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 sympathy for the devil {Abberline}

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MessageSujet: sympathy for the devil {Abberline}   Jeu 3 Sep - 1:35



sympathy for the devil

Des rires s'échappaient de la salle de conférence où le gros Bob fêtait son départ en retraite. Une ambiance festive bien rare dans les locaux du Los Angeles Times. Une fête à laquelle la journaliste ne participait pas, même pas conviée alors qu'elle avait participé au cadeau de départ. Elle jetait par moment des regards vers ses collègues qui riaient, un petit pincement au cœur d'être mise de côté. Faut dire que l’Écossaise n'avait pas le temps pour ce genre de sauteries, elle avait une rubrique à faire tourner et les autres journalistes avaient beaucoup de mal à lier des affinités avec elle. Acharnée de boulot qu'elle était, les rires et les esclandres n'avaient pas sa place au travail, reprenant alors sa lecture, les yeux fixés sur l'écran d'ordinateur. Cinq ans qu'elle était sur le sol américain et elle n'avait quasiment pas d'amis hormis les Fowler. La brune avait toujours beaucoup de mal à se faire de nouvelles connaissances, non pas qu'elle était timide, mais donner sa confiance était une chose avec laquelle elle avait encore du mal. La porte de la salle de fête s'ouvrit alors sur une Chelsea souriante, un chapeau ridicule sur la tête, une part de gâteau dans une assiette qu'elle venait déposer à côté de la journaliste. L'hôtesse souriait, apparemment pompette par le champagne qui coulait à flot dans l'autre pièce. « Mais pourquoi tu restes toute seule dans ton coin ?! Y'a une super ambiance !  » Peut-être parce-que elle avait pas été invitée ? Connasse. Elle ravala ses mots, l'intention de l'hôtesse était quand même appréciée. « Beaucoup de boulot, tu sais ce que c'est. » Non elle savait pas, toujours pendue au téléphone à colporter les pire ragots sur tout le monde et à zoner sur facebook cette peste. Chealsea se pencha alors sur le bureau de la brune, observant un des cadres photos. « Oh mon dieu ! Il est canon ce mec ! C'est qui ?  » Maira esquissa un sourire, sans répondre, genre un secret qu'elle aimerait garder pour elle. « Mais dis-moi !  » Elle insistait la bougresse, Maira secouant la tête avec un sourire qui s'élargissait, bien contente pour une fois de faire envier les autres. « Rooh fais pas ta cachottière ! Je finirai par le savoir tu le sais très bien !  » Un soupir tandis qu'elle posait le cadre sur son bureau pour y cacher la photo, désormais agacée. « On m'a vendu la photo avec le cadre ! T'es contente ? » Triste vérité. Chelsea laissa apparaître un sourire désolé, genre de pitié. Elle s'éloigna ensuite pour retourner à la fête, laissant Maira avec sa part de gâteau et son humiliation.

Elle éteignit l'écran, se levant alors de sa chaise sous les rires moqueurs de Chelsea qui racontait la scène à d'autres collègues. La journaliste prit alors son sac à main et sans un regard pour eux, quitta la pièce. Une fois dans l'ascenseur, elle s'adossa contre le mur, fermant un instant les yeux, fatiguée par sa journée de travail et le fiasco de la veille par rapport à une enquête. La perspective de rejoindre un appartement vide et un chat sadique ne la réjouissait pas tellement, songeant déjà à retrouver le quartier général du Fairness Club. C'est d'ailleurs ce qu'elle fera, elle avait des comptes à régler avec cette ordure de Abberline. Elle s'était retrouvée la nuit précédente sur une fausse piste qui puait l'échec et ça, à cause d'une mauvaise information de la part du photographe.

Le taxi déposa la journaliste près du QG du Fairness Club, se dirigeant alors d'un pas assuré vers l'entrée. Les portes s'ouvrirent avec violence pour laisser entrer une Maira déterminée à faire mordre la poussière à son pire rival. « Connard ! » Cela venait droit du cœur. Les autres membres se retournèrent pour observer la furie brune s'approcher d'un Terrence apparemment occupé, elle en avait rien à foutre. « Ça t'amuses de m'envoyer sur des fausses pistes ? » C'est qu'elle était sexy énervée ! Quelques personnes rigolèrent, la brune c'étant tapé la honte du siècle à cause de lui. Les sourcils froncés, le regard noir accusateur pointé sur Abberline. Elle s'apprêtait à cracher encore un peu de son venin, mais le gérant du club s'interposa. « Y'en a vraiment marre de vous deux ! C'est pas la récréation ici. » Il posa son index sur la bouche de la journaliste qui allait une nouvelle fois l'ouvrir. Elle renonça. « Pour la peine vous allez bosser ensemble et sans rechigner sinon c'est la porte direct ! » Il laissa tomber un lourd dossier poussiéreux sur le bureau de Terrence, quittant les deux protagonistes, blasé par les deux gamins.« Bah bravo tu l'as énervé. » Maira regarda alors Abberline, choquée par l'éclat de voix du gérant. Agacée, elle haussa les épaules et tenta d'attraper le dossier avant son rival, c'était à son tour de donner le ton.

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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Sam 5 Sep - 2:03



Sympathy for the devil

Le Fairness Club n’avait jamais été qu’un rassemblement d’illuminés se pensant capables de changer le monde. Créé dans la volonté de servir la justice, il accueillait aujourd’hui des hommes et des femmes aux intentions plus contestables. S’il s’était protégé au mieux des comportements individualistes le menaçant, il restait en proie aux spécimens plus variés le composant. Parmi eux ceux utilisant le club pour faire avancer leurs carrières. Une motivation allant plus loin que la simple entraide. Il y restait les passionnés, drogués de crimes et d’enquêtes, les doigts moites et tremblants lorsqu’ils tombaient sur de nouveaux détails sanglants. Terrence les observait parfois, le regard perdu dans ses réflexions avant de prendre conscience qu’il fixait Archibald Nielson en train de contempler ses polaroids. Une passion le rendant presque aussi fêlé que ce vieux Martin Plunkett. Celui né d’une contrainte d’éditeur, et se révélant être une des plus belles réussites de son géniteur.
Il se demandait parfois s’il était comme eux, se satisfaisant des meurtres placardés aux murs comme des guirlandes le jour de la fête Nationale. Alors que la lueur de bonheur dans les yeux d’Archibald le trahissait, lui n’avait que la douleur à son abdomen et les frissons se dessinant dans sa nuque pour laisser s’exprimer son plaisir à la vue de ces crimes. Omniprésents dans ces bureaux, par les photos, dossiers et conversations, ils contribuaient à habiter le lieu d’une atmosphère dans laquelle tous se complaisaient, lui le premier. S’asseoir à un bureau durant des heures, ses chocolats scellés dans un tiroir et le café en libre-service lui donnait la sensation d’être à une place qu’il méritait et qui le valorisait. Ce n’était d’ailleurs pas ses exploits de photographe que sa mère admirait, mais les enquêtes sur lesquelles il se penchait, voyant en lui l’homme qu’elle aurait aimé qu’il devienne. Un homme à l’image de Curtis, œuvrant pour un bien qu’il avait semé tout au long de sa vie.

Des doigts claquèrent devant ses yeux, le ramenant dans le monde que ses pensées l’invitaient à quitter. Le responsable du club passa le bras devant lui, effaçant un Archibald disparu depuis plusieurs minutes pour déposer un café sur le bureau de Terrence.

« Tu te sens bien ? Ça fait dix minutes que tu regardes dans le vide. »

Il vérifia l’heure, pris en flagrant délit de ce qui n’en était pas un.

« Du travail mental. »

Terrence s’empara du gobelet et se replongea dans le dossier qu’il traitait. Il échappait ainsi aux yeux levés au ciel, ainsi qu’au sourire qui les suivit. Sa présence ici ne s’était jamais faite sous la forme d’une invitation. Il y était entré des mois plus tôt, à peine débarqué de l’Arizona pour se fondre dans la masse d’une ville dont on l’avait éloigné. La porte de service avait été étroite et pleines d’obstacles, mais sa détermination pour franchir les murs de ces locaux aménagés avait été telle qu’ils s’étaient résignés à l’en empêcher. Il s’était finalement fait sa place là où elle n’était pas, acceptant ceux qu’il se voyait contraint de côtoyer, les appréciant autant qu’il pouvait parfois les détester.

« Attention Terrence, je crois que c’est toi qu’elle regarde. »

Il n’eut pas le temps de demander qui le "elle" désignait. Archibald s’était déjà déployé avant qu’un débris de la tornade ne lui arrive accidentellement au visage. Une tornade dont l’entrée remarquée n’avait été ignorée que par celui qu’elle venait voir. A croire que le bruit de ses talons frappant le sol n’était pas encore assez fort pour le prévenir de son arrivée imminente. Terrence accepta ses insultes et reproches, trop victorieux de ses exploits pour espérer lui faire perdre son calme. Trop calme, pour répondre ostensiblement à l’affrontement qu’elle tentait d’engager. Il savait les regards posés sur eux, et s’imaginait échapper à ce qui lui pendait au nez en jouant les désintéressés. Mais comme personne ici n’était dupe de la perpétuelle concurrence qu’ils se menaient, le sourire de Terrence à la vue du doigt posé sur les lèvres de Maira disparut aussi vite qu’il était apparu.

« Quoi ?! »

Son visage se déchirait sous une grimace voulant dévoiler l’injustice d’une punition commune. Elle fût facilement ignorée et remplacée aux derniers mots de Maira par un regard menaçant. Il n’endosserait pas le rôle qu’elle lui demandait de jouer. Car sans son intervention remarquée, rien ne se serait passé.

« Tu réfléchis à ce que tu fais parfois ? »

Il intercepta ses poignets, les repoussant froidement vers son estomac dans l’idée de la faire reculer avant qu’elle n’atteigne le dossier.

« La prochaine fois tu te contenteras d’une humiliation en petit comité au lieu de la rendre publique. Ça nous servira à tous les deux. »

Quelques regards se tournèrent vers eux, impuissants, et cherchant à l’être. Seul Archibald apparût derrière Terrence dans l’espoir d’apaiser leurs échanges. Grand, blond, le type d’homme que l’on croit courir les bars le soir mais qui trouve son plaisir dans les chairs déjà froides.

« Maira, je flanche encore sur mon histoire de polaroïds. Si ça te convient mieux je peux voir si tu peux bosser avec moi. »

Terrence s’était déjà saisit du dossier imposé, l’ouvrant en faisant mine de ne pas écouter. Ce dernier s’ouvrait sur une enquête touchant au paranormal. Le genre qui passait en contrebande dans le club, comme l’alcool dans les années 30. Malheureusement pour eux deux, ils faisaient partie de ceux enrichissant le trafic. Si bien que les faire travailler ensemble se rapprochait plus d’un souci de praticité que d’une réelle punition.

« Archibald je suis certain qu’une seule personne est largement suffisante pour regarder des photos. »

Sa tête bascula en arrière afin de croiser le regard de l’intéressé. Un regard déçu et contrarié qui questionnait Maira sur ce qu’elle en pensait. Terrence se redressa, rempart visuel entre les deux. Il plaqua le dossier d’une main sur la poitrine de Maira, l’obligeant à le saisir en même temps qu’il la dépassait.

« On prend ma voiture. C’est hors de question que je me retrouve sur le bas-côté de la route. »



Dernière édition par Terrence W. Abberline le Lun 7 Sep - 14:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Sam 5 Sep - 20:32


sympathy for the devil

Deux gamins, voila ce qu'ils étaient. Menant une guerre pour être le meilleur, le plus compétent afin de récolter les lauriers. Une rivalité qu'elle n'avait pas subie depuis Harvard, repensant alors Lindsay Sterling, cette insupportable madame je sais tout qui c'était évertuée à rendre les études de l’Écossaise infernal. Abberline lui rappelait cette ancienne camarade, dans ses regards, ses réactions. Injustement punie alors qu'elle était la victime d'une blague de très mauvais goûts, elle se retrouvait piégée et prise à son propre jeu. Agacée, se heurtant à un homme qui ne semblait rien éprouver hormis la rage de l'écraser, elle poussa un soupir. « Tu réfléchis à ce que tu fais parfois ? » Sérieusement ? C'était de la faute à Maira maintenant ! Un rire de la part de la journaliste, pas de joie, mais narquois. Repoussée violemment par le photographe, son visage se figea par l'animosité du geste à son égard, se massant doucement les poignets. « La prochaine fois tu te contenteras d’une humiliation en petit comité au lieu de la rendre publique. Ça nous servira à tous les deux. » Un regard noir pour le rival, se retenant de le gifler, encore sous le choque. La prochaine fois elle serait plus maligne, elle irait lui crever ses pneus et se délecterait de la scène, tapis dans l'ombre, pleine de fourberies. Répliquer ne servait à rien, bien que les mots acerbes et les ressentiments qu'elle avait à l'égard de Abberline lui brûlait la gorge et faisait battre son cœur.

Elle se moquait bien des regards, la belle étant prête à exploser, mais Archibald venait faire une diversion qui se révéla judicieuse pour apaiser les tensions. « Maira, je flanche encore sur mon histoire de polaroïds. Si ça te convient mieux je peux voir si tu peux bosser avec moi. » La brune posa son regard émeraude sur le blond qui était encore et toujours obsédé par des photographies macabres. La perspective de passer la soirée à observer ce genre de clichés morbides ne l'emballait pas franchement ... « Euh ... » Mal à l'aise, elle se gratta la tête en essayant de trouver un alibi assez solide pour pouvoir échapper à cette corvée. Pour une fois Abberline servit à quelque-chose, se glissant entre les deux pour cracher une fois de plus son venin sur le pauvre enquêteur. « Archibald je suis certain qu’une seule personne est largement suffisante pour regarder des photos. » Maira eut alors un regard désolé pour le gentil blond qui semblait très déçu de la réponse de Terrence. Odieux personnage. Elle intercepta le dossier qu'il lui colla violemment dans les bras. « On prend ma voiture. C’est hors de question que je me retrouve sur le bas-côté de la route. » Elle le regarda alors s'approcher de la sortie, le regard toujours autant noir pour son adversaire qui ce soir endossait le rôle de partenaire. « Quel con. » Archibald fronça alors les sourcils, pensant être visé par l'insulte qui venait de sortir tout naturellement de la bouche de la brune qui comprit sa maladresse rapidement, posant une main sur l'épaule de l'homme. « Pas toi hein ! » Un sourire alors, le premier de la soirée et celui-ci semblait plaire au blond. « Tu sais quoi ? On regardera tes photos ensemble demain Archie, d'accord ? » Elle cala le dossier sous son bras, Archibald hochant alors la tête en matant le fessier de la brune rejoindre son partenaire sur le parking.

L'air chaud balayait les cheveux de jais de la protagoniste qui marchait d'un pas tranquille vers Terrence, aucun regard pour lui. La soirée promettait d'être atrocement longue. Elle pouvait attendre pour qu'il lui ouvre la porte, secouant la tête en se glissant côté passager, ceinture bouclée, lunette de vue sur le nez. La faible lumière au-dessus d'elle éclairait les écrits du dossier qu'elle survolait, une écriture en pattes de mouche illisible qui forçait la journaliste à plisser les yeux pour y déchiffrer le langage. Une maison qui ne se vendait pas, apparemment hantée, c'était l'agent immobilier qui avait transmis au club cette curieuse affaire qui ne semblait intéresser que Abberline et McFarlane. Eux qui voyaient la vérité bien plus loin que leurs collègues à l'esprit fermés et cartésiens. « Le manoir se trouve dans les collines, prends à droite. » Froide et autoritaire, elle ne le regardait même pas, s'imprégnant du mystère qu'émanait le cliché qu'elle tenait dans ses mains, représentant un vieux manoir du style victorien.

Une fois la voiture immobilisée dans le quartier le plus énigmatique et le plus reculé de l'agitation citadine. Un manoir lugubre et imposant perché sur Benedict Canyon, une partie de Los Angeles qui surplombait Beverly Hills et Bel Air. Un frisson parcourut alors le corps de la belle qui observait la bâtisse fièrement dressée devant ses yeux. Le quartier avait déjà été le théâtre d'odieux crimes, comme l'horrible meurtre de l'actrice Sharon Tate orchestré par Charles Manson et ses disciples. Elle sortit de la voiture, silencieuse en observant le fameux lieu hanté. Une vieille femme passa à proximité du duo, promenant son chien. Elle jeta un regard mauvais, comparable à une vieille sorcière effrayante. « Ne vous approchez pas de cette maison, elle est maudite. » Maira se recula pour la laisser passer, un peu effrayée. Plus très sûr de vouloir l'explorer après cet avertissement, elle se tourna vers Terrence. « Charmante ! Elle est de ta famille ? » Les piques retrouvaient sa cible préférée tandis qu'elle s'avançait vers le portail et s'arrêta sur le perron. Les clés du manoir trouvés dans le dossier, elle les envoya à Terrence avec un petit air de défis. Elle reprit sa lecture abandonnée plus tôt, à haute voix cette fois-ci. « On ne sait pas grand chose sur l'historique de la maison, juste qu'elle a été bâtie en 1906 et détruite après un tremblement de terre ... Restaurée en 1922 par deux antiquaires du Maine, les premiers à s'être foutus en l'air dedans d'ailleurs ... Dans les années 70, une femme a noyée son bébé dans la baignoire ... » Elle marqua une pause, un peu désorientée. « Les derniers acheteurs ont quittés le manoir après seulement une nuit, sans récupérer leurs biens. » Elle ne se sentait pas rassurée dans cet endroit, encore moins en compagnie d'un homme qui n'hésiterait pas à abandonner la brune à son triste sort. Elle posa un instant ses yeux sur la serrure qu'il était en train de déverrouiller, pas du tout curieuse d'entrée dans ce lieu qui renfermait tellement de tragédies.

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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Lun 7 Sep - 20:31



Sympathy for the devil

Ce tampon, il le fixait chaque fois avec dédain, n’ayant alors que très peu d’estime sur ce qu’on lui demandait de faire. L’agence commanditaire avait depuis longtemps trouvé au Fairness Club l’élément manquant pour faire fluctuer ses affaires. Les demandes arrivaient accompagnées d’une somme d’argent dérisoire, et pourtant presque nécessaire à la survie du club. Car les locaux et le café coûtaient chers, et que la passion gratuite devait parfois laisser place au travail rémunéré. L’agence intervenait sur plusieurs états de la côte ouest. Elle ciblait les biens immobiliers porteurs d’une réputation les précédent, et après les avoir obtenues à des prix bradés, mettait en place une propagande marketing augmentant leur valeur. Les petits extras venaient avec les rêves Hollywoodiens, les maisons étant exploitées pour des films passés sur grand écran. Les détails et la vérité n’étaient que des éléments lui permettant d’ajuster ses discours afin de faire vivre l’âme criminelle de ces lieux. Quant à Maira et Terrence, ils n’étaient plus que des ouvriers œuvrant pour un mal que l’on voulait faire croire innocent.

« Super dossier. A ton avis, qui tuera qui ce soir ? »

Ironie ou simple remarque, il n’en précisa rien. Maira était de ces présences que l’on préférait ignorer. Le regard détourné d’elle, il s’imaginait parfois retrouver Jezebel ou Margot. N’importe quelle partenaire qu’il lui serait donné d’apprécier sans efforts. S’il les ignorait parfois, souvent, elles avaient le mérite de ne pas s’effacer totalement dans son esprit comme Maira le faisait. Seulement elle revenait toujours, sa voix résonnant dans sa tête comme une chanson paillarde que l’on souhaiterait oublier. Certaines de ses remarques se contenteraient d’être ignorées, ou plus poliment affrontées par l’air qu’il avait appris à adopter devant elle. Les sourcils courbés, interrogateurs et contrariés, alors que ses yeux restaient fixés sur les siens. Une façon de rendre à ses remarques toute l’insignifiance qu’elles pouvaient avoir. Telle celle sur une parenté éloignée avec Grand-mère la mort.
Des subterfuges qui fonctionnaient parfois, mais qui ne pouvaient que reporter ce qui immanquablement se manifesterait. Une haine muée en colère, originaire d’une jalousie qu’il lui portait à des fins bancales. Maira l’avait devancé trop de fois, et alors que la compétitivité avait toujours sommeillé en lui, il se retrouvait à l’affronter sur un champ de bataille qui n’aurait jamais dû en être un. Il le savait, autant qu’il savait cette partie de lui puérile et condamnable. Mais sa haine pour elle était comme une drogue dont il était dépendant. Elle le faisait s’élever, et amenait à son travail un enjeu distrayant.

Lorsque la porte s’ouvrit sur le manoir, il s’y engouffra sans appréhension, glissant le jeu de clés dans sa poche avant d’éclairer le hall d’entrée et les pièces qui suivirent son passage.

« Ils nous ont laissé l’électricité, c’est attentionné de leur part. »

Il traçait son chemin dans le manoir, la gorge irritée par la poussière et le regard agressé par les couleurs du papier peint. Brun dans le hall et les couloirs, et saumon dans la salle à manger, il était remplacé par un jaune virant au vert dans la cuisine. Les portes se suivaient dans un labyrinthe les ramenant chaque fois sur leurs pas. Si bien qu’une fois les trois pièces explorées, il se retrouva à nouveau dans le couloir principal. Là où Maira redevenait Maira et où son envie de la sentir se briser sous ses doigts se devait d’être ravalée avant de devenir réalité.

« Tu peux te rendre utile ? Ne me dit pas que tu as peur ? »

Un reproche devenant habituel, tel un comportement automatique vis-à-vis d’elle. Ils s’étaient toujours bousculés, faisant ressurgir leurs failles respectives dans l’espoir d’y voir une arme. Ils se blessaient tous deux au contact de l’autre, mais continuaient inlassablement de s’en approcher. A la fois car ils n’avaient pas le choix, mais aussi car ils se retrouvaient piégés dans leur envie de gagner.
Terrence s’approcha de Maira, attrapant une note à leur attention dans le dossier qu’elle tenait.

« On fait un quadrillage rapide du manoir et on s’en va. On se partagera les tâches et les recherches une fois de retour. Comme ça tu pourras bâcler ta partie sans que ça me porte préjudice. » Il haussa les sourcils, plutôt fier de lui. « Tu repères ce qui te semble inhabituel ou ce qui pourrait expliquer ces drames. On a libre accès au lieu jusqu’à leur avoir remis le rapport. »

Une part de lui-même se faisait happée par l’histoire du manoir. Une part trop grande pour que son envie de s’éloigner de Maira ne lui fasse de l’ombre. Mais même s’il croyait en l’existence de ces entités mystiques, ses besoins de réponses et de réalités lui promettaient chaque fois de les impliquer en dernier recours. Car la vie était faite de coïncidences parfois étonnantes.

Terrence s’empara du dossier, feuilletant les pages jusqu’à tomber sur les témoignages des derniers acheteurs. Ils s’accusaient eux-mêmes d’avoir été victimes d’hallucinations, même si leur départ laissait penser qu’ils ne se fuyaient pas eux-mêmes. Il jeta un rapide coup d’œil sur le rapport concernant le suicide des deux antiquaires, mais s’attarda finalement sur l’assassinat de l’enfant.

« Tu crois qu’ils l’ont fait eux ? Tuer, se suicider. Eliza Phillips, la mère de l’enfant assassiné, a avouer l’avoir fait consciemment sans pour autant l’avoir voulu. »


Dernière édition par Terrence W. Abberline le Ven 11 Sep - 11:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Jeu 10 Sep - 18:32


sympathy for the devil


Tiraillée entre l'envie d'en apprendre d'avantage sur le mystère émanant de l'affaire et de rentrer chez elle pour se laisser couler dans un bon bain chaud, elle était consciente que reculer maintenant serait offrir la victoire sur un plateau d'argent à son pire rival. Elle ne lui donnerait jamais cette satisfaction. Pourtant, la peur semblait la paralyser sur ce perron, pas du tout désireuse de se baigner dans l'atmosphère glauque des lieux. « Super dossier. A ton avis, qui tuera qui ce soir ? » Elle ne répondit pas, jouant nerveusement avec ses cheveux tandis qu'elle attendait que la porte s'ouvre. Consciente que certaines choses ne s'expliquaient pas, les yeux bien ouvert sur un monde qu'elle ne comprenait pas encore. Les esprits, médiums et les voyants faisaient désormais partit de sa vie. Après tout elle en fréquentait un, mais jusqu'à présent, il avait eu l'amabilité de garder ses visions pour lui. Les imposantes portes s'ouvrirent enfin, laissant son partenaire s'y aventurer en premier, traînant le pas derrière lui en refermant celles-ci. Son premier ressentit fût la froideur des lieux, l'odeur de renfermé et l'atmosphère pénible qui s'en dégageait. La maison de l'horreur, une parmi des centaines. « Ils nous ont laissé l’électricité, c’est attentionné de leur part. » Elle observait autour d'elle, la hauteur des plafonds, les papiers peints immondes et la décoration qui n'était pas du tout à son goût. Les talons de la journaliste claquaient sur le plancher lustré, s'avançant vers la salle à manger pour y déposer son sac à main. Le mobilier des anciens propriétaire était toujours là, prenant la poussière ou alors recouvert de draps blancs. Terrence faisait un rapide état des lieux, la brune restant sur place à observer, silencieuse et légèrement effrayée. Elle se demandait si ils auraient pas dû venir en plein jour, là où les montres restaient sournoisement cachés jusqu'à la nuit tombée.

« Tu peux te rendre utile ? Ne me dit pas que tu as peur ? » Elle sursauta alors, délivrée de ses pensées par la voix de Terrence qui comme toujours sonnait dans l'agressivité. Elle roula des yeux, retirant sa veste pour se mettre un peu plus à l'aise. « N'importe quoi !  » Souffla-elle en s'approchant d'un guéridon où trônait la photo des anciens propriétaires et leurs enfants. Une famille banale qui semblait heureuse et pourtant, qui avait tout perdu. « On fait un quadrillage rapide du manoir et on s’en va. On se partagera les tâches et les recherches une fois de retour. Comme ça tu pourras bâcler ta partie sans que ça me porte préjudice. » Un sale regard qu'elle envoyait au brun tandis qu'elle se saisissait d'une partie du dossier pour y laisser traîner ses yeux. « Tu repères ce qui te semble inhabituel ou ce qui pourrait expliquer ces drames. On a libre accès au lieu jusqu’à leur avoir remis le rapport. » Pourquoi c'était à lui de tout diriger ? Un soupir tandis qu'elle s'asseyait autour de la table pour chercher des détails troublant, le dossier n'étant pas très complet à son goût. Elle observa alors un renard empaillé sur le mur, détestant ce genre de décoration qu'elle jugeait barbare. « Vu la décoration, il y a de quoi devenir timbré ...  » Elle ajusta ses lunettes, jambes croisées, essayant de se détendre et d'oublier le côté hanté de la baraque pour se concentrer sur les faits réels.

Ils lisaient chacun de leurs côtés, la brune relevant par moment les yeux quand un bruit suspect venait troubler sa lecture — quand c'était pas l'autre. Le dossier ne donnait pas de raisons au suicide des premiers propriétaires, juste que l'homme avait tiré sur sa femme et qu'il s'était ensuite mit le canon dans la bouche. La police ayant conclut à un suicide à l'époque, l'affaire fût rapidement classée. « Tu crois qu’ils l’ont fait eux ? Tuer, se suicider. Eliza Phillips, la mère de l’enfant assassiné, a avouer l’avoir fait consciemment sans pour autant l’avoir voulu. » Elle retira alors ses lunettes pour se masser les tempes, fatiguée et hantée par quelque chose de réel, un mal de tête. « Je ne sais pas pourquoi les gens veulent toujours y voir quelque-chose de surnaturel. L'horreur est bien réel et ça, ils ont du mal à l'accepter.  » Elle se leva, essuyant ses fesses de la poussière que sa jupe avait récoltée. « Cette femme était sûrement folle ... Dans la plupart des infanticides, les mères se tuent après, par culpabilité. Ils l'ont trouvés en train de bercer son enfant mort, faut pas trop se fier à ce qu'elle disait. Demain j'irai consulter les archives de l'affaire et voir son dossier médicale. Il faudrait aussi réussir à avoir un rendez-vous avec les anciens propriétaires.  » Elle sortit son téléphone de son sac à main, se dirigeant alors vers les escaliers du premier étage. « Je vais jeter un coup d’œil en haut, je te laisse la cave. C'est en bas que les antiquaires se sont ''suicidés''. » Elle fit des guillemets avec ses doigts, pas du tout convaincue par le rapport de police.

Maira montait les marches lentement, le manoir étant construit sur trois étages, il y avait de quoi se perdre dans tous ces longs corridors. Seul le bruit de ses talons martelant le bois donnaient une bande sonore à la scène, poussant alors les portes de cette fameuse salle de bain où Eliza Phillips avait commis son horrible meurtre. La baignoire était d'époque, une eaux trouble pas vidée depuis un certain moment dont la couleur jaunâtre laissait présager qu'elle n'était plus très fraîche. Des frissons parcoururent alors le corps de la brunette qui s'approchait avec méfiance des eaux troubles, peur d'y voir jaillir un monstre. Rien ne se produisit, soulagée. Elle se sentait oppressée dans cette pièce tandis qu'elle prenait quelques photos jusqu'à que les lumières se mettent à clignoter dangereusement pour s'éteindre ensuite complètement. Malheur. Elle se servit du flash de son téléphone comme lampe de poche, essayant plusieurs fois de rallumer la pièce avec l'interrupteur. « Idiot. » Pour elle, c'était Terrence qui était derrière cette mauvaise blague, vu que le tableau électrique devait se trouver dans la cave. Elle s'apprêtait à quitter la pièce quand un bruit attira son attention, se retournant alors pour voir l'eau du bain bouger dans des petites vaguelettes ... Une sensation de froid envahit alors la pièce qu'elle quittait rapidement en refermant derrière elle. Prise de panique, elle fit le chemin inverse, se perdant alors dans les couloirs sombres et glauques du manoir, l'impression d'être suivie. « Abberline ?! Tout vas bien ?! » Cria-elle du premier étage, pas certaine qu'il puisse l'entendre, seul l'écho de sa propre voix lui revenait en plein dans les oreilles. Elle avala alors sa salive, prenant sur elle pour continuer son exploration, pas du tout rassurée.

© TITANIA
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Ven 11 Sep - 14:00



Sympathy for the devil

La cave. Il avait accepté d’y aller avec la sensation agréable que la seule raison pour laquelle elle l’y avait poussé, était sa propre peur à y entrer. Peu lui importait les toiles d’araignées et les amas de meubles bon à jeter, les caves n’étaient que des pièces redoutées par le manque de vie qu’on leur apprêtait. Terrence, avant d’y descendre, fit demi-tour jusqu’à la voiture pour y récupérer une lampe torche et quelques After Eight soigneusement glissés dans la poche de sa veste. Un réconfort devenu utile alors que l’ampoule de la cave grésillait au-dessus d’un garde meuble abandonné. Un spectacle vous amenant à vous questionner sur l’utilité qu’avait eue le stockage de ces débris en bois ancien. Si certains étaient assez bien entretenus pour appartenir aux derniers propriétaires, la plupart avaient appartenu à des locataires moins récents dont la mort ou la folie subites avaient rendu leurs biens orphelins. Rien ne semblait avoir changé depuis des années, et pourtant aucune trace d’un drame passé n’était à déplorer. Leur sang avait sécher depuis longtemps, effacé par les pas tandis que leurs cadavres reposaient sous terre. Terrence se frotta les yeux, effaçant une déception à prévoir. Mais comme il espérait obtenir de ce lieu plus qu’il n’avait à donner, les lumières s’éteignirent autour d’eux sous un souffle qu’aucun d’entre eux n’avait expiré.

La pièce plongée dans l’obscurité, seules les fenêtres rectilignes creusées au sommet des murs, lui permettaient d’être éclairée par ce qui restait de lumière dans le ciel. Terrence resta un instant immobile, observant les hautes herbes du jardin se mouvoir telles des ombres affamées derrière les vitres. Il s’attendait à y voir ce que ses yeux ne pouvaient voir, se sentant étouffer dans cette tombe ouverte sentant l’humidité. Il crut sentir la mort dans ses narines, femme lugubre et possessive s’accrochant à sa peau comme s’il lui appartenait. Il se débarrassa d’elle en allumant sa lampe torche, tentant alors de situer le compteur électrique.

Une tâche rendue difficile par l’obscurité et par l’omniprésence d’obstacles créée par l’encombrement de meubles et détritus. Lorsqu’il le trouva finalement, son génie naissant vint se heurter à la complexité de l’appareil. Après trois essais de combinaisons d’interrupteurs, il perdit patience et se laissa aller à tous les enclencher et déclencher. Avec trop d’engouement peut-être, une décharge électrique lui brûlant l’index de façon à l'en éloigner.

« Maira ? »

Il fit volteface sur lui-même, pointant le faisceau lumineux de sa lampe vers les escaliers menant au rez-de-chaussée. Là où leur grincement lui avait un instant fait croire qu’elle était venue le rejoindre.

« McFarlane ? »

Il avait élevé la voix cette fois, usant de son nom comme elle aimait le faire pour lui. Un retour de bâton se voulant moqueur et agaçant, comme elle pouvait l’être au naturel lorsqu’elle s’adressait à lui.
La seule réponse à ses appels fût le déclenchement d’un tir de fusil à proximité du salon. Si proche et réel qu’il sentit presque la poudre de l’arme se réfugier dans l’air jusqu’au sous-sol. Il manqua de perdre l’équilibre, s’appuyant sur un des meubles pour reprendre ses esprits avant de remonter les escaliers en enjambées pressées.

Le salon était aussi calme que lorsqu’il l’avait quitté, et ses appréhensions laissèrent place à l’incompréhension. Il croisa son regard dans le reflet d’une horloge d’époque, ne voyant dans ses yeux, que des gouffres noirs rendus possibles par le manque de lumière.
Il lui fallait retourner vers Maira, aussi difficile puisse-t-il avoir été de rester avec elle. Il marcha dans ses pas, découvrant l’étage comme elle l’avait fait, explorant les pièces sans le savoir, dans le même ordre qu’elle. La salle de bain et son eau frémissante, les insectes piégés à sa surface comme les victimes de plus de la folie meurtrière d’une mère. Aidé de sa lampe, il s’enfonça dans les pièces avec toute l’appréhension d’un voleur dans une maison. Il la heurta alors, sentant son épaule agresser la sienne comme une énième maladresse de sa part. Il lui rendit sans le vouloir l’appareil avec un coup de lampe sur le nez destiné à l’origine à l’éclairer.

« Tu ne pouvais pas prendre une lampe ? »

Il désignait à l'aide de sa torche son téléphone, levant ensuite les yeux au ciel, le bras surélevé au-dessus d’elle pour continuer à l’éblouir de sa lumière.

« Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je ne suis pas parvenu à remettre le courant. Ce que je me demande aussi, c’est qu’est-ce que tu fais là ? T’as entendu le coup de feu ? J’ai cru qu’il venait du salon mais il n’y avait rien d’anormal quand je suis remonté. »

Il sortit son portable de sa poche, observant l’heure avant de continuer.

« On règle cette histoire de coup de feu et on revient demain. Ça me gêne de devoir continuer sans électricité. On arrive à peine à voir où on marche. »

Son regard se reporta sur elle, le doute se lisant sur son visage.

« Tu l’as entendu comme moi ? Le coup de feu. »
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Lun 14 Sep - 1:49


sympathy for the devil


Elle avait l'impression d'être l'héroïne d'un film d'horreur, la star principale d'une comédie macabre qui se finirait mal. Il n'y avait pas les bras réconfortant de son compagnon pour la rassurer, ni son rire moqueur pour la ramener dans la réalité. Elle se sentait seule dans ces couloirs froids et interminables. En proie à l'angoisse, terrifiée par les multitudes de bruits et les scénarios d'épouvantes qu'elle s'imaginait dans sa tête. La journaliste essayait de se rassurer en se disant que c'était son cerveau et son imagination qui la rendait si parano, mais les faits ne mentaient pas, cette maison était habitée et non pas par des êtres humains. Elle éclairait ses pas avec la faible lumière de son téléphone, se maudissant de ne pas avoir prit de lampe de poche, stupide.

Maira se retrouva dans une pièce qui semblait être un bureau ou une salle de jeu, elle n'arrivait pas très bien à savoir, le flash de son téléphone éclairant quelques coins de la pièce où la poussière avait élu domicile. Elle avait hâte de quitter cet endroit et de retrouver les lumières réconfortantes et sécurisantes de son appartement. Des dessins d'enfants décoraient les murs, des petites mains peinturlurées sur papiers qui donnait à l'endroit une ambiance malsaine quand on connaissait l'histoire de Elisa Phillips. Ne voulant pas rester une seconde de plus dans cette pièce, elle sortit à reculons et se heurta à quelque-chose — ou plutôt quelqu'un. L'hurlement de la journaliste raisonna dans la vieille bâtisse tandis qu'elle était aveuglée et agressée par la lampe de son partenaire. Elle se frotta le nez, poussant le poignet de Terrence loin de son visage. Son cœur battait à la chamade tandis qu'elle reprenait ses esprits. « Tu ne pouvais pas prendre une lampe ? » Comme-ci cette escapade nocturne avait été prévue ! Elle lui lança un de ses sales regards auxquels il était maintenant habitué. « Non désolé je me trimbale pas avec tout l'attirail du parfait psychopathe !  » Elle poussa une nouvelle fois le bras de Terrence qui aveuglait la pauvre journaliste, encore terrorisée. Elle était sur le point de demander des comptes, mais il la devança de quelques secondes. « Je ne sais pas ce qui s’est passé mais je ne suis pas parvenu à remettre le courant. Ce que je me demande aussi, c’est qu’est-ce que tu fais là ? T’as entendu le coup de feu ? J’ai cru qu’il venait du salon mais il n’y avait rien d’anormal quand je suis remonté. » De quoi il parlait ? Apparemment il n'était pas l'auteur de cette blague de mauvais goûts, ravalant son venin pour le garder pour plus tard. Elle rangea son téléphone tandis que lui était en train de sortir le sien. Un frisson parcourût une nouvelle le corps de la belle brune qui restait figée sur place, pas vraiment encline à poursuivre l'expédition. « Je me suis perdue, c'est un vrai labyrinthe cette baraque ...  » Elle regarda autour d'elle, les longs corridors interminables, les dizaines de portes fermées qu'elle ne souhaitait pas ouvrir. « On règle cette histoire de coup de feu et on revient demain. Ça me gêne de devoir continuer sans électricité. On arrive à peine à voir où on marche. » Elle pencha la tête sur le côté, les yeux plissés, ne comprenant pas cette histoire de coups de feu. Elle n'avait pas vraiment envie de s'attarder ici, se frottant les bras, blasée d'avoir laissé sa veste dans le salon. « Tu l’as entendu comme moi ? Le coup de feu. » Elle secoua la tête négativement, effrayée et ça se voyait, surtout après sa dernière phrase. Un coup de feu ? Elle l'aurait entendu. Elle préféra mettre ça sur le compte de l'imagination débordante du photographe. « Quel coup de feu ? Tu dois rêver, j'ai rien entendu.  » Elle le tira doucement par le bras, lui faisant signe d'avancer. Plus vite ils termineraient, plus vite ils quitteraient cet horrible maison.

Maira ouvrait la marche, ses pas hésitants éclairés par la lampe de Terrence, s'approchant d'une porte qu'elle déverrouilla doucement. Une chambre d'enfant, des lits jumeaux, des jouets éparpillés partout sur le sol. Elle entra timidement, faisant un rapide état des lieux, rien d'intéressant pour eux. Un bruit sourd se fit entendre en dessous de leurs pieds, similaire à une détonation, suivit d'une deuxième qui fit sursauter la brune qui se réfugia immédiatement contre Terrence, lui attrapant le bras. « Oh mon dieu qu'est-ce que c'est ?! Tu crois qu'il y a quelqu'un d'autre dans la maison ?  » Elle chuchotait. Son esprit rationnel pensait à des voyous, des cambrioleurs attirés par le mobilier de luxe abandonné par les anciens propriétaires. Paralysée par la peur, elle se rendit compte qu'elle serrait un peu trop fort le biceps du photographe. « Désolé ... Je serais d'avis qu'on se casse d'ici ... » Elle retrouva alors le couloir, sentant un liquide froid s’infiltrer et envahir ses escarpins, chatouillant ses pieds d'une manière très désagréable. La moquette était inondée, l'eau s'évacuant de la salle de bain qu'ils avaient précédemment visités. Elle apporta sa main à sa bouche, se reculant, choquée. Elle se souvenait très bien du niveau d'eau dans la baignoire, pas assez conséquent pour qu'elle puisse déborder ... C'était impossible ... Elle se tourna vers Terrence, l'interrogeant du regard, interdite. Au même moment, au rez-de-chaussé, du bruit se faisait encore entendre, comme-ci quelqu'un déplaçait du mobilier de manière violente. Un sursaut, se rapprochant alors de Terrence en chuchotant à nouveau, articulant chaque syllabes. « On-fait-quoi ? » La peur était une émotion totalement humaine, mais elle ne savait pas ce qu'elle redoutait le plus... Des éventuels cambrioleurs ? Ou une présence beaucoup plus terrifiante et plus difficile à expliquer ? Le rez-de-chaussé retrouva alors son calme, ce qui ne rassurait pas du tout la brune ... Un silence terrifiant et pesant qui enveloppait alors les deux enquêteurs. Tétanisée, il était hors de question pour elle de descendre voir ...

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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Mar 15 Sep - 19:12



Sympathy for the devil

Peu lui importait de partager seul la folie qui les guettait. Tout autant que peu lui importait l’indifférence que Maira pouvait porter à ses histoires. Celles que la maison lui avait contées dans un dernier souffle, comme la fumée d’un feu déjà éteint. Elle n’avait jamais eu assez de poids pour un jour espérer avoir l’importance qu’il ne lui portait pas. L’importance qui lui aurait donné le droit de l’orienter vers une vérité dans laquelle il se perdrait, et dans laquelle elle le guiderait. Maira, il la suivait comme l’on suit son égal, n’attendant rien de plus d’elle que ce qu’elle était. Une rivale, convoitant les hauteurs comme il le faisait, lui donnant l’existence qu’il n’avait pas. Car alors qu’il était l’ombre de sa propre vie, il tenait face à elle un rôle rendant gloire à son travail. Tout ce qu’elle détestait chez lui se cristallisait sous sa haine et se matérialisait en avantage. Il aimait se voir dans le reflet de ses yeux. Des tableaux sombres le valorisant comme un être victorieux. Mais pour tenir cette place, il lui fallait d’abord la tirer vers le bas et atteindre le coup d’avance qui lui ferait mettre un genoux à terre.

Cette nuit il l’était, le vainqueur immortalisé dans ses yeux, fier de l’humiliation qu’il lui avait offerte la veille. Elle le rendait calme et supportable, sans que ne disparaisse l’envie de combattre. L’affronter était un jeu à l’adrénaline enivrante. Mais comme il n’avait jamais su jouer, Terrence se voyait parfois perdre pieds devant la gravité de ses actes. Des coups bas portés aussi facilement que les coups, et elle viendrait un jour à en garder les cicatrices. Il lui ferait mal, car elle n’était pour lui que le marbre qu’il pouvait battre comme défouloir. Lorsqu’elle prenait le dessus, il perdait l’équilibre et son corps tout entier se tordait dans la douleur de sa frustration. Et si jamais il n’avait franchi le pas d’une vengeance impulsive et maladroite, viendrait ce jour où il ne pourrait la faire taire. Un jour éteint et lointain, dans les méandres de pensées et envies qui ne seraient jamais assouvies. Par bienséance, et par intelligence.

Les contes macabres vinrent à elle, rendant le silence après les coups de feu, si pesant et sourd, que Terrence crût pouvoir entendre les roulements de l’horloge du salon s’enclencher. Les balles tirées sans cri lui rappelaient les exécutions durant les guerres. Celles contenues dans des films historiques sans son, films muets rendant au monde la perplexité de ses gestes. Yeux bandés et bras liés, ils étaient déjà morts derrière leurs cœurs battants.

Terrence haussa les épaules à sa question, n’ayant pas la réponse à ce qu’elle demandait. Il observa Maira, la peur sur son visage et sous la pression de ses doigts. La voir se raccrocher à lui comme l’ami qu’il n’était pas lui donna envie de la repousser. Pour autant il se délectait de sa peur comme le poison qu’elle était pour elle. Une faiblesse qu’elle lui laissait entrevoir avec la générosité qu’il ne méritait pas de sa part. A ses excuses, il ne répondit rien, sentant sa propre peur devenir insignifiante devant la sienne.

« Tu vois, je n’ai pas rêvé. »

Il aimait avoir raison, plus que tout au monde, cherchant la vérité comme connaissances, les hommes comme réponses.

« Tu es certaine de vouloir partir maintenant ? »

Comme à son habitude, il se contentait d’abord de voir sans croire, sans imaginer, fermé aux idées préconçues qu’il voulait s’offrir à lui-même. Une façon de le rendre externe à sa peur, et de le préserver de sa condition d’homme. Il se retrouva à la suivre dans le couloir, baignant à son tour les pieds dans l’eau, le faisceau lumineux de sa lampe se reflétant à la surface comme éclairant un chemin sous-marin en direction d'une ville engloutie sous l'eau.

« Fait chier ! »

Désemparé et sachant toute tentative d’y échapper vaine, il resta immobile dans l’eau, le regard porté sur Maira tandis que les bruits venant d’en bas s’intensifiaient.

« On fait quoi ? Autre chose que se regarder dans le blanc des yeux. Je te voyais plus courageuse que ça. »

Sa morale était aussi déplacée qu’il était lui-même impuissant et hésitant devant la marche à suivre. Réalité ou paranormal, il n’avait jamais été qu’un figurant en fond de scène.

« Je t’avoue que je n’ai plus autant envie de rester que tout à l’heure. Mais tu as peur de quoi au juste ? D’eau et de bruits ? Je ne dis pas que tout a une explication scientifique, je suis le premier à penser que ce n’est pas le cas. Je dis seulement qu’aussi inexplicable et effrayant soit ce qu’il se passe ici, ces phénomènes sont mineurs. »

Il était rassuré par la nature de sa mission. Elle lui accordait de n’être qu’un observateur en recherche d’explications, et non un guerrier chargé de se battre contre ce qui de toute évidence, le dépassait.

« On est pas les seuls à être venu faire un tour ici. Entre les membres de l’agence et les curieux en quête de sensations fortes, tous sont ressortis indemnes. »

Il se tût, ravalant une nouvelle phrase destinée à la rassurer, car là n’était pas son rôle. Il ne ferait que la conforter dans l’idée qu’elle avait le droit d’avoir peur, et ce droit, il ne lui donnait pas.

« Si t’as pas envie de descendre reste ici. »

Il n’attendit pas sa réponse, s’éloignant d’elle avec la lampe torche, la rendant à l’obscurité dont il l’avait libérée avant ça. Alors qu’il s’apprêtait à redescendre, il sentit ses doigts se crisper dans un mouvement n’étant pas le sien. La torche glissa de sa main, dévalant les marches jusqu’au rez-de-chaussée dans un enchaînement de fracas pour finalement s’éteindre.
Tétanisé, les yeux brouillés par l’absence soudaine de lumière, il sentit son cœur s’accélérer. Une impulsion cause de l’adrénaline de ce moment, ses yeux emprunts à voir ce qu’il avait jusqu’à lors volontairement ignoré.
Ils virent l’ombre se mouvant dans le reflet des tableaux. Elle était plus noire que la nuit, et plus irréelle aussi. Elle s’approchait des marches en s’en suivit le grincement de ses pas invisibles sur celles-ci. Terrence écoutait, fixant les marches qu’elle couvrait avec autant d’excitation que d’appréhension. Elle était lente dans ses mouvements, vieille de ses années d’existences comme il aimait le penser. Mais à la quatrième marche elle s’arrêta, laissant le silence reprendre le rythme de son hésitation avant que les grincements ne recommencent telle une course jusqu’en haut des escaliers.
Menacé par ce qui se précipitait dangereusement vers lui sans que ses yeux ne retrouvent la silhouette d’une ombre à peine entrevue, Terrence recula d’un pas avant de faire demi-tour jusqu’à Maira.

« Descendre peut attendre. »

Piégé dans l’obscurité, il passa brusquement sa main sous son aisselle pour l’entraîner avec lui dans l’inconnu. Sa main libre caressait le mur alors qu'il accélérait, les pas arrivant en haut des escaliers en même temps qu’il repérait une porte sur sa gauche. Il s’introduit dans la pièce, lâchant Maira à l’intérieur dans un élan incontrôlé avant de refermer la porte derrière eux et de s’y appuyer.
De nouveau le silence, puis le bruit de l’eau dans laquelle on patauge. Loin et pourtant trop près.
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Mar 22 Sep - 16:03


sympathy for the devil


Partagée entre l'envie de quitter cette maison et de percer son mystère, la journaliste menait un combat intérieur pour éviter de céder à la peur et à la panique. Elle ne se sentait pas en sécurité et mal accompagné, sachant pertinemment que avec Abberline, ça serait chacun pour sa gueule. Il rêvait de se débarrasser d'elle, adversaire redoutable, rival passionné. Le corps tendu, les doigts crispés sur son téléphone portable, la brune regrettait d'avoir accepté ce maudit dossier. Chaque bruits faisaient naître d'horribles sensations et d'angoissants scénarios. Elle essayait de se focaliser sur l'enquête, sur les moments heureux qu'avait vu naître cette maison, mais elle en revenait toujours à la même conclusion — la mort. Combien de personnes étaient décédées en ce lieu ? Elle ne pensait pas qu'aux suicides et aux meurtres, mais aussi aux morts naturelles. Ce manoir suintait les mauvaises énergies, théâtre de trop de tragédies. La froideur et le sang froid de son partenaire la rendait stoïque, se demandant alors si il était capable de ressentir quelque chose d'autre que l'ambition de réussir. « Tu vois, je n'ai pas rêvé. » Ce besoin maladif d'avoir toujours raison, d'humilier l'autre dans sa victoire. Elle ne sentait pas le besoin de répliquer, laissant un instant de côté sa fierté démesurée pour rester concentrée sur le véritable problème. Des coups de feu qui sortaient de l'obscurité de la nuit, l'absence d'électricité et ces bruits morbides. « Tu es certaine de vouloir partir maintenant ? » Elle avait hoché la tête sans ouvrir la bouche, les yeux fixés sur le faisceau lumineux et rassurant de la lampe torche qu'il tenait dans sa main.

Le couloir n'était guère plus accueillant. Le noir, cette moquette imbibée d'eau et le vacarme au rez-de-chaussé ... Quelle idée stupide d'avoir suivi l'enquêteur jusqu'ici. « Fait chier !   » Elle reculait pour s'adosser contre le mur, observant ses escarpins hors de prix baignés dans l'eau trouble sortit de nulle-part. « On fait quoi ? Autre chose que se regarder dans le blanc des yeux. Je te voyais plus courageuse que ça. » Maira releva alors son regard vert sur le second protagoniste et sa remarque déplacée. Dans un autre contexte, elle lui aurait fait regretter ces mots. Un courant d'air froid envahissait le couloir et prenait possession du manoir, regrettant l'abandon de sa veste dans la salle à manger. Elle frotta ses avant-bras tout en répliquant, évasive. « Le courage c'est aussi admettre d'avoir peur ... » L’Écossaise plongea ensuite son nez dans son téléphone qui menaçait de s'éteindre, la batterie descendant dangereusement et étrangement, aucun réseau. « Je t’avoue que je n’ai plus autant envie de rester que tout à l’heure. Mais tu as peur de quoi au juste ? D’eau et de bruits ? Je ne dis pas que tout a une explication scientifique, je suis le premier à penser que ce n’est pas le cas. Je dis seulement qu’aussi inexplicable et effrayant soit ce qu’il se passe ici, ces phénomènes sont mineurs. » Pour une fois elle l'écoutait sérieusement, croisant ses bras contre sa poitrine, essayant de boire ses paroles et de les assimiler à son cerveau. « On est pas les seuls à être venu faire un tour ici. Entre les membres de l’agence et les curieux en quête de sensations fortes, tous sont ressortis indemnes. » Maira acquiesça, elle était un peu plus rassurée après les mots du photographe, mais n'irait jamais lui admettre qu'ils avaient un impact positif sur sa personne.

« Si t’as pas envie de descendre reste ici. » Elle le regarda s'éloigner, abandonnant la brune dans l'obscurité du couloir. Elle n'avait certes pas envie de descendre, mais rester seule était une perspective inenvisageable. Livrée à elle-même, seule avec ses pensées angoissantes, elle restait immobile. Les pas de Terrence semblaient lointain désormais. Elle tenta alors d'appeler Aaron, le besoin d'entendre sa voix rassurante et son rire moqueur. Le téléphone sur l'oreille, aucune tonalité, le smartphone s'éteignit brusquement. « Putain pas ça ... » Elle tapait dessus avec sa main sous l'énervement, réaction idiote. Un bruit de fracas attira son attention, s'avançant alors dans le couloir pour tenter de rejoindre Abberline et quitter une bonne fois pour toute cette horrible maison. Une ombre se dessina au bout du tunnel sans fin, rejointe par un Terrence qui n'avait plus de quoi éclairer leurs chemins dans les ténèbres. « Descendre peut attendre. » C'était si mauvais que ça en bas ? Elle n'eut même pas le temps de poser la question qu'il était déjà en train de la tirer violemment vers l'opposé. Ils s'engouffrèrent dans une pièce, poussée par le photographe à l'intérieur, elle manqua de se casser la gueule.

Piégés en quatre murs sans électricité, cela semblait être la chambre parentale à en juger par le grand lit à baldaquin qui trônait dans un coin. Il était adossé à la porte comme-ci il empêchait quelqu'un d'y entrer. Il faisait froid, étrangement froid pour la saison estivale. « Quelle idée d'avoir perdu la lampe ... » Grogna la journaliste, effrayée. Elle s'approcha alors de la porte pour y poser l'oreille. Ce bruit d'écoulement d'eau insupportable mêlé au silence angoissant rendait l'atmosphère lourde. Maira en profita pour tourner la clé du verrou de la porte. Elle avait même l'impression que les murs se rapprochaient, sentiment d’oppression. « Y'a quoi en bas ? » Elle demandait, hésitante, pas vraiment certaine de vouloir connaître la réponse.

La fenêtre condamnée offrait une faible luminosité à la pièce qu'elle balayait du regard. Une eau noire s’infiltra alors sous la porte, on aurait dit qu'elle tentait d'atteindre les deux enquêteurs. Horrifiée, elle tira Terrence par le bras pour l'obliger à reculer dans le fond de la chambre, la poignée de la porte se mettant à trembler violemment, comme-ci quelqu'un derrière tentait de l'ouvrir. Terrorisée, elle n'avait même pas la force de crier sa peur, tremblante en observant la scène qui sembla durer une éternité avant de s'arrêter brusquement. S'en était trop pour la brune. « Hors de question que je reste une minute de plus ici ! On se casse ! Suis journaliste, pas chasseuse de fantômes. » Le courage qui sonnait plutôt comme de la témérité, la brune se jeta sur la porte qu'elle déverrouilla et ouvrit avec violence. Le couloir était inondé, de nouveau ce silence perturbant. Il n'y avait personne. Son esprit rationnel se demandait alors si toute cette histoire n'était pas une horrible blague du club pour punir les deux enquêteurs qui faisaient chier tout le monde. Un regard à droite puis à gauche, rien à signaler tandis qu'elle faisait signe à Terrence de la suivre. « Je crois qu'on ... » Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une force invisible poussa la brune du champ de vision de Terrence, mangeant le sol humide avec violence. Poussée par l'ombre précédemment vue par le photographe, la pauvre journaliste était dangereusement happée par celle-ci vers les escaliers. Elle criait en tendant ses mains vers le brun pour une aide qui serait la bienvenue, mais la porte de la chambre se refermait déjà sur Terrence. « AIDE-MOI ! » Cracha-elle tandis qu'elle surfait à plat ventre dans le couloir jusqu'à soudainement s'arrêter vers l'escalier. Sonnée, trempée et terrorisée, elle se releva, les genoux tremblants. Tandis qu'elle voyait vaguement une silhouette courir vers elle, la reporter fût poussée une nouvelle fois. Elle dévala avec fracas les escaliers dans des acrobaties non désirées, se cognant contre les marches de bois pour atterrir lourdement sur le premier pallier, sonnée et l'arcade sourcilière ensanglantée.

Quelqu'un ou quelque chose ne voulait décidément pas de la présence des deux enquêteurs dans ce manoir.

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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Ven 25 Sep - 18:24



Sympathy for the devil

« C’est vrai que j’ai fait exprès de la perdre. »

Il levait les yeux au ciel, s’éloignant d’un pas de Maira. Machinalement ses mains se rejoignirent à l’arrière de sa tête. La pression le rassurait et l’apaisait. Elle se voulait facteur des réponses qui viendraient, même si elle n’était qu’un geste fantôme de ce qu’il avait perdu. Curtis l’avait souvent attrapé de cette manière, captant son attention lorsqu’elle menaçait de les éloigner. Ses mains fermement liées autour de son crâne, il lui demandait alors de l’écouter, d’oublier le monde qui les entourait et de cesser sa violence vaine pour se faire pardonner. Tout devenait alors facile. Mais cette facilité ne faisait que retarder ce qui arriverait, et même si elle le protégeait, elle lui permit ensuite de justifier des actes qui n’auraient jamais dû être pardonnés. De bons parents l’auraient su, mais aucun des siens n’avaient jamais appris à en être.

Il y’eut une question, à laquelle il n’avait pas de réponse. Loin désormais de ce qu’il avait vu, sa mémoire se heurtait aux conditionnelles de la réalité. Il y’eut ensuite l’eau, qui les appelait encore et encore comme la sirène dans la brume cherchant à faire s’échouer les bateaux. Comme son chant ne suffisait pas, elle tenta d’ouvrir la porte. Terrence se laissait guider vers le fond de la pièce, raidit par la familiarité de Maira. Il se donnait le droit de la toucher, de la contrôler comme une simple pièce d’échiquier, mais lui interdisait en retour de faire de même. Il aimait sa peur mais se sentait menacé par chaque nouveau geste de sa part. Ils lui donnaient un rôle qu’il n’avait pas et ne voulait avoir. Qu’il s’agisse de celui vers qui l’on se tourne pour retrouver du réconfort, ou celui que l’on manipule comme l’amateur d’un jeu à grande ampleur.

Terrence regarda la rage de Maira avaler la sienne. Ses escarpins étaient peut-être portés par besoin de s’élever, mais ils n’étaient devant lui que les images fragiles de sa condition. Si elle le surpassait en taille, ses chevilles étaient celles d’un cheval, gracieuses et fines, facilement prêtes à fléchir et à se briser.

« Maira ! »

Elle disparut sous ses yeux, flanchant avec moins de grâce qu’il l’aurait imaginé, et se faisant emporter par un mal qu’elle avait bêtement défié. Terrence se précipita vers la porte dans l’intention de l’aider, mais celle-ci se referma devant lui pour l’en empêcher. Aucun verrou d’enclenché et il peinait pourtant à la faire bouger. Ses doigts dérapaient contre le métal de la poignée, tournant le verrou sans que rien ne se passe. Il appuya son front contre le bois humide et froid de la porte, et enserra la poignée avant de la serrer sous la rage. Il détestait ne pas y arriver, surtout lorsqu’il n’était question d’aucune logique. Elle, il l’avait apprivoisée depuis longtemps. Animal en cage, il glissa sa paume contre le chambranle de la porte avant de la remplacer par un poing qui s’abattit en réponse à la chute qu’il avait entendu.

« Ça va ? »

La porte s’ouvrit en réponse, poussée par un vent inexistant. Il se recula pour la laisser s’ouvrir en plein, hésitant alors dans la pièce par peur de subir le même sort que Maira. Il l’imagina morte, et se rassura dans l’idée qu’un seul sacrifice suffirait à apaiser le manoir. Il l’imagina vivante, et comprit alors qu’il devrait l’aider. Un devoir inculqué par un père fort de ce qu’il représentait aux yeux d’un enfant n’étant pas le sien. Un devoir appris dans les livres, tandis qu’il avait choisi le côté de la loi qui le rendrait héro plutôt que coupable.

L’héroïsme s’insuffla en lui pour lui faire retrouver le couloir immergé qu’il avait fui. Ses pieds étaient frigorifiés, si bien qu’il ne sentait plus la douleur du froid ou de l’humidité. Ses pas étaient guidés par son envie d’avancer, mais c’était avec difficultés qu’il parvenait à bouger les orteils. Il marcha lentement, appréhendant chaque nouveau mètre comme la promesse d’une vengeance sans nom. Le calme avait repris ses droits, et lorsqu’il comprit que rien ne l’empêcherait de retrouver Maira, il marcha d’un pas plus assuré, descendant les escaliers jusqu’à la voir allongée. Elle était mise en scène devant lui comme un nouvel acte dans le théâtre des meurtres. Lui se voyait arpenter la scène comme le visiteur intrigué et fasciné qu’il avait toujours été. Debout, il l’enjamba et passa un pied de chaque côté d’elle. Il s’accroupit après quelques instants, la menaçant de son ombre comme il la protégeait de celles du manoir. Il glissa deux doigts jusqu’à sa carotide pour mesurer son pouls. Sentant ses battements de cœur du bout des doigts, Terrence lui sourit vaguement.

« Réveille-toi, aller. »

Il la gratifia de petites gifles cherchant à lui faire reprendre conscience. Sa blessure à l’arcade était superficielle et lui promettrait au mieux un hématome difficile à justifier. Avec la sournoiserie qu’il lui connaissait, elle serait encore capable de reporter la faute sur lui. En attendant, sa chair ouverte et baignée dans le sang lui permettait d’aggraver la réalité de son état. Sentant Maira bouger un peu sous lui, Terrence s’arrêta de maltraiter sa joue pour poser les doigts sur sa blessure. Un geste manquant de douceur, comme à son habitude.

« Bonne nouvelle, tu vas survivre. Essaye de te relever qu’on puisse sortir. T’iras te faire plaindre dehors. »

Il se releva, profitant de la voir sous lui, humiliée par le regard qu’il pouvait lui porter. Une satisfaction dont il n’abusa pas, passant un pied au-dessus d’elle pour la libérer. Il était inquiet et avait peur. Ces excès de violence dont ils étaient la cible, il en connaissait le rythme par ceux qui l’animaient régulièrement. Ils étaient sans origines, prévenant de leur arrivée imminente avant d’imploser sous une déferlante de mots et de gestes. Fiers des débris laissés derrière eux, ils se calmaient jusqu’à la prochaine vague, à jamais affamés de ce qui ne les rassiérait jamais. Terrence subissait le plaisir de les laisser s’exprimer, ainsi que le désarroi de les laisser détruire ce et ceux qui l’entouraient. Il se sentait frissonner comme sous la caresse d’une main froide, et avait pourtant les larmes aux yeux alors que son cœur se serrait sur une vide qu’il se voyait incapable de remplir.

« Jouer avec toi l’a calmé. »

Il était épuisé par le jeu auquel on le faisait jouer de force. Margot l’avait épuisé dans l’irréalité, et c’était aujourd’hui aux fantômes de s’en mêler.

« C'est pas pour rien que je t'avais entraîné dans la chambre. C'était irréfléchi de ta part d'en sortir. Tu pourras me faire une tirade sur ce qu'est le courage pour toi, mais ce que tu as fait n'en était pas. C'était de la peur. »

Il continua, baissant d'un ton pour en effacer les reproches.

« La peur tue et elle les a tous tués. »
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Mar 29 Sep - 23:52


sympathy for the devil


Cette impression d'être abonnée aux emmerdes et à la douleur, de toujours finir au sol quoi qu'il puisse arriver. Maladroite, gaffeuse ou tout simplement maudite ? Elle s'interrogeait après avoir déballée les marches en bois, poussée par ce qui semblait être un fantôme. La vue troublée et les articulations douloureuses, elle se complaisait dans sa propre douleur, ne voulant pas bouger, prête à lâcher prise. Il était tellement plus facile d'abandonner que de se battre, de rester couché au lieu de se relever. Peut-être que ce monde étrange n'était pas fait pour elle, le paranormal était dangereux et imprévisible, impossible à contrôler. Le regard qui s'envola vers le haut des escaliers où elle put distinguer une ombre étrange, malfaisante et néfaste. Elle jura avoir entendu son rire perfide et moqueur avant de sombrer dans l'inconscience.

Une voix lointaine l'appelait, sentant une caresse sur sa joue se transformer ensuite en une sensation de brûlure désagréable. Les yeux fermés elle ne risquait rien, voir rendait les choses réelles, les paupières closent elle se sentait en sécurité. « Réveille-toi, aller. » Désorientée, la voix de son partenaire la ramena dans la réalité monstrueuse dans laquelle ils se trouvaient. Sa tête tournait, ses muscles souffraient et un liquide chaud coulait de son sourcil. Une œil s'ouvrit alors doucement suivit du deuxième. Le regard plissé sur un Terrence accroupit au-dessus d'elle, elle fût rassurée de le voir, mais pas vraiment prête à partager cette pensée avec lui. Il ne s'était pas sauvé comme elle l'avait pensé en entrant dans ce manoir. Il était là, touchant alors sa blessure qui provoqua une douleur aiguë chez la journaliste qui frappa aussitôt la main du photographe en guise de protestation — elle allait bien. « Aïe ! » Sa tête tournait, pas vraiment motivée à se redresser pour le moment. « Bonne nouvelle, tu vas survivre. Essaye de te relever qu’on puisse sortir. T’iras te faire plaindre dehors. » Il se releva tandis qu'elle poussait quelques plaintes de douleur en tentant de bouger. Ses vêtements étaient trempés après avoir surfer sur la moquette inondée. Son chemisier blanc dévoilait alors son soutien-gorge par transparence et il lui manquait une chaussure. Il dominait l'écossaise, debout, elle à ses pieds comme une pauvre victime, il devait adorer ça.

Adossée contre le mur, elle retirait son deuxième escarpin pour y vider l'eau infiltrée. Un regard triste pour ses chaussures préférées désormais foutues. Son apparence était désastreuse, trempée et les cheveux en bataille, elle semblait s'être prise une tempête sur la gueule. Le manoir retrouvait alors son calme, les bruits et les apparitions n'étant que des cauchemars lointain pour le moment. « Jouer avec toi l’a calmé. » Si seulement ... Elle récupéra son téléphone sur une marche qui avait survécu à la chute, un soupir de soulagement. « C'est pas pour rien que je t'avais entraîné dans la chambre. C'était irréfléchi de ta part d'en sortir. Tu pourras me faire une tirade sur ce qu'est le courage pour toi, mais ce que tu as fait n'en était pas. C'était de la peur. » La journaliste blessée et abattue n'avait pas le force et encore moins le courage d’entamer une joute verbale avec son collègue, encore sous le choque. Elle prenait alors ses reproches en se relevant enfin avec l'aide de la rampe en bois, posant un regard désolé et triste sur Terrence. « La peur tue et elle les a tous tués. » Elle jeta alors un dernier regard vers l'étage, pas prête d'y retourner ... L'exploration s'achevait, ils en avaient assez vu.

Maira posa alors le pied sur une des marches et grimaça face une douleur qui se réveillait sur sa cheville. « Désolé ... Au moins on est sorti de cette pièce ... Faut voir le positif. » Une fois dans le hall, elle retrouva le salon en boitant, escarpins en main qu'elle rangeait alors dans son sac à main abandonné plus tôt sur la grande table. Les lumières se rallumèrent comme par magie en même temps que la porte d'entrée qui s'ouvrait avec violence. Elle sursauta, observant le miroir de la salle à manger se briser. « Je crois qu'on nous invite poliment à dégager ... » Le vent surnaturel balaya alors la table qui contenait le dossier éparpillé de la maison dans un tourbillon de feuilles et d'encres. Son abondante chevelure prise dans la bourrasque, elle sauva le maximum d'information qu'elle rangea dans son sac avant de se diriger rapidement vers l'extérieur, ralenti par sa cheville handicapée.

Elle respirait enfin, le sentiment d’oppression disparût pour laisser place à la sécurité et la vue rassurante de la voiture du photographe. Elle retrouva l'automobile en jetant un dernier regard vers une des fenêtres de l'étage où deux silhouettes fantomatiques observaient les deux investigateurs, dressées dans l'ombre. Un frisson figea alors la journaliste qui posa ses iris vertes sur Terrence. « C'est toi ou moi qui va devoir expliquer à l'agent immobilier que la maison est squatté par des locataires récalcitrants ? » L'humour déguisé pour cacher sa propre peur tandis qu'elle glissait une cigarette entre ses lèvres, la main tremblante. Le reflet que lui renvoyait la vitre fit pousser un soupir à la brune. « Tin' de poltergeist à la con ! Je passe dans American Morning demain matin ! » Elle se voyait déjà expliqué sa blessure superficielle aux patrons de CNN. Les lumières de la maison sautèrent à nouveau sous le regard des deux enquêteurs, le vacarme recommençait et cette fois-ci ils étaient plus les protagonistes, mais les spectateurs. « Franchement j'ai besoin d'un verre ... Si on mettait nos rancœurs de côté pour la soirée ? Si tu veux pas je comprendrai ... » Faible sourire sincère. Elle avait l'air fatiguée, blessée par un fantôme et épuisée par la rivalité qui unissait les deux trentenaires. Sa demande était calme, son masque de froideur envolé pour laisser place à la vraie Maira, une fille simple et blasée. Elle s'engouffra alors dans la voiture en attendant que Terrence choisisse la destination. Tout dépendait de sa décision et de ses envies.

© TITANIA
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MessageSujet: Re: sympathy for the devil {Abberline}   Ven 2 Oct - 1:11



Sympathy for the devil

Elle avait les chevilles lourdes, trainant la souffrance physique et morale de son être à ses pieds comme un fardeau. Terrence la regardait marcher sans ses talons, piédestal absent qui la remettait à sa hauteur. Il la trouva fragile. De cette fragilité qui déçoit plus qu’elle n’apitoie. Elle était bancale sur ses jambes et le spectacle ne lui arrachait aucun regard compatissant. Parce qu’il avait choisi de la haïr à défaut de l’aimer, et que les spectacles dont il se satisfaisait étaient tels, qu’ils rendaient le sang et la souffrance aussi banales que la notion même d’existence. Elle pourrait le blâmer un jour d’avoir jeté son dévolu sur elle sans plus justifiable raison que de la voir comme une rivale. Le rôle qu’il lui avait attribué malgré elle, avait pourtant une importance qu’elle serait certainement incapable de comprendre, lui-même ayant parfois du mal à l’expliquer.
Il la suivit à l’extérieur, emprunt malgré lui à des frissons qui n’avaient rien d’agréables. Des frissons de peur, comme si quitter le lieu lui autorisait à présent à l’exprimer. Et pour cela dans son dos, des milliers d’insectes parcourant sa moelle épinière jusqu’à lui faire courber l’échine. Il resta derrière elle pour se saisir des feuilles éparses qu’elle n’avait pu recueillir et s’échappa de ce lieu devenu le théâtre d’horreurs qui rapporteraient gros. Sa question le fit sourire intérieurement. Elle lui rappelait que son travail ne valait rien ici, et que chaque nouvelle réponse se transformerait en un zéro de plus sur le montant total de la vente du manoir. Un jeu auquel il refusait de participer entièrement, et qu’il se contenterait d’ignorer derrière un homme qu’il respectait.

« Ni l’un ni l’autre. Le "grand patron" se débrouillera seul. Il est mieux placé que nous pour leur lécher les bottes. »

Terrence croisa le reflet de Maira dans la vitre de la voiture. Ses remarques peintes d’autodérision l’empêchait le plus souvent de sourire, même si elles contribuaient sans qu’il ne se l’avoue, à rendre l’atmosphère moins pesante. Il n’avait jamais été amené à considérer ses qualités et à les apprécier. Il s’était seulement attelé à voir en elles des menaces portant atteinte à son intégrité, qu’elle ait été professionnelle ou inhérente au Fairness Club. S’ils avaient été amenés à marcher sur des plates-bandes différentes, peut-être se seraient-ils entendus. Comme il le faisait avec Jezebel, qui à la place où elle se juchait, lui conférait une alliée plutôt qu’une adversaire.

Le manoir se déchirait de l’intérieur, désormais seul, et Terrence ne pût que partager le silence qui les liait lui et Maira à ce monde dévoilé. Les bruits devenaient une mélodie gutturale que l’on chantait comme un appel à l’aide, et cela faisait maintenant des années qu’il n’y avait plus personne à aider. Hormis Maira ce soir-là.
Si tu veux pas je comprendrai.
Une de ces formulations devant laquelle il pestait avec la même ardeur qu’il employait contre la fausse modestie. Elle le déchargeait de toute culpabilité, acceptant la place qu’elle avait pour lui. Mais comme il était trop beau pour y croire, son regard le suppliait d’accepter, comme la force d’un condamné à se saisir de son dernier souffle.
Il hésita et prit place dans la voiture, caressant le volant avant d’emprisonner son visage au creux de ses mains. Là où l’obscurité était la sienne et où il échappait à l’indiscrétion portée sur lui par le monde. De nouveau sous le jugement de ce dernier, il réussit à inspirer avant de répondre sous la précipitation de l’air cherchant à s’extraire.

« Si tu veux. »

La seule approbation qu’il lui ait été donné d’accorder. Sans justification, aucune, car il n’en avait pas. Il ne partageait son envie, mais se devait d’être redevable de la satisfaction qu’il ressentait devant les humiliations répétées de sa rivale.

C’est avec cette facilité qu’ils échappèrent au manoir. Dans le rétroviseur il devint rapidement à l’échelle des miniatures de villes, si petites et vides que l’on s’en saisissait à l’aide d’une main, s’appropriant immeubles et trottoirs comme s’il s’agissait là d’un pouvoir. Terrence crut un instant pouvoir s’en saisir et l’emporter dans sa poche comme un secret de plus. Mais lorsqu’il eut la sensation d’y arriver, il prit conscience que ses doigts n’avaient pas lâchés le volant. Il n’avait d’autre choix que de laisser derrière lui cette énigme encouragée par des hommes en costumes et des femmes aux jupes crayons peu scrupuleux. Leur place à eux était plus loin, dans les entrailles d’une ville dont les rues s’entremêlaient jusqu’à les piéger dans leur cage.
Terrence longea l’artère principale de L.A., continuant jusqu’à se sentir étouffé et protégé par les pilonnes de béton que l’on avait entassés sur les terres comme une croûte qui ne cicatriserait jamais. Il était tard et les bars encore ouverts s’exhibaient aux passants avec toute la vulgarité incandescente de leurs néons. C’était le verre qu’il imaginait souhaité. Sombre et fiévreux comme la plupart des habitués des lieux. Là où il n’aurait jamais sa place, comme à tant d’endroits.

« Je sais pas si c’est une bonne idée finalement. J’ai le pantalon trempé jusqu’aux genoux, les chaussures gorgées d’eau, et j’ai pas envie de me ramener sur d’éventuelles scènes de crime dans cet état. »

La voiture arrêtée sur le bas-côté, il avait remis le contact pour les laisser profiter de l’éclairage rudimentaire installé à l’intérieur du véhicule. Sans le moteur pour combler le silence entre leurs phrases, il ne restait plus que les rires écorchés d’un groupe de femmes à l’entrée du pub.
Il avait envie d’une douche plus que d’un verre. D’un café aussi, peut-être.

« Puis tu comptes sortir comme ça ? »

Il baissait les yeux sur son chemisier encore détrempé. Le tissu plaqué sur la peau, elle semblait être recouverte d’une enveloppe charnelle effritée n’attendant qu’à être décollée. Trop facilement il s’imagina lui enlever, la chemise plaquée contre sa poitrine comme le sac plastique sur le visage d’une victime. Il s’imagina coucher avec elle, et se rendit à l’évidence qu’il ne pourrait le faire sans colère. La simple idée contractant ses phalanges à leurs extrémités.

« T’as rien d’autre à faire le soir ? »

Il semblait lui reprocher d’être là, et en donnait, sans le savoir, l’impression volontairement. Qu’il ne fut pas ici une envie d’en apprendre plus sur elle, mais un besoin de comprendre ce qu’elle attendait d'eux.
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sympathy for the devil {Abberline}

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