? Le voir sourire, à défaut de ne pas en avoir le cœur ?

« Ce ne sera pas nécessaire. Je ne suis pas ce type de personnes. » Ses mots prirent l’allure de murmures tandis qu’il continuait. « J’ai peut-être l’air désespéré, mais je ne le suis pas assez pour me rabattre sur le fantasme de la jeune écolière en danger. »

Il se releva, échappant à son emprise, de peur de voir ses pensées lui être ôtées. Un comportement subit de la part de Remy qui lui avait fait perdre toute sensation de contrôle. Un contrôle qui lui échappait mais auquel il s’accrochait fermement, murant les images de la jeune femme dans un coin reculé de sa tête. Là où elles ne seraient que pulsions humaines, et où sa raison pourrait facilement les faire taire. Il lui avait dit la vérité autant qu’il lui avait menti. Car elle était trop jeune pour qu’il se satisfasse d’elle, telle une fleur de l’aube que l’on peut à peine sentir. Mais cette innocence qu’il jugeait mal d’apprécier, était pourtant ce qu’il avait toujours recherché. Elle le rendait utile, car elle ne demandait que bienveillance, et que c’était la seule chose qu’il pouvait se vanter d’offrir. Elle le protégeait également des blessures que pouvait créer son absence, Alan n’ayant jamais su faire face aux caractères trop imposants. L’innocence le rendait utile, mais elle se révélait plus rare en ces temps que jamais.

« Il n’est pas nécessaire d’attendre pour le verre. Si vous le permettez et que Dieu le permet, il n’est pas rare de tomber sur une bouteille ici. »

Sa remarque avait quelque chose de dégradant, pour lui, comme pour l’Eglise. Plus encore que sa mention de Dieu sous les airs moqueurs de l’homme athéiste qu’il voulait être. Innocemment, il voulait ses mots reposants, n’imaginant pas qu’ils pourraient être mal perçus. Les bras et les jambes encore tremblantes de ses exploits, il se dirigea dans les couloirs de l’Eglise en quête d’un remontant. Une bouteille de Scotch en provenance du tiroir de Thomas dans une main, et trois verres et une veste dans l’autre, il retourna sur ses pas jusqu’à retrouver la jeune femme et leur protecteur. Il offrit la veste à la première, lui permettant de couvrir sa peau dénudée et d’y trouver un réconfort. Une veste qui appartenait au prêtre, mais qui en l’absence de l’odeur de tabac sur les siennes, ne ferait aucune différence.

« A des fins médicales on est excusés non ? »

Ses doigts tremblaient encore lorsqu’il servit les verres, sous le choc sans vraiment l’accepter. Une façon de le contrôler. L’extérieur était dégagé maintenant et l’après-midi battait son plein sans que l’on s’imagine un instant ce qu’ils avaient vécus ensemble. Pour autant Alan se sentait coincé ici, s’enveloppant du lieu comme s’il lui était impossible de le quitter. Il pensait voir les blessures s’effacer, et la journée devenir aussi banale qu’elle l’avait été. Il déposa le verre de l’Ange sur le rebord d’un banc, hésitant à lui tendre, hésitant alors à boire dans le sien.

« Vous m’avez appelé par mon prénom tout à l’heure… Mais je ne connais pas le vôtre. »

Une demande, parce qu’il ne pouvait lire comme on lisait en lui, et qu'il se voyait alors devenir impuissant.

« Vous vous excusiez aussi. De ne pas me comprendre. Seulement je ne crois pas que c’était votre rôle donc, oubliez. »

Il se rassurait quelque part de ne pas être aussi transparent qu’il le pensait. Il se sentait presque libre même, de se retrouver face à une personne qui n’était pas en mesure de le connaître mieux qu’il se connaissait lui-même. Du moins, il se l'imaginait.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Sam 12 Sep - 20:45


you have my sword
L'ivresse était cruelle, une femme sans nom ni visage à qui tant de fois Michael avait saisit le bras. Seul, il buvait souvent, fuyant les souvenirs tout autant qu'il les recherchait. Il n'y avait plus de soldats, plus de frères ou d'ennemis, et l'archange songeait parfois que la vie des autres lui semblait comme un songe : illusoire.
Il savait le prêtre de la paroisse faible, il savait l'intendant sans arrêt au bord d'un gouffre obscur et Dieu, qu'il était difficile de les guider. Pour le prêtre, Michael avait abandonné. Il n'était pas fait pour ça, les prières, les patronages, jamais il n'avait été un animal politique comme certain de ses frères. On pouvait lui trouver d'autres qualités, alors que la guerre frappait à notre porte, mais la guerre aussi avait bien changé.

 « A n'importe quelle fin, mon ami, pourvu que cela ne soit pas amer »

Mais amer, cela l'était toujours. Une gorgée pour eux, une gorgée pour elle, et très vite le verre fut vidé, Michael attendant d'être resservi. La question naïve qu'on lui posa avait quelque chose d'attendrissant, pour un instant l'hybride ne sut plus vraiment comment y répondre. Il n'était pas rare que l'on dénie son identité, peu importe les ailes, peu importe sa présence même. Une chose face à laquelle l'archange n'avait aucune patience, lui qui sacrifiait tout, lui qui sacrifiait trop peut-être pour les rêves des hommes tout autant que celui de Dieu.
Il y avait une malédiction en lui, celle de sa propre intelligence, un jour elle signerait sa perte, un jour il n'arriverait plus à relever la tête au nom de l'amour ou de la foi. Un jour...

 « Mon nom est ancien, difficile à prononcer. Il a évolué au cours du temps, est devenu un peu différent... Ah, voilà que je radote à nouveau ! Vous pardonnerez à un vieil homme ? Un vieil homme capable de vous mettre un sacré coup de tête si vous refusez... bref »

Son humour était violent, il ne possédait rien d'autre, pauvre de sa propre existence. Dieu n'avait pas tout voulu, de ses failles, de ses abnégations, mais il ne voyait pas le moyen de vivre autrement.

 « Mon nom est celui de cette église »

Un peu de tristesse dans les yeux, un sourire au cœur. Là était le moment, et Michael attendait la cruauté du monde , le rejet. Qui pour le prononcer ainsi que son Père l'avait voulu, cependant ? Personne, plus personne, et son nom changeait tellement selon les cultures, les religions... Caché en mortel, Michael pouvait se nommer, le nom de l'archange il ne parvenait à le prononcer, ayant trop l'impression d'être autre, étranger.

 « Si vous n'aviez rien compris, jamais vous n'auriez pu nous défendre tout à l'heure. Peu importe que vous ne mettiez pas de mots dessus, vous avez de la valeur dans vos qualités comme vos défauts. Le tout est de garder un équilibre... et dieu sait que ce n'est pas chose aisée selon les jours »

Les hommes avaient besoin de s'appuyer sur quelque chose, quelqu'un. Qui pour leur dire que leurs vies avaient un sens, qu'on voulait les protéger, les aimer au delà de tout, que les larmes d'un enfant déchiraient toujours le cœur, qu'un adulte avait encore le droit de rêver.

 « Aimeriez vous une récompense ? Dites-moi, qu'est-ce que vous avez toujours voulu ? »

Et peut-être ne pourrait-il rien offrir, mais Michael se devait au moins d'essayer. Un rôle qu'il avait perdu depuis longtemps, peut être était-il temps de le retrouver ?
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Dim 13 Sep - 23:28


 
Forgive us our trespasses

Cet homme, cet ange. Son corps et son nom se révélaient aussi immatériels que la foi des hommes. Alan en avait peur, autant qu’il en était admiratif. Derrière les faux sourires, l’obligeant à garder les traits d’un homme heureux et sûr de lui, il était l’enfant n’ayant jamais grandi, et regardant Michael avec fierté et émerveillement. La fierté de se savoir porteur d’un des secrets du monde. L’émerveillement, quant à lui, de voir le fantastique devenir réalité. Mais son enfance était un fantôme du passé, piégé dans la nostalgie et les regrets. Alors Alan gardait ses yeux d’adultes, ceux trop vieux pour accepter de ne voir en ces faits qu’un cadeau offert. Toute sa vie il les avait attendus, les faits, au fond de lui soucieux de pouvoir avoir tort. Aujourd’hui tout ne semblait qu’être moquerie alors qu’il était désormais trop tard pour espérer réparer ses erreurs. Ceux à qui il devait demander pardon avaient quitté ce monde non sans l’espoir qu’ils l’obtiendraient un jour. Quant à sa vie, elle s’était érigée sur des terres luxuriantes à présent détruites sous le béton de son existence. Parce qu’il souhaitait se sauver de cette tragédie propre à sa vie, il refusait inlassablement, malgré les preuves et les faits, de voir ses pensées contredites. De remettre en question 38 années de sa vie, les seules.

« Cessez d'essayer de me rassurer, car c'est la dernière chose dont j'ai envie. » Car le besoin, il l'avait.

Il préféra oublier les réponses de Michael. Oublier son nom, plutôt que de l’accepter comme un fardeau de plus à porter. Le fardeau de la connaissance et du savoir. Il menaçait le réconfort que lui avait procuré son ignorance. Elle, si douce et chaleureuse qu’il en venait à la regretter. Il se voilait la face depuis des années, et l’exercice ne semblait pourtant pas assez tortueux pour qu’il cesse de se l’infliger. Par peur, par lâcheté. Il jugeait son humanité trop faible pour accomplir ce qu’on lui demandait. Mais se jugeait également lui, trop indigne pour le faire. Si bien qu’il voulut oublier aussi ce qu’il avait fait et qui lui valait d’être l’homme "capable" dans les yeux de Michael.

« Une récompense ? Pour ça ? »

Il montrait d’un mouvement de tête l’épée abandonnée près de l’entrée. Une arme qui ne lui appartenait pas et qui lui faisait encore regretter de s’en être saisi. Un bout d’acier dont la valeur avait chutée en un instant.

« J’aimerai dire que ce n’est que de la modestie, mais je crois surtout que je n’ai pas la réponse à cette question. Je ne sais pas ce que j’ai toujours voulu, sinon peut être l’aurais-je obtenu. »

Alan se voyait heureux de cette réponse jetée comme une autodérision pour en atténuer toute la souffrance de sa vérité. Car au fond de lui il ne ressentait aucune fierté à se voir aujourd’hui avouer que sa vie était dénuée de sens. Ce sens, il avait crû l’obtenir avec Nola, lorsqu’elle souriait à leur bonheur et ne pensait qu’à l’instant. Lorsque les caresses qu’il lui offrait ne lui rappelaient pas tout ce qu’elle n’obtiendrait pas. Quand tout n’était pas encore qu’insuffisance. Elle lui faisait oublier ses parents, et lui offrait les siens. Mais lorsqu’elle était partie, sa famille aussi.
Il parlait toujours de son départ, semblant oublier qu’ils avaient tous les deux décidé de rompre. A ses mots il lui reprochait de l’avoir quitté, et devenait l’animal abandonné devant lequel s’apitoyer. Mais avec plus de recul on devinait que ce n’était pas leur rupture même qui avait laissé un vide. Depuis des mois déjà elle était partie, regardant par la fenêtre de ce qui constituait leur couple, en rêvant déjà aux horizons qui l’attendaient. Elle avait essayé de respirer dans l’air comprimé de leur vie, mais avait seulement fini par suffoquer, et pour ça, jamais il ne pourrait lui en vouloir. Préférer lui rendre un peu de culpabilité, n’était qu’un moyen pour lui de s’en délester.

Alan se sentit suffoquer à son tour par l’oxygène de l’horizon qu’il tentait vainement d’inspirer. Il voulait parler, mais sa lèvre inférieur tremblait, hésitante devant les mots qu’ils s’apprêtaient à prononcer. Parce que si chaque personne ayant sondé son esprit, ou l’ayant assez connu, savait ce que lui-même allait dire, lui n’avait jamais eu le courage de le faire.

« En fait, je mens peut-être. Involontairement car on en vient à se détacher de certaines envies par besoin de s’en protéger. Parce qu’on les croit impossibles à réaliser. »

Il attrapa la bouteille et remplit à nouveau son verre. A un peu plus de la moitié, un peu trop au-dessus peut être. Michael lui avait promis qu’on lui pardonnerait.

« Il y a une chose que j’ai toujours souhaitée. Et vous avez contribué à me la donner. »

La preuve de son existence, d’une existence. Il aurait aimé être plus précis, mais ne s’en sentait pas le courage, espérant que ces quelques mots suffiraient.

« C’est moins agréable que ce que je pensais. »

Une pensée à lui-même, dîtes à haute voix et qui se voyait presque supplier une forme d’indulgence de leur part. Car les vérités étaient douloureuses et trop nombreuses.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mar 15 Sep - 14:59


you have my sword
Il n'avait que la force de son sourire désormais, mais ne réclamait rien de plus. C'était dur pour les hommes, c'était dur pour les anges, et pour les démons aussi, qui sait ? La vie... Il n'y avait rien de paraît en ce monde, pas même l'idée de Dieu, pas même Son amour, mais il était trop facile de croire le contraire. De s'égarer. Rassurer, punir, Michael ne savait pas quel était le mieux. Ses proches en payaient le prix, eux qui venaient chercher conseil, lorsque lui-même n'était rien d'autre qu'un enfant perdu comme eux. Il fallait tromper, ruser, jouer la comédie. Pareil à Lucifer en son temps, différent aussi, Michael savait quels péchés étaient les siens.

 « N'est-ce pas comme cela que vous aimez les choses, Alan ? Lorsqu'elles ne sont pas agréables... Vous avez alors tout loisir de vous plaindre. »

Il ne condamnait pas, conscient de cette différence entre anges et humains. Eux-même navaient pas cette chance de se voiler les yeux et d'accepter le malheur, et tout plainte était passible d'un châtiment à la limite de l'injustice peut-être. L'injustice des hommes, car eux avaient à penser autrement, ce que ses frères et sœurs ne comprenaient pas toujours. Pourtant, c'était face à cette idée même que Lucifer se révoltât autrefois. Ne plus accepter cela, ne plus le connaître, c'était oublier l'histoire de la Chute, sa raison profonde...
Michael avait peur de cela.

 « Je ne suis la preuve de rien, pas d'une rédemption, pas d'une apocalypse. Je suis juste quelqu'un à votre service depuis un long, très long moment... »

Son verre à lui n'avait pas été rerempli, tant pis. Après tout, il n'était pas en état de choc, lui, et quelques bons centimètres d'acier pour lui trouer la peau, il avait l'habitude. La simple idée le fit sourire un peu, d'ailleurs....

 « Accessoirement j'écris des livres aussi. Fantastiques. Il y avait bien plus de choses merveilleuses en ce monde, avant... cependant comme nous tous, il est devenu adulte, amer. J'y ai contribué malheureusement, je suppose que j'essaye de réparer ma faute. »

L'épée au sol rougeoya un peu, comme une vieille amie. Parfois, l'archange songeait à la léguer à un musée, qu'elle se repose un peu. Il la reprendrait au besoin à chaque combat, brisant les vitrines, faisant peut-être naître une rumeur, une légende sur une épée magique...même si la mode était de plus en plus au sabre laser.

 « Il y a de bons points à se réveiller dans un monde dénué de dragons, il y en a de mauvais aussi. Ce qu'il y a de magnifique cependant, c'est que chacun de vous sait à quoi ressemble une licorne, peu importe que vous n'en ayez jamais vu. Pour les dragons vous vous disputez parfois, je me suis déjà retrouvé perdu dans un débat sur les vouivres, sauriens et dragons.... j'avais la violente envie de me propulser la tête contre un mur. Je crois même l'avoir fait d'ailleurs vu que je ne me rappelle plus du reste.... »

Le fantastique n'avait jamais eu besoin de frontières ou d'appellations pour exister, mais il était dans la nature de l'homme de vouloir tout rationaliser malheureusement. Une chose que Michael déplorait, y trouvant matière à se plaindre de nombreuses fois et ainsi évacuer un mal être tout autre.
Il était difficile de trouver un équilibre, mais l'archange faisait de son mieux, et ce dans l'intérêt des humains.

 « Enfin.... »

La ve d'Alan il la connaissait, il la devinait. Des fautes et des erreurs, des regrets aussi, l'alcool bien sûr, l'envie d'autre chose. Comment faire pour l'offrir, cet « autre chose » ? La religion n'était pas une réponse, surtout pas dans ce monde trop moderne. L'archange ne pouvait donc lui servir de guide, il ne sentait pas sur ce mortel la marque de Remiel, ne savait si son frère souhaitait le réclamer comme sien bien que non Initié. Cela se faisait, leurs soldats prenaient à tous des visages différents.
Remiel, il faudrait lui rendre le glaive aussi, car Michael n'avait aucun droit dessus. Trop de choses pour une seule nuit, d'ailleurs.... mais avec quoi était-il parti chasser le prince démon, cet idiot, si son arme était ici ?!
Ah la famille...
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Sam 19 Sep - 20:29


 
Forgive us our trespasses

Ce qu’il appelait plainte, Alan l’appelait appel à l’aide. Car rien n’était jamais parvenu à lui faire quitter son sang-froid et sa maîtrise de lui-même en dehors de la religion. Elle, sa définition aussi simple que complexe, sa place involontairement nécessaire dans sa vie. Il s’en plaignait et la rejetait par besoin de la comprendre, espérant qu’un jour quelqu’un serait apte à lui faire ouvrir les yeux sur un monde dont il était à l’origine des barrières. Sur cette vérité qu’on voulait lui servir, il passait pour un geignard capricieux, demandant l’attention qu’il était trop vieux et insignifiant pour se voir accorder. Peut-être l’était-il, ce geignard, mais jamais il n’y avait ressenti de plaisir, ni n’avait aimé être cet homme dans le miroir des yeux de Michael. Alors pour la première fois il se rétracta sous le contre coup de ses mots, abandonnant ce que l’on souhaitait de toute façon lui interdire : Le droit de voir en Michael ce qu’il avait attendu toutes ces années.

« Des dragons ? Rien que ça. »

Il vomissait ses mots, le cœur serré si fort par sa douleur que ses pensées devenaient nausées. Il avait abandonné le fantastique en même temps qu’il avait ressenti le besoin d’être protégé par la réalité. Il était alors adolescent, et quittait avec violence le monde des dragons et des fées. Les lego et poupées étaient devenus des créations plastiques made in China, vendus à 20 dollars pièces comme le ticket d’entrée vers l’imaginaire et le rêve. Cette évasion clandestine hors de sa réalité, il l’avait retrouvée dans le théâtre et le cinéma. Là aussi l’on donnait vie à ce qui n’en avait pas, tout en lui promettant de ne jamais lui faire mal.

« J’espère que vous avez la tête aussi dure que votre cœur. »

Il ferait taire ses vomissements, reproches sans fondements, lorsque tout reprendrait un sens. Michael ouvrait une porte à sa colère, qu’elle lui soit ou non destinée. Il ne demandait rien de plus que de l’exprimer, et c’était pourtant toujours sans violence qu’il le faisait. Ses mots en avaient leur part pourtant, suffisante pour qu’une lame invisible déchire son estomac, et contrastée par sa voix plaintive et lointaine. Elle lui donnait le droit d’émettre ses avis comme si l’on s’y intéressait, comme si la mise en dérision du monde et de ses êtres était un besoin que chacun avait et dont il leur faisait profiter. Seulement on  s’en contrefichait, et on ne l’acceptait que par les quelques sourires qui venaient parfois l’excuser, lorsqu’ils n’empiraient pas la chose.

Le protagoniste ne comprenait aucun de ses récits. Ils lui étaient étrangers à l’image de ces grands noms effacés de l’histoire. De la même manière que l’on viendrait un jour à en oublier le sien. Plus facilement et plus rapidement, car l’ignorance n’était la vertu ni des bons hommes, ni même celle des mauvais. De ceux que l’on admire à ceux que l’on craint, il n’y restait que ceux dont l’on ne se souviendra pas. Si l’on n’avait pas attendu plus de lui qu’une simple écoute, il se serait contenté d’un silence bienfaisant. Mais comme s’il lui était possible d’avoir une réponse ou un avis aux mots de l’ange, il se mit à lui répondre, comme l’on répond sans conviction.

« En vous écoutant, j’ai surtout l’impression que c’est votre vision du monde qui est fantastique. Et si le 21ème siècle était le fantastique de demain ? » Les pensées philosophiques lui sciaient mal. « Peut-être que je lirai un de vos livres un jour. Peut-être. »

Savoir le monde qu’il décrivait, avec sa part d’ombres et de vérités, couché sur papier, lui renvoyait autant de curiosité que de désintérêt. Ce désintérêt n’était porté ni vers l’écriture, ni même vers l’homme. Il était seulement voué à le protéger d’autres vérités et histoires dont il viendrait à douter de leur imposture, emprisonné malgré lui dans la crédulité qu’offrait le fait d’avoir un homme ailé devant lui.

Il eut alors cette expression sincère au visage, une forme de sympathie et de pitié. Sa vie entière avait été l’objet d’attentes trop nombreuses et impossibles, et ce moment qu’ils passaient ensemble, en était à l’image. Il en attendait une fois trop d’un homme qui par ses ailes et son épée représentait une force qu’il se devait d’admirer et de soudoyer, alors que ses failles se dévoilaient devant lui comme les limites à ce qu’il pouvait lui offrir. Sans attendre de réponse à sa question il tendit le bras vers lui, la bouteille en main pour le resservir.

« Vous avez le temps de les réparer vos fautes. »

Alan lui enviait ce temps tout autant qu’il se sentait sauf de ne pas y avoir le droit. Aujourd’hui il se voyait face à des erreurs qu’il aurait aimé réparer mais dont le temps venait déjà à lui manquer. Il regrettait son temps, comme il regrettait celui de sa mère. Mais sans sa mort, au fond, il n’aurait jamais avancé, et quelque part, sa vie suivait son cours dans un timing parfait.

« Je suis désolé mais vous êtes obligé de vous présenter comme ça ? »

Ses yeux se dirigeaient vers ses ailes, ensanglantées et sales de leur bataille. Elles étaient plus grandes qu’eux, et contribuaient à rendre la silhouette de Michael imposante et terrifiante. Depuis de longues minutes il tentait de les faire disparaître, ayant d’abord cherché à y croire avant qu’elles ne le mettent mal à l’aise. Un peu comme l’avait fait la religion, et quelque part, elles en faisaient partie.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Dim 20 Sep - 23:53


you have my sword
Il ne pouvait pas le regarder dans les yeux, pas vraiment. Alan estimait être trahi, et Michael acceptait. Comment avoir un autre choix, hein ? Car son cœur n'était pas humain, ne le serait jamais malgré tous ses sourires. A quoi ça servait tout ça ? La joie, la fausse, juste pour faire croire des choses. Il mentait beaucoup, il mentait trop....
La vie, les sentiments, des choses ténues comme une mélodie de piano que parfois rien n'habillait. Il fallait alors trouver des sens aux notes, une émotion pour les diriger. Alan était un musicien ne sachant laquelle adopter, alors son morceau jouait faux lorsque pourtant il pouvait être si beau.

 « Non, j'ai juste le temps d'en commettre bien plus... »

Le visage de Remy, comme un péché. Et tout s'écroulait, lui qui ne savait que frapper, lui qui contre Alan ne le pouvait. Car l'homme était humain, alors à lui on pardonnait. Les lois du Seigneur, il ne pouvait y en avoir d'autres.
Une douleur battait un peu, discrète et familière. Peut-être parce qu'il était de pierre finalement, quelle autre explication ? Fatigué, épuisé, Michael tourna légèrement la tête, observant ses ailes avec tristesse. Toujours cacher une partie de soi, n'est-ce pas ? Ne pas avoir le droit de complètement Être. Pourtant il fallait obéir, caril n'était qu'un archange face à la création préférée du Seigneur. Alors, lentement, les ailes disparurent. Il les ravala comme on le fait parfois d'un chagrin trop gros que l'on ne pouvait pleurer
Et nulle lumière ne venait pour le réconforter, car Michael était seul, envoyé de Dieu voué à la solitude la plus profonde encore et toujours. Il pensa à Lucifer, espéra presque la venue de son frère sans savoir pourquoi, juste l'envie de parler peut-être. A qui parlait-il sinon ?

 « Ne lisez pas mes livres, ils n'en valent pas la peine.... »

Comme le dragon, comme la Chute, comme tout. Michael avait une longue vie, mais ne pouvait la remplir que de cette souffrance sourde et ténue lui étant propre. Il était là pour aider les autres, non être aidé, et bien sûr que cela le tuait. Il fallait faire avec, obéir encore et toujours, supporter.
Le verre plein ne serait pas bu à nouveau, pourquoi trinquer avec un homme qu'il décevait ? Un instant, Michael chercha où étaient ses fautes. Peut-être n'avait-il pas combattu le démon assez vite ? Il aurait pu être plus rapide, il aurait du être plus rapide voilà tout.  Et les mots d'Alan résonnaient sans ordre précis tout en lui. L'archange n'avait pu répondre à tous, lui qui ne ressentait les émotions que sur une échelle bien différente des hommes.
Quelque chose n'allait pas, comme si Alan se découvrait son véritable ennemi à présent, le seul à pouvoir avoir quelque emprise sur lui. Et Michael vacillait, tombait, bien sûr, lui l'Aîné de tous les enfants à présent, lui qui voulait bien faire, n'y arrivait pas.
Un instant il se rêva statue pour oublier, tout oublier. Des mots lui nouaient la gorge, encore une fois il ne savait les prononcer.
A l'homme, il souhaitait la paix, et quelque chose en lui pleurait le mal être ressenti par l'intendant. Finalement, Michael comprenait au moins un peu. La détresse de la solitude, les murs pour nous emprisonner un peu plus, la tendresse que l'on espère mais qui ne vient jamais comme on la souhaite. Comme un mensonge, oui. Un mensonge tout le temps, un mensonge toujours...
Et Alan n'avait pas besoin d'être comparé à d'autres, lui aux blessures invisibles. Lépreux, oui vraiment, il l'était encore, il le serait toujours, cherchant à s'arracher son humanité comme autant de peaux nécrosées.

 « Je ne suis pas venu ici me battre contre vous, insultez-moi si tel est votre plaisir, essayez de m'humilier si cela vous apporte également quelques réconforts. Pour vous j'ai caché mes ailes, je ne suis plus moi-même, je ne suis plus entier, mais qu'importe.... »

Le verre plein, le sien, il le lui remit entre les mains, déçu, trahi peut-être, refusant de le boire, refusant de trinquer lorsque chaque phrases de l'homme était une offre de combat. Bien sûr qu'il était noble, Michael, bien sûr qu'il paraissait faible, mais l'orgueil aurait été de chercher à faire valoir une quelconque supériorité. Non, il n'avait pas à être ainsi, tant pis pour les reproches, tant pis pour tout. Le sang avait séché désormais, et l'archange voulu sourire, professeur indulgent acceptant que l'on chasse ses leçons.

 « Buvez, apparemment vous en avez plus besoin que moi »
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mer 23 Sep - 18:56


 
Forgive us our trespasses

Alan tint le verre comme s’il s’agissait là d’un fardeau de plus à porter. Au fond du verre se noyait son reflet, un visage aux yeux tristes et au sourire en coin. Il était toujours vide de ce qui lui manquait, ne sachant exactement ce qu’il attendait. Le contenu lui permettait au moins de remplacer le vide par l’incandescence de sa brûlure. L’alcool était bon, malgré les grimaces de son père lorsqu’il en buvait. Le vin avait parfois empourpré les joues de Rosamund, lui faisant gagner en rires et en étreintes. Lorsqu’Alan la voyait heureuse sous l’ivresse, il prenait alors conscience que malgré toute la bonne humeur qu’elle dégageait, elle n’avait jamais été assez heureuse pour rire comme elle le faisait après quelques verres. L’alcool était un mensonge lui faisant croire qu’elle pouvait rire et qu’elle en avait envie. Il tenait aujourd’hui ce rôle pour son fils.

« Je ne cherche pas à vous insulter, ou vous humilier. Quant à me battre, j’ai peur de ne pas être un bon adversaire. »

Ses combats, il les menait avec les mots, tout en montrant du doigt les gestes preuves de défaite. La bravoure des combattants, il l’avait effleurée en heurtant les phalanges de l’arcade et les genoux de l’estomac, pour la victoire de se savoir respirer malgré le goût âcre des chaussées. Il devenait Donnie Smith, fantôme de ses heures de gloire et marchant en titubant jusqu’à la prochaine, si elle venait un jour à venir. Son avenir propre lui promettait une fin moins dramatique, même s’il lui fallait en attendant avancer dans un brouillard encore dense.

Il posa le verre sur le banc, se refusant à adopter un comportement que l’on voulait inné chez lui. Contredire un fait que Michael pensait irrévocable, lui permettait dans un sens de révoquer l’image qu’il pouvait avoir à ses yeux. Jamais il ne pourrait se blanchir de la maladresse de ses paroles, et de la haine constante qui était devenue peu à peu naturelle envers eux. Il la travaillait et se voyait leur accorder une sympathie qu’il leur avait longtemps refusée. Les vieilles habitudes étaient pourtant tenaces, attenant aujourd’hui à une personnalité qui lui était propre et qui se révélait également difficile à appréhender. Sa haine envers eux était moindre, mais celle qui naissait envers lui-même compensait aisément sa perte.

Alan tourna un instant le regard vers la jeune femme qui les avait menés l’un vers l’autre. Elle s’était endormie sous la berceuse de leurs mots, couvée par la chaleur de la veste trop grande qu’elle portait. Elle avait essayé d’écouter, de juger, et également de comprendre. Mais comme il lui était difficile de trouver une place dans cet échange, elle était rapidement devenue l’ombre oubliée qu’elle était prédestinée à être. Trop humaine, et trop fantastique aussi peut-être.

« Je suis seulement très doué pour trouver des défauts aux autres, et pour faire valoir mes propres besoins. Ce n’est en rien une marque d’irrespect. Je crois. »

Un jour il en avait eu marre d’être l’élément central d’une quête vers le bonheur des autres. Il en avait eu marre de devoir répondre à leurs besoins en négligeant les siens. L’homme était un loup, aussi nécessiteux de sa meute que de sa solitude. Le protagoniste pensait son égoïsme légitime et se complaisait dans l’idée qu’elle gène à présent les autres. Hormis lorsqu’il avait s’agit de Nola. Ce qu’elle représentait s’effacerait un jour, et ne resterait plus d’elle que le souvenir d’une époque qu’il ne regretterait plus. Il s’autoriserait à la revoir, et malgré la familiarité de ses lèvres et de son parfum, lui offrirait un sourire sincère devant les enfants qu’elle aurait. Leur amour aurait quelque chose de différent, comme s’ils avaient traversés les siècles et s’étaient retrouvés dans celui qui leur avait offert leur bonheur à chacun. Un bonheur fébrile, comme il l’avait toujours été, mais qui effaçait de loin toutes les difficultés rencontrées. Ils seraient les bons joueurs d’un jeu auquel ils avaient perdus, mais dont ils ne regretteraient jamais la partie.

« Il y a quelque chose que j’admire chez vous et qui surpasse certainement toutes les insultes que j’ai pu vous faire. » Il était fier de ses illuminations soudaines n’annonçant généralement qu’un œuf brisé en plus. « Votre façon de vendre vos livres. Si vous les publiez, c’est bien par envie de partager vos écrits non ? Dîtes moi que ce n’est qu’un métier et je vous répondrais que les peintures de Picasso n’en étaient qu’un aussi. »

Picasso n’était qu’un grand nom choisi au hasard. Son regard porté sur le monde avait pourtant quelque chose d’aussi grossier et caricatural que le sien. La limite s’en remettant à la définition de l’art, et les mots d’Alan n’en étaient pas.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Lun 28 Sep - 16:04


you have my sword
 « Je ne pense pas comme vous, Alan, je ne le pourrai jamais »

Ah que ne pouvait-il véritablement être prince ou roi, que les rides de son front soient celles d'une couronne, d'un humain fardeau ! Hélas, le sang en ses veines se montrait différent, il ne pouvait espérer aux mêmes joies, aux mêmes chagrins. Avait-il un égal, lui, Michael l'archange à l'épée de feu ? Non, il avait des frères chéris, et cela était différent.

 « Pour cette raison je ne vous demande pas de croire comme je crois, 'aimer comme j'aime, de vivre comme je le fais. Je suis différent de vous, mon rôle n'est donc pas de vous convaincre puisque je ne peux voir par vos yeux. Je partage, cela est peut-être vrai, mais pas de la manière profondément humaine qui est la votre depuis des siècles »

Et Lucifer avait bien raison en parlant de mensonges dans chacun de ses textes. Des mensonges qu'il assumait cependant, et ne regrettait pas. La comparaison avec Picasso arracha une grimace à l'hybride, il n'avait jamais apprécié l'artiste, l'homme comme le peintre. Peut-être avait-il eu en lui un peu de cette solitude propre aux anges cependant ? Lui capable de déstructurer le monde sur sa toile, avec des gens pour l'admirer, le détester, mais si peu pour le comprendre...

 « Vous avez raison, ce n'est pas un métier... Il y a des choses à savoir du monde pour y survivre et vous êtes bien placé pour le savoir n'est-ce pas ? La cruauté est partout, jusque dans le cœur des innocents. C'est l'époque qui veut ça, du moins on le murmure... Alors il faut apprendre à ne pas se perdre dans ces tours et détours. Vous avez le droit d'être méchants, cruels, de vous débattre et de vous défendre plutôt qu'une vie d'ascète et de saint.... Mais il y a un équilibre à trouver dans l'amour comme dans la haine »

Par un vitrail épuisé, quelque chose s'illumina. Cela pouvait être le jour au dehors, cela pouvait être différent aussi, comme un secret, une présence, une absence, quelque chose. Et cette lumière suffit à réchauffer l'église quelque peu, alors que Michael y tournait les yeux, pensif. On le disait proche de Dieu, c'était vrai, pourtant il restait parfois de si longues années sans le réconfort de sa présence. Y avait-il quelque chose maintenant ?
Lentement, l'archange tendit la main, lui qui ne voulait espérer. Un souhait se forma en son cœur, celui que Remiel voit pareille Lueur, qu'il s'y console, qu'il s'y oublie, une espérance parfaite au cœur. Car il le méritait, n'est-ce pas ?
Lumière de Dieu, lumière du jour, il avait trop d'attentes, cela était folie. Quelque chose les rendait orphelin depuis trop longtemps, anges, hommes....

 « Il y a eut une femme, n'est-ce pas ? Ne vous inquiétez pas, je ne lis pas vos pensées... Mais c'est souvent par amour que l'on se ferme à tout, trop aimer, trop attendre, trop vouloir. Un triste destin... C'est dur de réapprendre à aimer, après. »

Un parfum de terre brûlée et des yeux comme deux épées. Memory dansait du fond de son inconscient, flamme inextinguible, elle seule capable de le rapprocher de l'amour des humains. Il la savait quelque part ici, dans la ville, connaissait son nom, et pourtant ne l'avait pas encore approché. L'autre ange, comme lui, était loup assoiffé de solitude, cœur blessé et immortel aux pensées trop éparses. Eut-il été un homme, Michael l'aurait aimé à s'en arracher le cœur, eut-il été un homme, jamais il n'aurait pu être digne d'elle.

 « Je crois que j'aimerai vous mettre dans un de mes livres... Vous êtes comme une énigme, et pourtant il y a quelque chose de béni en vous. Peut-être sont-ce des personnes à votre image, les martyrs de ce siècle... Je ne peux vraiment pas sortir mes ailes ? C'est inconfortable ici, dans l'église, être l'ombre de moi même... Ne plus être Michael»
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mer 30 Sep - 17:42


 
Forgive us our trespasses

Il avait toujours voulu comprendre. Enfant, lorsqu’il questionnait son père sur la religion, à défaut de ne pouvoir le faire auprès de sa mère. Une interdiction levée par Robert lui-même, pour les protéger de ce qu’ils étaient et de la menace qu’ils représentaient l’un pour l’autre. A l’image d’un père de famille soucieux du devenir de sa tribu contemporaine, il avait fait des choix qu’il pensait encore aujourd’hui justifiés. Ce n’était pas tant ses restrictions et demandes formulées sous son autorité inexistante (Robert n’ayant jamais été craint, à l’instar de ces pères de famille levant la main trop facilement sur leurs fils, que par le regard lointain qu’il portait sur Alan, preuve de son désarroi le rendant coupable, et manquant parfois d’une affection qui aurait gagné à se rendre lisible) qui avait contribué à les éloigner, que l’incapacité qu’ils avaient tous eue à accepter leurs différences et en desceller les failles. Adulte, lorsque le monde s’était redoré d’un aspect moins idéaliste et qu’il se voyait heurter à toutes les questions qu’il avait jusque-là réussi à contourner.
Il avait toujours voulu comprendre, et lui était offerte aujourd’hui une chance d’y arriver. Différemment certes, de ce qu’il aurait pu imaginer, et précieux pour autant par le privilège dont il se voyait profiter en tant qu’homme parmi les hommes. Sous la forme aussi complexe qu’un sujet de dissertation dicté par un homme cynique et âgé, il comprenait qu’il ne lui serait jamais donné de tout comprendre, et que l’aspect inverse n’aurait jamais amélioré sa vie comme il l’espérait.

« Vous rendez cette conversation tellement sérieuse. »

Il dévoila à nouveau une dentition que le monde avait dû voir plus souvent que le revers de ses lèvres. Un rictus gratifiant son bonheur comme il avait été triste dans ses déboires. Il était cette fois-là léger, s’adonnant à compenser les mots pesants de Michael, ne pouvant résister à l’envie d’imposer des limites à la souffrance. Car lorsqu’il ne trompait pas sur le sens des mots d’Alan, il détournait ceux des autres comme le refus d’une invitation à accepter leurs plaintes. Un espoir peut-être, qu’elles ne fussent que les rainures partielles d’une vie ayant mieux à offrir. La contradiction même de ses moqueries, plus proches des remarques et des plaintes que de l’humour heureux. Un comportement le renvoyant parfois à l’adolescence.
Le protagoniste contournait également, au-delà des souffrances plus profondes de l’ange, une femme dont il redoutait le sujet, et des compliments qui en rien ne le flattaient. Sa place n’était pas dans les livres. Elle était dans sa vie, car protagoniste de sa propre vie. Une vie dure à écrire, qui demandait à son personnage principal de voir plus loin que les mots écrits devant lui. Une vie sans exploit, qui lui demandait de faire des erreurs qui conduiraient un jour à son bonheur.

« Sortez-les si vous y tenez tant. »

Il haussa les épaules, détournant les yeux comme il l’aurait fait devant une nudité qui ne lui appartenait pas. Cette fois non pas pour la protéger de son regard, mais pour le protéger lui de ce qu’elle dévoilait. On voulait l’accepter le monde, et se sentir fier de l’avoir fait. Mais il restait encore en nous cette incapacité à le faire totalement. Une difficulté rendue possible par des années d’évolution.

« Je ne vous demande pas de me convaincre. J’en ai envie oui, car beaucoup de choses me dépassent, mais je ne le demande pas. Il semblerait que la seule chose qu’on puisse me répondre, quel que soit la question, soit que nous sommes différents, ou que j’en demande trop. »

Il parlait là de Michael, mais également de Remy.

« C’est bien ce qui me fait parler de vos livres plutôt que d’autres sujets. Parce que connaître vos motivations à l’écriture m’intéresse aussi. Mais vous vous bornez à voir que j’en veux plus et c’est détruire mes efforts pour en demander moins. »

Une inspiration, de celles lui permettant d’effacer le goût étouffé laissé dans l’air après ses mots. Ses sourcils se haussaient, image de la satisfaction qu’il ressentait en s’entendant parler.

« Si vous me mettez dans un de vos livres, faites-le après ma mort. Histoire de voir si je serai toujours à la hauteur de vos attentes. Et puis ce serait gâcher le plaisir de me coucher sur papier sans voir de quoi est fait mon avenir. »

Aussi proche et lointain que pouvait être son avenir à ce moment-là, il lui permettrait d’être un autre homme que celui qu’il blâmait être.

« Nola. Elle n’est la cause de rien. Juste un élément disparu qui m’empêchait d’être là, et qui constituait sans le vouloir le pilier d’une vie que je n’avais pas envie de quitter, même si déjà détruite. On s’évertue à la ramener sur le tapis alors qu’aucun débat ne sera utile sur le sujet. Car les constatations et les hypothèses bancales n’ont jamais servies la cause des chapitres clos. »

Nola était seulement le fantôme de ses pensées. Elle amenait après coup son lot de problématiques et de réalités, car il lui avait accordé trop d’importance. Il voulait la garder pour lui, loin des jugements qu’il avait amassés, et des regards de pitié qu’on avait crus bon de lui renvoyer. Comme si penser à elle et la regretter était une faiblesse. Elle-même continuait de le faire même si l’amour différent qu’elle connaîtrait compenserait la perte d’un plus grand.

« Vous devriez m'envoyer un de vos livres. Celui que vous souhaitez. »
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Ven 2 Oct - 17:36


you have my sword
 « Quand, à quel moment précis vos espérances sont devenues fardeaux ? Je connais les rêveurs, Alan, j'en suis un moi-même à mon grand regret. Il y a quelque chose en vous d'estropié, je m'en veux pour cela. Nous sommes sensés être vos guides, vous apprendre à toujours voir un soupçon de merveilleux du fond de vos yeux. Parfois dans le cœur d'un homme ou d'une femme, parfois dans un rêve aussi... »

Il secoua la tête, une main sur l'épaule du mortel non pas pour le retenir, mais pour le porter peut-être au moins un peu, ainsi que la branche soutient l'oiseau moqueur peu importe la dureté de ses trilles. L'homme s'égarait bien sûr, comme eux-même le faisaient tous. Michael n'avait pas de chemin à lui offrir cependant, mais son affection était sincère car l'archange possédait une soif infini envers l'amitié.

 « Oui je suis sérieux, oui je vous l'impose. Avec qui d'autre auriez vous ce type de discussion sinon ? Pas sur la religion, ce sujet est sans importance pour qui le décide ainsi, mais sur vous ? Vous n'en demandez pas trop, Alan, vous n'en demandez jamais trop. Vous avez vos besoins après tout, de même que vos colères... Et vous souriez pourtant. C'est nous qui en demandons trop de vous, pas parce que vous êtes faibles, mais bien parce que nous sommes fou »

Michael ne savait rien des gestes paternels, aux siens il n'offrait que des maladresses. Les hommes, il les comprenait si peu, eux, les sacrifices qu'ils acceptaient parfois, eux qu'ils refusaient aussi, désireux de vivre, désireux d'aimer. Parfois, il en avait tué au nom du parjure, jamais du pardon. Redoutable, l'archange l'était, lorsque plus rien ne le contrôlait, que son épée était à l'égal de son cœur et de son âme...
Aujourd'hui, ce soir, il ne haïssait pas.
Et ses aile ne brillaient d'aucunes lueurs, déployées à nouveau. Elles étaient là, simplement, part de son être au même titre que ses yeux aux coins ridés, et ce sourire tordu à ses lèvres.

 « Nola.... »

Et ce nom, ce simple nom lui donna envie d'en prononcer un autre. Il songea un instant le confier à Alan, comme un secret, lui qui aimait peut-être, lui qui ne savait. L'archange se ravisa cependant, mais quelque chose brûlait au fond de lui.

 « Attendre la mort, quel intérêt ? Je préfère écrire tant que vous êtes vivants. Ce ne sera pas vous, votre vie, vos épreuves, et je n'ai pas le don de double-vue, mais la personne que j'écrirai vous sera semblable du moins je l'espère. Comme si vous pourriez vivre cela en rêve, comme si vous l'aviez déjà vécu dans une vie antérieure, que vous étiez roi et moi simple soldat. Une manière pour moi de vous dire que je vous respecte, au delà d'une simple phrase. »

Ainsi, Michael répondait à l'une des nombreuses raisons lui ordonnant d'écrire. Entre les siècles et les éternités, quel meilleur moyen après tout pour se rappeler de son amour des hommes, y compris quelques élus en particulier ? Cependant l'archange n'avait pas de mots véritables pour l'exprimer. La perte et le deuil chez lui ne possédaient pas les mêmes tenants que pour de simples humains, de même qu'il comprenait peu finalement comment ceux-ci pouvaient pleurer des proches qu'ils se savaient pourtant rejoindre dans un temps restreint.

 « Acceptez celui ci en ce cas... Il n'y a pas de dragon dedans, simplement la fin d'un monde »

Comme par magie, l'ouvrage était apparu entre ses mains aux longs doigts racés. Une couverture neutre, un titre aux reflets argentés, rien de racoleur sans pour autant enlever la promesse d'un secret. Comme l'on tend un enfant, Michael donna ainsi le livre à Alan, presque timide soudain, humble surtout, humble finalement.
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MessageSujet: Re: Forgive us our trespasses [MIKE]   Mar 6 Oct - 11:21


 
Forgive us our trespasses

Adolescent, il avait attendu une vie qu’on lui promettait être meilleure, car semblant dénuée de tout ce qu’il cherchait à fuir. Ses parents, le monde à l’image duquel ils voulaient le modeler, tâche à la laquelle ils avaient échoué. Lorsqu’il avait entrepris de se construire son propre monde, le plus éloigné possible de celui qu’il avait quitté, il lui était arrivé de se heurter aux incompréhensions et aux maladresses d’hommes et de femmes jugeant ses actes. Il aurait une nouvelle fois aimé pouvoir leur pardonner. Peut-être avait-il trop parlé, n’ayant jamais su avec qui partager ses souffrances et en en ayant fait au fil du temps, un sujet victime de controverses. Ses rancœurs étaient devenues les raisons d’un entêtement que l’on voulait condamnable. Ces étrangers à son enfance lui demandaient l’indulgence qu’ils croyaient être mérités par ses parents. Comme s’il suffisait d’émettre leurs hypothèses erronées avec conviction pour en faire des solutions. Elles ne faisaient que montrer du doigt son besoin de s’éloigner, ses raisons pour le faire, le confortant plus que jamais dans l’idée qu’il était seul. Alors il s’était finalement tût, et avait fait disparaître en même temps que ses complaintes sur ses parents, ses parents eux-mêmes.
Non, on ne l’avait jamais frappé. Alors qu’une gifle aurait suffi à les faire tous changer d’avis sur les motivations le poussant à fuir. On l’avait aimé, mais d’une façon qu’il comprenait mal.

Il ne pouvait répondre à la question de Michael. Il avait mal depuis longtemps maintenant, et seul le monde qu’il s’était construit lui avait permis d’échapper aux souffrances laissées en suspens. Il regardait derrière lui et voyait les mois le séparant de Nola, de son travail, et de l’appartement dans lequel il s’était vu finir sa vie. Parce qu’il y résidait l’équilibre qu’il recherchait, à ce moment particulier dans son existence. Il regardait devant lui, et n’y voyait que la prison de l’Eglise et les tables collantes des bars. A moins qu’il n’y ait eu dans cette main portée sur son épaule, l’espoir d’un avenir plus souriant.

« Merci. »

Il remerciait l’ange tout en acceptant le livre, les yeux portés sur le titre tandis que sa voix s’égarait au cœur de pensées qu’il aurait aimé un jour pouvoir oublier, lassé. Il le remerciait pour le livre, mais plus vraisemblablement pour des raisons qu’il devinerait ou non. Michael lui accordait ses doutes et silences, lui offrant un respect qu’il ne comprenait pas mais dont il appréciait la valeur.

« Pour l’initiative du cadeau. »

Alan agita le livre devant lui. Plus tard il le déposerait sur son bureau, comme si là était sa place. Il hésiterait des jours, feuilletant les pages sans les lire, appréhendant les mots écrits. Un soir il l’ouvrirait, oubliant les heures et les verres pour se voir plonger dans cet univers fictif qu’on lui avait offert. Dans un monde qu’il rêverait sien et espérerait tout aussi lointain.

« Je ne suis pas certain d’avoir envie de parler de moi une nouvelle fois. Je ne pose pas les mots qu’il faut sur ce que je peux ressentir, et à 38 ans, je ne suis toujours pas capable de définir qui je suis, ou qui je dois être. »

Il avait un jour été question de l’Eglise ou de lui, dans le regard d’une femme aujourd’hui disparue. A présent il était question de l’Eglise ou de lui, au fond de son cœur seul. Il pouvait regretter, et l’on finit par vivre avec ses regrets. Mais son ancienne vie lui manquait, et ce vide il ne pouvait le combler. Sa place physique n’était pas ici. Il était commercial et non intendant, et pour cette raison il pleurait parfois son ancienne profession. Ses heures à travailler tard lui manquaient, autant que les visites dans la ville et l’impression de la posséder entièrement. Ses collègues lui manquaient, qu’il s’agisse de compétition ou d’amitié. Mais dans cette Eglise il lui était donné de prendre un chemin semblant nécessaire pour corriger certaines de ses erreurs. Elle le maintenait dans une cage à la porte ouverte, Alan sachant qu’en la quittant maintenant, il perdrait tout espoir de se faire pardonner, de se pardonner.

« Qu’auriez-vous voulu changer ? Comme le guide que vous êtes. Il était là toutes ces années lui, et n’a fait que soutenir celle dont la foi ne demandait aucune preuve. Il lui offrait la seule chose qu’il me manquait pour y croire, et il est tard à présent. »

Ces réponses, il avait cherché à les demander à Remy. Il le jugeait, peut-être avec tout l’égoïsme qu’on lui connaissait, et également avec trop peu de recul pour comprendre les raisons de ces choix. Il le jugeait et le tenait dans un sens responsable, comme s’il lui fût difficile d’accepter d’être le seul coupable.

« Vous n’êtes pas lui, et il m’a déjà été difficile de lui parler et d’accepter ses non-dits. Je ne sais plus vraiment ce qui serait capable de me soulager. Alors peut-être vaut-il mieux ne pas chercher vos réponses me concernant, ou me donner l’importance que je ne ressens pas avoir. »

Il recula d’un pas, échappant aux remparts de ses ailes et aux gestes se voulant amicaux.

« C’est peut-être d’un psy dont j’ai besoin. Si je n’avais pas un énième avis tranché sur la profession, je serai certainement en ce moment même sur un de leurs canapés à 2 000 dollars. »

Depuis toujours il voulait avoir raison. Une parade pour se protéger. Mais alors qu'il prenait conscience qu'il pouvait avoir tort, il ne demandait qu'à voir cette vérité annoncée par d'autres. Parce que lui seul n'en avait pas la force.
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