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 It's a small small world... - Terrence

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MessageSujet: It's a small small world... - Terrence   Jeu 24 Sep - 23:10


A small world after all
ft. Terrence & Margot



« It's a world of laughter, a world of tears
It's a world of hopes and a world of fears »

Elle respirait un peu trop fort, les joues rouges, les jambes en feu. Depuis quelques minutes, Margot avait abandonné ses chaussures à talons et allait pieds nus, préférant sacrifier un collant au reste. A bout de souffle, la jeune femme cru vomir ou s'écrouler. Elle hoqueta, malade de chaque bruit trop fort, le cœur au bord des lèvres. Trouillarde, elle l'était un peu et oui les films d'horreur la faisaient sursauter., oui elle y repensait parfois le soir en éteignant la lumière lorsque les souvenirs de monstres et de fantômes revenaient... Mais après ? La jeune femme savait ce qu'était un rêve, même avec la frontière ténues des Limbes, elle aimait ces peurs là parce qu'irrationnelles et ne pensait pas changer d'avis dessus...

Aujourd'hui, c'était différent évidemment. Il fallait toujours que les choses changent, évoluent, comme le regard échangé avec Terrence ce matin là par dessus leurs gobelets de café. Désormais entre eux, l'ombre d'un fusil, d'un coup qui aurait pu partir, et parfois on en oubliait deux mains refusant de se lâcher. Les Limbes ne les avaient pas rapproché, pas vraiment. Pourtant ils se comprenaient un peu plus parfois, et Margot apprenait à l'accepter sans plus le fuir désormais. Deux orphelins des sentiments n'attendant rien de l'autre sinon un regard peut-être pour mieux avancer, quelque chose entre le beau et le tragique....  Il l'avait mis en retard à son stage ce matin, une main agrippée à son poignet, elle n'avait même pas tremblé. De force, l'homme lui avait fait accepter une chemise en carton, dedans un dossier peu épais, mas monté avec soin. Un homme, photographie en noir et blanc, regard fixe qui aurait pu être triste mais ne semblait que vide. A demi mots entre quelques gorgées de café, le sien et celui de Margot qu'elle ne buvait pas, Terrence lui avait ordonné de le suivre dans une filature discrète.
Des soupçons sur une vieille affaire, quelque chose de nébuleux, et la jeune femme avait comprit sans mal qu'il lui mentait après quelques minutes. Il la regardait droit dans les yeux pourtant, comme si cela avait quelque chose d'important, alors rien que pour cela Margot lui obéit. Idiot pas vrai ? Mais elle savait devoir se racheter auprès de Terrence, elle-même se conduisait mal face à lui, trop sauvage, trop violente. Elle avait bien failli le perdre, dans les Limbes, l'emmener trop loin pour son propre bien...

Alors, une fois la journée de travail terminée, oui Margot avait obéit. Grâce aux infos données, elle retrouva la cible sans le moindre mal. L'homme ne s'aperçut pas une seule fois qu'une rouquine le suivait sans trop de difficultés. Evidemment, Margot pensait à Maira, elle connaissait peu l'autre femme mais le récit des mésaventures que lui causait Terrence, revenait souvent. Et elle, lui jouait-on une quelconque farce de mauvais goût ? Quel était le but, l'humiliation ? Margot elle-même ne saurait comment elle y réagirait...  Il y avait bien quelque chose à expier pourtant, car en fermant les yeux elle revoyait le fusil pointé vers Terrence. Parfois, elle s'imaginait avoir tiré...

Quelques bus, deux ou trois correspondances et ils quittaient Los Angeles à présent. S'en suivit une marche longue de quelques minutes dans le soir qui tombait, elle avait ramené sa capuche sur ses mèches rousses en batailles désormais. L'homme ne remarquait toujours rien, calme, innocent peut-être. Le rythme de ses pas était une cadence régulière presque comme un battement de cœur, Margot se demanda un instant si elle ne succomberait pas à l'envie de le tuer. Il y avait un couteau dans sa poche, et parfois l'envie de sang la prenait sans qu'elle ne puisse y comprendre grand chose. Terrence saurait tout de suite évidemment, est-ce qu'il la dénoncerait ? Cela vaudrait presque le coup d'essayer....
L'homme franchit un grillage, sifflotant l'air d'une chanson à la mode que Margot sentait rentrer dans sa tête. Il alla s'enfermer dans un préfabriqué avant d'en ressortir, vêtu en veilleur de nuit. Alors seulement, la jeune femme prit conscience du lieu, elle cachée dans l'ombre, l'ayant suivit alors même qu'il semblait oublier de refermer chaque porte derrière lui : Disneyland.
Quelle cruche, bien sûr qu'il bossait là, c'était marqué noir sur blanc dans le dossier ! Un dossier qu'elle n'avait pas lu complètement, retenant juste que Terrence lui avait confié une mission -aussi factice soit-elle- et que, s'il était son ami alors elle devait obéir. Des amis, elle n'en avait pas beaucoup, pas du tout même. Alors les garder, savoir quoi faire pour ne pas les décevoir...Margot savait pas tout simplement. Elle avait foncé dans ce mensonge, effrontée, désespérée presque.... Et maintenant elle allait passer la nuit ici, se voyant mal retrouver le gardien de nuit pour lui demander de lui rouvrir la porte. L'homme n'aurait aucun mal à retrouver en elle la personne toujours aperçue du coin de l'oeil qui l'avait suivi depuis le départ de son appartement... Et là, Margot n'aurait aucune explication à donner.

Elle avait pensé passer une nuit tranquille, froide peut-être un peu mais sans plus. Au lieu de cela, la jeune femme s'était avancée dans le parc. Elle levait les yeux de temps à autres jusqu'aux caméras de sécurité, mais aucun voyant ne brillait dans la nuit. Quelque chose les avait toutes éteintes, la jeune femme ne s'en inquiéta pas. Ce n'était pas les Limbes ici, juste le monde réel. Mais la nuit s'épaississait pourtant, et quelque chose murmurait à son oreille. Alors oui, elle s'était mise à courir jusqu'à abandonner ses chaussures, écorchant son collant sur les petits pavés des chemins divers. De temps en temps, un léger sanglot lui coupait encore plus le souffle. Terrorisée, Margot envoya un sms à Terrence, le suppliant de venir. Elle ne voulait pas l'appeler, peur d'entendre une voix autre que celle du jeune homme, une voix peut être proche, trop proche....
De temps en temps, une main dans ses cheveux, peu importe jusqu'où elle fuyait. Et peut-être n'était-ce que son imagination, mais Margot avait peur. Epuisée, à bout de tout, elle se recroquevilla sur un banc, incapable de fuir plus longtemps....

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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Lun 28 Sep - 12:24



It's a small small world

La voiture était garée sur le bas-côté de la route, attendant une décision au son du moteur en marche et des ondes radios mal coordonnées sifflant dans leur boite. Une fusillade avait eu lieu à Crenshaw et le temps qu’il perdait se comptait en secondes précieuses. Les renforts arriveraient à destination sous peu, lui promettant, s’il se dépêchait et les devançait, un spectacle qui rentabiliserait certainement sa semaine. Margot avait choisi son moment et il lui en voulait. Il lui en voulait d’avoir besoin de lui à ce moment-là, et lui en voulait également d’être devenue en une seule nuit, l’ombre menaçante et fragile qui semblait chaque fois le supplier du regard. Une rancœur née d’un monde auquel ils avaient clandestinement appartenu, et qui agissait dans la réalité comme le poison de leur relation. Terrence avait accepté les aspects rêvés de Margot, comme l’on accepte les règles d’un jeu. Aujourd’hui retenus dans leur réalité, il en venait à oublier ce qu’elle devait être pour lui.
Ce dossier, il lui avait tendu comme une échappatoire à ce qui pesait entre eux. Une façon bancale de leur offrir un monde imaginaire qu’ils contrôleraient. L’homme était sorti de nulle part, cible aléatoire d’une arme chargée à blanc. Le dossier n’était que quelques pages rédigées et assemblées avant d’aller dormir. Margot, une amie qu’il avait un peu plus de mal à nommer ainsi. Il l’avait appréciée pour ce qu’elle lui avait apporté avec facilité, et s’en était épris à sa manière. Yevon effacé du tableau, et son regard derrière le viseur pointé sur lui, Terrence sentait son affection pour elle s’effriter. Il supportait difficilement de voir encore dans ses yeux l’hésitation. Non pas par peur, mais par agacement. Il la regrettait parfois autre, lorsqu’elle n’était que l’étrangère à qui il souriait et qu’il n’avait pas à partager avec elle les méandres de leurs faiblesses. Il continuait pourtant de la voir, raccroché mystérieusement à elle. Parce qu’en dépit de tout, elle semblait être la seule à l’accepter tel qu’il pouvait être. Trop jeune peut-être pour qu’elle ait un regard différent sur lui, ou bien trop coupable déjà pour le condamner lui. Il l’ignorait, autant qu’il ignorait la finalité même de ses actes lorsqu’il avait monté ce dossier de toutes pièces. Il l’espérait complice d’un jeu dont il n’avait pas partagé les règles, et tout autant adversaire pour que la colère qui perlait trop souvent en lui, ait quelqu’un à qui s’en remettre.

Mais il ne s’était pas imaginé devoir la ramasser à la pelle dans le rôle de celui qu’il n’était pas, à un moment qu’il n’avait pas. Pour autant coupable des conséquences de cette farce, il éteignit la radio et la jeta avec violence sur la banquette arrière. Il laissa tomber son téléphone sur le siège passager, choisissant Margot au travail. Elle avait au moins gardé cette place privilégiée.

Sur la route, en recouvrant son calme, il lui avait demandé d’attendre son arrivée. S’il se dépêchait il pourrait la ramener et lui promettre de lui accorder plus de temps la prochaine fois. Seulement le parc était loin et les lumières éteintes qui l’accueillir lui firent prendre conscience au fond de lui qu’il ne partirait pas tout de suite. Les grilles fermées, Terrence tenta de contacter le personnel du Parc, se demandant comment elle avait fait pour passer inaperçu après la fermeture. N’obtenant aucune réponse, il arpenta un long moment les façades du Parc d’attractions, se faufilant par une entrée secondaire qui étrangement était ouverte.
L’intérieur était aussi désert que ce qu’il avait laissé paraître de la route. Alors que l’on comptait les recettes du Parc en milliards de dollars, il semblait ce soir n’être que le spectre délaissé d’une fête foraine passée. Avant cette nuit, Terrence n’y avait jamais mis les pieds. L’occasion ne s’était pas présentée, et il n’avait jamais été friand de cet amusement auquel on ne l’avait pas initié. La faute à des parents ayant laissé derrière eux leur enfance. Curtis parce qu’il l’avait oubliée avec les années, Macy parce qu’on lui avait demandé trop tôt de s’en détacher. Endosser sans le vouloir le rôle de parents, leur avait certes rendu un peu de leur insouciance, sans jamais leur rendre leur propre enfance.

Terrence arpenta le Parc de longues minutes, tentant de contacter Margot en vain. Il lui faudrait une nuit entière pour parvenir à la retrouver à l’aveugle comme il le faisait. Impatient et en même temps inquiet de la solitude dans laquelle il se plongeait, il retrouva les locaux des gardiens de nuit avec l’espoir d’obtenir leur aide. Lorsqu’il pénétra dans une pièce éclairée et vide, il se sentit étonné sans réellement l'être. Comme s’il s’était douté de son présent constat. La cause peut-être des portes déverrouillées ou de l’absence de gardiens pour l’arrêter. A l’intérieur de la petite salle, les écrans étaient brouillés. S’assurant d’être seul, il appuya sur quelques boutons au hasard pour récupérer les images, sans succès. Il s’assit dans un des fauteuils, massant son front sous sa paume de main tandis qu’il serrait dans l’autre son téléphone. Un manège de quelques secondes qui se rouvrit en même temps que ses yeux sur les images dupliquées de Margot. Abasourdi par cette aide venue de nulle part, il resta un instant là en train de fixer les écrans. D’abord parce qu’il eut du mal à croire en la silhouette recroquevillée sur le banc, et ensuite parce qu’il se sentit happé par le pouvoir donné par ces écrans. Il aurait pu rester des heures à l’observer, comme le voyeur qu’il était. Il se décida pourtant à la rejoindre, fuyant alors ce qu’il ne pourrait fuir.


« Comment tu as fait pour arriver jusque-là ? »

Il s’était approché d’elle d’un pas lent, de peur d’interrompre ce qui n’attendait qu’à être interrompu. Aucune excuse, ni aucune explication, il se contenterait juste de froncer les sourcils devant ce qu’il avait fait d’elle. Loin de la complicité et de la colère, elle était à nouveau la main frêle demandant la sienne. Seulement ses mains à lui étaient glissées dans les poches de sa veste.
Il posa les yeux sur ses jambes et sur les collants déchirés qui tenaient à ses pieds.

« Remets tes chaussures on s’en va. »

Il hésita et recula, se protégeant de la rancœur qu’il lui imaginait, et lui offrant comme seule réponse à son mensonge, une forme de justification mêlée d’admiration et d’incompréhension.

« Je ne pensais pas que tu irais aussi loin. »
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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Jeu 1 Oct - 16:48


A small world after all
ft. Terrence & Margot



« It's a world of laughter, a world of tears
It's a world of hopes and a world of fears »

Il était venu, sans doutes déjà prêt à la détester. Et Margot observa son dos en silence, le cœur un peu froid. Parce qu'elle devait parler, faire quelque chose, mais que de longues secondes s'écoulèrent pourtant. Elle n'avait pas envie, dans les Limbes elle aurait pu, prêt à tout accepter des règles et des folies, mais c'était le monde réel ici. Pourtant il le fallait...

 « A qui parles-tu ? Je suis là, juste derrière toi »

Blottie sur un banc oui, tandis que Terrence en observait un autre. Une autre ombre, une autre ferme, une illusion peut-être, et en fermant les yeux ils pourraient jouer la comédie, faire comme si rien de tout cela n'arrivait. Un banc vide, pas vrai ? Vide, oui ça y est il l'était, et l'homme la regardait elle, le double, la vraie. Des collants toujours déchirés, des chaussures qu'elle se força à chausser. Margot n'était même pas en colère, la jeune femme se savait en tord. Alors elle écouta les questions de Terrence, la colère sous-jacente, comme un feu de mine qui brûle, qui fume mais reste invisible. Il aurait du être ailleurs ce soire, parce qu'il avait une vie, lui. Ca avait été injuste de le faire venir, et pour un instant Margot chercha à s'excuser pour son cœur égoïste. Elle ne trouvait pas les mots évidemment, pourtant habituée à se faire accuser, à accepter. Mais rien ne venait, alors la jeune femme tâcha de répondre simplement, elle n'avait rien d'autre à faire.

[colo=olive] « Je ne sais pas... Je l'ai suivi, il y avait une porte dans le grillage et lui, il était juste devant, je ne comprenais même pas où j'étais. Et puis il n'était plus là, la porte non plus. J'ai peut-être marché un peu trop vite sans regarder où j'allais, alors j'ai essayé de le retrouver lui mais impossible. »[/color]

Elle omettait la peur, elle omettait sa propre course pour échapper aux ombres, et la terreur de ce qui s'ensuivit après. Elle ne parla pas non plus du banc, de l'illusion à laquelle Terrence avait cru parler, parce que cela était de l'ordre des sentiments, des ressentis. Ce n'était pas ce que l'homme demandait, ce n'était pas ce qu'il voulait.
Et puis, prise en faite à nouveau peut-être, Margot baissa les yeux. Terrence était une figure d'autorité, sans doute la seule qu'il lui restait. Elle ne lui demandait rien bien sûr, n'en attendait pas plus, mais l'homme avait un ascendant sur elle, sur le monstre qu'il devinait peut-être.

 « Hé bien... tu m'avais demandé de le faire, non ? Même si c'était pour de faux. Ou bien se moquer comme ce que disent les gens sur toi et la journaliste. Seulement tu avais envie que je le fasse, je suppose que ça n'aurait pas été correct de refuser » 

Etrange mécanisme poussant Margot à se mettre en tort elle, plutôt que lui. Quelque chose d'ancré dans sa manière d'être, elle la coupable, elle la fautive. Il y avait une tâche sur son âme, de son cœur jusqu'à son humanité, alors la jeune femme en aurait toujours à payer le prix.

 « Désolé si je t'ai déçu, j'ai voulu faire de mon mieux... »

Petite fille un peu trop petite, on aurait pu croire à des secrets d'éternités dans ses yeux. Elle tremblait de froid, préférant cela à la peur, s'en rassurant, s'en délectant peut-être. Elle détestait la voix de Terrence là comme ça, dans le noir. Ca déchirait la nuit sans couleur, sans pardon, et comment savoir si les mots étaient ceux d'un ami pour de bon ?
Ils auraient du faire quelque chose, bien sûr. Pour elle, s'accrocher à sa manche plutôt que sa main, mais il n'y avait que les regards lourds et pesants. Pourtant il était là, non ? Elle-même, elle ne parlait pas, l'autorisant à tout peut-être. Se moquer, partir, l'insulter, qu'importe ? On ne lui avait appris que cela, être dominée, alors oui Terrence possédait la personnalité assez forte pour se faire obéir d'elle. Tant pis s'il ne le savait pas, il n'y avait pas grand chose à deviner. Deux chiens perdus, deux chiens errants voilà tout...

Une lumière s'alluma alors sur un de ces petits chariots à pop corn un peu plus loin, ceux se baladant dans tout le parc pour vendre leur marchandise le même prix qu'un rein au marché noir. Une odeur de beurre fondue, une lumière mais rien de plus qu'eux, à l'image des derniers hommes sur Terre.

 « Tu sais par où on doit repartir, pas vrai ? »

Alors seulement, la pluie se mit à tomber.

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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Ven 2 Oct - 21:45



It's a small small world

Quoi ?
Ses lèvres avaient bougé, mais aucun son n’en était sorti. Comme s’il savait au fond de lui qu’il n’avait pas le droit à cette question. La voix dans son dos avait soufflé un vent froid dans sa nuque, le privant de chaque repère qu’il avait fait sien. Lorsqu’il se retourna vers elle, il sentit la vérité le blesser au cœur. Là où son corps commençait et où il s’arrêterait. On lui rendait toute sa fragilité et il eut cette fois plus de mal à l’effacer. Son regard soutint celui de Margot, avant de se porter vers le banc qu’il avait quitté. La bouche entrouverte il cherchait les mots qui lui manquaient. Mais ceux de Margot s’étaient habilement chargés de les remplacer. Dans l’obscurité elle paraissait moins réelle, et il parvenait néanmoins à deviner chaque grimace déformant son visage. Il ne la touchait pas mais sentait sous ses doigts l’aspect cotonneux de ses cernes et les tranchées fines irriguées par les larmes qu’elle avait versées toutes ces années. Il se força à la regarder dans les yeux et à accepter ses mots comme les réponses qu’il se devait d’écouter en ayant tout d'abord espéré ne jamais y être obligé.

Dans les poches de sa veste, ses mains s’agrippaient à sa propre chair, et s’il l’avait mise à nue, sans doute ses ongles l’aurait-il tranchée jusqu’au sang. Mais sous les couches de vêtements, ses griffures n’étaient plus que les pressions sauvages de son incapacité à lui répondre. Alors il lui sourit, forcé de la rassurer sans mots. Et ce sourire le dégoûta par son incapacité à se rendre sincère, ou assez hypocrite pour que lui-même puisse y croire. Derrière lui le banc vide qu’il avait fui du regard, et devant eux le début d’un battement de cœur d’enfant sous la lueur d’un chariot à bonbons.

« C’est parfait. »

A quoi il répondait, ça il ne le savait pas. A elle, lorsqu’elle n’attendait qu’une phrase de sa part rendant grâce à ses actes. Ou à lui, en se félicitant ironiquement de s’être mis dans cette situation.

« Je préférerais qu'on parle de ça plus tard et qu'on s'en aille. »

Il ne bougeait pas et observait le popcorn sous scellé. Il savait chaque prochain geste sujet à tout faire déraper. Si bien que tous ses muscles se tendaient dans l’attente d’en avoir assez. Ils le rendaient immobile alors que chacune de ses envies tendait à la briser elle.

« Je n’en sais rien Margot. On va retourner sur mes pas. »

Loin des fantômes et des lumières. Il espérait ainsi échapper au plus vite à ce qui tentait de s’agripper à eux. Mais ses épaules étaient déjà lourdes et douloureuses, le mal s’appuyant dessus de tout son poids. Terrence tourna le dos à Margot, échappant aux conversations qu’elle déployait en demandant des vérités qu’il connaissait à peine. Mais tout le sérieux qu’elle y mettait lui laissait croire qu’elle ne les méritait pas. Si bien qu’il se laissa accuser de la moquerie qu’elle avait mentionnée. Au même titre qu’elle s’était permise de l’analyser avec toute la finesse des ragots racontés, mentionnant Maira sans qu’il ne l’ai invitée à se dresser entre eux. Il comprenait mal ce qu’il ressentait pour elle, et plus largement pour eux. Son amour était entaché depuis longtemps. Lorsqu’il regardait la souffrance s’emparer de ceux qu’il aimait sans empathie. Lorsqu’il regrettait que ce ne soit pas sa mère qui soit partie la première.
C’est moi qui aurais dû partir
Il avait cru ce secret gardé, jusqu’à ce qu’elle ne passe ses bras autour de son visage et ne souffle dans ses cheveux cette simple phrase. Il n’avait rien répondu, sachant ses mots aussi sincères qu’ils ne demandaient rien. Car il ne s’agissait pas là de culpabiliser sur une mort que rien n’aurait pu changer, mais d’accepter l’évidence même que son fils n’avait pas autant besoin d’elle qu’il avait besoin de ce père. Déchirée par ses souhaits, elle s’était détachée de lui, glissant ses doigts de son oreille à sa gorge, jusqu’à ce que l’impact de ses mots ne cesse.

La pluie le purgea de la violence imminente qu’il retenait. Elle était chaude et laissait dégager une odeur de poussière lorsqu’elle reposait sur le sol. Terrence leva la tête vers le ciel, appréciant l’eau comme l’animal que l’on avait fait grandir sous l’air sec de Phoenix. Il marcha jusqu’à ce que la pluie ne les arrête, trop forte désormais pour espérer faire avec.

« Il faut qu’on s’abrite. »

Toute leur défaite à avancer se voulait cause de la pluie. Parce qu’il était facile de l’inculper elle, et au contraire difficile de s’avouer être perdu. D’un regard il demanda à Margot d’accélérer. Il chercha ensuite un abri avant d’apercevoir une lueur devant eux. La lueur d’un phare qui déteint dans la nuit. Il s’en approcha, happé par l’espoir qu’elle faisait naître, avant de s’immobiliser en reconnaissant le chariot à pop-corns qu’ils avaient cru laisser derrière eux. Les bancs étaient là eux aussi, rendant feintes toutes ses tentatives pour fuir.

« C’est une blague ? »

Il se refusait à regarder Margot, conscient qu’elle ne réussirait qu’à aggraver le vide qui se créait en lui. L’extérieur était menaçant, et la nuit aussi, alors dans une dernière tentative il la tira par le vêtement jusque dans le cinéma à leur droite.
Le hall était vide mais exempt de pluie. Il frictionna ses mains l’une contre l’autre, chassant d’un coup de manche l’eau qui perlait sur son front.

« Je comprends pas que tout soit ouvert. Et qu’il n’y ait personne. »

Il préférait parler dans le vide à défaut de parler d’eux, et plus justement de lui. Un manège qui s’était mis en place depuis cette nuit-là où ils avaient survécus. Pas d’une mort que l’on croit sans retour, mais d’actes qui les avaient ouverts malgré eux l’un à l’autre. A leur réveil Margot s’était enfuie, et avait emmené avec elle les dernières traces de leur rêve. Il était devenu un interdit, comme s’ils s’étaient promis silencieusement de l’oublier. Mais il avait son importance, plus qu’ils se l’étaient imaginés.
Sa voix résonna derrière une porte, seule une faible lumière se glissant sous elle. La lumière blanche et vivante d’un film. Oubliant Margot il s’en approcha et entra dans la salle de cinéma. Sur l’écran, la seule image d’eux par-delà la fenêtre extérieur du hall. Dans ce film ils entraient à nouveau, répétant des gestes qu’ils s’étaient déjà vu faire, de la friction des mains de Terrence à la manche portée comme pour panser une plaie, jusqu’à ses derniers mots qui les ramenaient plus tôt sous la pluie. Le tout sous l'objectif de ce cameraman anonyme. Encore et encore, en attendant la suite.


Dernière édition par Terrence W. Abberline le Mar 6 Oct - 21:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Sam 3 Oct - 20:38


A small world after all
ft. Terrence & Margot



« It's a world of laughter, a world of tears, a world of hopes and a world of fears »
Elle avait envie de pleurer à nouveau, consciente de décevoir, consciente de n'être rien. Margot comprenait se condamner seule malgré tout, car tel était le prix à payer pour quiconque refusant de fuir. Une vérité ignoble dans le sourire de Terrence, une vérité qu'elle avait souvent offert aux autres, disparaissant dans un courant d'air. Sa mère bien sûr, et elle lui souriait de la même manière, et tous ces hommes, toutes ces femmes ayant voulu l'approcher un jour. Parce que simplement en étirant les lèvres, Margot réduisait leurs existences à une pauvre blague à peine entendue.
Elle serra un peu plus les bras contre elle, se foutant du parc, se foutant du banc ou du chemin emprunté encore e encore. Parce que son rôle était simple désormais : suivre Terrence. Rien d'autre n'existait.
Parfois, la jeune femme brûlait de murmurer des mots interdits.  « Pourquoi souffres-tu autant ? »... Elle se retenait, consciente que l'on pourrait y lire un quelconque jugement lorsque la douleur n'en demandait aucun. Enfermée dans son silence, Margot voulait comprendre bien sûr, mais savait ne pouvoir y parvenir. Chacun d'entre eux à leur manière possédait une froideur profonde les coupant du reste du monde. Une froideur qu'ils comprenaient un peu, mais que jamais ils ne partageraient.
Elle voulu lui attraper là manche, là dans le hall du cinéma, alors qu'il se frottait les mains. Comme si le foulard s'y trouvait encore, comme si l'un et l'autre, ils pouvaient se raccrocher à ce lien. Le geste mourut avant d'être terminé, peut-être n'avait-il rien vu, peut-être se contentait-il d'ignorer. Et Terrence continuait de marcher devant, hypnotisé par la salle, hypnotisé par l'écran. Margot se contenta de gémir, une main contre le mur, le visage blême. Elle observait cette silhouette semi-étrangère, celle de l'écran, incapable de la reconnaître vraiment. Il y avait les cheveux trempés par la pluie, le collant déchiré bien sûr et le visage triste aux yeux brillants. Parce qu'elle retenait ses larmes, évidemment. Il y avait la jupe foncée, pareille à celle d'une nonne, le grand imperméable d'une autre époque et le chemisier boutonné comme à chaque fois qu'elle sortait le soir, elle qui avait peur de tout, et surtout d'aguicher.
Cela était tragique, cela était terrible, car c'était une femme là sur l'écran lorsque Margot s'imaginait encore petite fille. Vingt-cinq ans, de quoi vomir sa solitude, de quoi vomir d'exister. Inconsciemment, elle s'essuya le visage, ayant pitié de la femme sous ses yeux, voulant lu rendre un statut, une dignité. Elle remit ses cheveux en arrière, tâcha de redresser les épaules et se trouva ridicule un peu. Alors seulement Margot voulu sourire, elle y réussit, froide et distante, cruelle peut-être un peu.

 « Hum... quitte à apparaître dans un film j'aurai préféré que la personne avec moi ressemble un peu plus à Anthony Perkins. »

Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas eu, cette voix là ? Celle d'une reine du monde, d'une impératrice de Byzance n'ayant de comptes à rendre à rien ni personne. Le sourire devint un peu plus grand, le sourire devint un peu plus fin, et les yeux brillaient aussi sans larmes cette fois ci. Elle vit tout cela sur l'écran bien sûr, et quelque chose changea en elle un peu. Cette expression, elle la connaissait n'est-ce pas ? Le sourire tout du moins, de même que la manière dont son regard s'assombrissait soudain. Pourquoi ressemblait-elle à Argus, pourquoi maintenant ? Troublée, Margot fronça les sourcils avant de se détourner quelque peu.

Elle inspira un grand coup, laissant résonner ses talons sur le parquet. Un écho double lui parvenait de l'écran bien sûr, mais Margot ne regardait plus. La cabine du projectionniste ? Oh elle l'atteignit facilement, ne pouvant voir ce que Terrence observait peut être là sur l'écran. Car une ombre la suivait, alors peut-être n'était-ce pas une illusion la main qu'elle sentait parfois dans ses cheveux, hein ?
La cabine se montrait aussi petite que déserte. Le projecteur ronflait paresseusement dans un courant d'air chaud, bien que non branché. Margot considéra cela d'un œil critique, blasée pour ne pas s'écrouler.

 « La magie de Disney je suppose... »

Elle n'appela pas Terrence, consciente qu'à sa manière il lui appartenait aussi de le protéger. Parce que l'homme possédait de l'importance, qu'il lui fallait l'accepter. Il était froid bien sûr, distant, pas vraiment amical... Mais Margot ne recherchait rien de ces choses là. Et puis, il était venu, non ? Doucement, elle referma la porte, retournant vers la salle principale. Terrence ne semblait pas avoir bougé, la jeune femme hésita un instant à lui toucher l'épaule. Ce genre de contact ne lui était pas familier, elle ne le voyait que dans des films. Instinctivement, Margot leva les yeux sur l'écran où sa silhouette paraissait maladroite, potiche. Bien, de mieux en mieux. Un rictus pour se donner du courage, et le bras qui retombe. Elle ne le toucha pas. Derrière elle, une ombre semblait toujours se tenir, Margot semblait comme refuser de la voir...

 « Nous sommes au sec, et il y a pire niveau fauteuil... On peut toujours dormir ici en attendant le jour, qu'en penses-tu ? »

Un instant, elle cru que l'homme de l'écran, TERRENCE, allait s'avancer jusqu'à la femme, jusqu'à elle, pour la gifler. Et quelle était la différence entre le cinéma et la réalité ? Alors, doucement, parce qu'elle voulait l'aider, même si son geste ne possédait rien de logique, Margot parla à nouveau.

 « Viens t'asseoir, Fred.... Tu seras mieux pour regarder. »

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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Mar 6 Oct - 22:58



It's a small small world

L’orage la suivait et il s’en délectait. Il aimait le bruit de ses pas sous une pluie ne pouvant les atteindre, et imaginait presque la lueur des éclairs dessiner des ombres étrangères derrières eux. Mais tout n’était qu’une fiction qu’il regardait sur écran, là où il pouvait observer la réalité sans y prendre part. La pluie était chaude et il grelottait pourtant après son contact en sentant sa veste se plaquer contre sa peau. Elle était devenue humide et froide, sans chaleur pour la réchauffer, et lorsqu’il se mit à bouger, ses bras semblèrent s’embourber dans ses manches. Margot était partie et il se sentit apaisé à l’idée d’être seul. Sans mots à écouter, et sans visage à regarder. C’était pourtant Margot qu’il continuait de fixer sur l’écran, attendant ce moment où l’intrigue du film noir dans lequel elle tournait viendrait lui faire regretter sa curiosité. Seule et ignorée, il avait l’impression de capter l’intimité de ses gestes avec toute l’importance qu’ils pouvaient avoir. Il ne la comprenait pas, même s’il s’était imaginé le pouvoir. Il en avait pris conscience ce soir-là. Mais alors qu’une partie de lui se souciait à peine de ce qui lui manquait, l’autre se questionnait sur la personne qu’elle pouvait-être.

Il regretta lorsqu’elle revint à lui, se prenant au jeu de celui qui regarde. Il regretta aussi qu’elle le nomme Fred, et qu’elle ressasse par la même occasion ce qui devait être oublié. Il était prêt à le lui dire, mais abandonna l’idée. A la place il se laissa guider et prit place à ses côtés sur la dernière rangée.

« Nous regarder tous les deux assis à attendre ? Quel spectacle. »

Terrence ôta sa veste et la déposa sur ses genoux. Il se détestait sur l’écran, car il lisait sur son visage tout ce qu’il cherchait à cacher. Accessible à lui-même et aux autres, il baissa la tête pour regarder ses mains.

« Si c’était Anthony Perkins que tu aurais préféré avoir avec toi, c’est lui que tu aurais dû appeler. »

La tête toujours baissée, il glissa les yeux sur les jambes de Margot, pensif. Il savait sa colère discutable, autant qu’il se sentait le lui offrir gratuitement. Mais son humour lui rappelait celui de Maira, et alors qu’elle jugeait plus tôt le comportement qu’il pouvait avoir avec elle, elle se révélait avoir le même qu’elle envers lui.
Il releva la tête et affronta leurs reflets. Il était là à nouveau, s’observant avec toute son intransigeance, repérant chaque détail lui faisant regretter d’être là. Ses cheveux mouillés, laissant perler au bout de quelques mèches, des gouttes d’eau lui tombant sur le front. Il les essuyait mais se sentait chaque fois un peu plus mouillé, ses mains devenues froides et glissant difficilement sur son visage. Son regard, demandant grâce à ce qui les emprisonnait ici. Quelque part entre la réalité et ce qui n’en faisait pas partie. Eux.
Il regarda à nouveau, d’un œil différent, car sur l’écran son corps se mit à bouger indépendamment. La peau grise et les yeux noirs, il se vit lever une main sans quitter des yeux le spectateur dont il était à l’image, lui demandant une permission, ou s’assurant qu’il le regardait bien. Terrence se savait alors étranger à cet homme qu’on voulait faire croire être lui, mais sous les gestes qu’il préparait, il se sentit soudain mal à l’aise, sans contrôle sur ce qu’il voyait. Sur l’écran la main levée glissa à la gorge de Margot, et avant que l’on ne lui dévoile la suite, Terrence tendit à son tour la main vers la Margot de sa réalité, et s’empara de sa mâchoire pour lui faire tourner la tête vers lui.

« Je n’ai jamais fait ça. Il ment. »

Ses doigts s’appuyaient sur ses joues, et alors qu’il les sentait s’agripper avec trop d’insistance, il se résignait à lâcher prise et à lui offrir un film mensonger. Lorsqu’il vérifia sur l’écran qu’il pouvait encore tout contrôler, il ne vit que leur image véritable, comme elle l’avait toujours été. Peut-être l’avait-il rêvé. Il lâcha prise sur Margot et se redressa sans lâcher l’écran des yeux.

« Pourquoi veux-tu que je sois Fred ? Pour que l’on se fasse du mal ? »

Il se pencha un peu plus au-dessus d’elle et lui souffla en reprenant ses mots.

« Je croyais qu’on était quittes. »

Cette conversation, elle l’avait débutée sans la continuer, lui laissant l’amertume de l’impuissance. Elle lui permettait de l’utiliser, et avait cherché à ramener leurs échanges sur ce simple fait. Mais elle l’avait pourtant appelé aujourd’hui, après avoir bêtement exécuté ce qu’il lui avait demandé.
Il avait peur de se rendormir avec elle, comme si les limbes les attendaient encore. Comme si-là était leur place, tant qu’elle n’aurait pas tiré.
Terrence s’éloigna d’elle sans attendre de réponse. Il fuyait l’homme sur l’écran, mais la caméra se tournait déjà vers lui seul. Il voulait courir et la fuir, mais Margot était encore là pour le voir. Avant de sortir de la pièce, il se tourna vers elle et lui ordonna.

« Sors. Ce film est inintéressant. »
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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Sam 10 Oct - 18:52


A small world after all
ft. Terrence & Margot



« It's a world of laughter, a world of tears, a world of hopes and a world of fears »
Ce qu'il lui arrachait, c'était ignoble tout simplement. Elle lui en avait demandé beaucoup, là bàs, dans les limbes, de l'amitié pure, sincère, pour que jusqu'à elle il vienne toujours. Et Terrence avait obéit, y laissant son cœur peut-être, celui roide et froid des jours de pluie. Parce que là, rien ne battait dans son regard... Fred, un autre nom, pas une moquerie. Lui permettre de se désolidariser du film, faire cela avec naturel, du moins essayer, pour oublier les limbes un peu.
Pourquoi était-il venu, hein ? Pourquoi mentait-il en faisant croire ainsi qu'elle avait de l'importance, une place dans le monde ? La main à son viage, une condamnation. Y rêvait-il, du meurtre, de la tuer? Elle repensa à des coups sur son corps, ça n'aurait pas été le premier. Gorge sèche, Margot refusa de le regarder. Elle ne voyait que l'écran noir désormais, la vision de son propre meurtre lui étant étrangère, interdite.
Du poison, elle voulu fermer les yeux, oublier. Du poison...Et cruel alors, Terrence se pencha, indifférent à son corps apeuré. N'y avait-il que cela en ce monde, de faux espoirs, des rêves de domination ? Elle ne comprenait pas bien sûr, ce qu'il voulait, ce qu'il cherchait, et ses mots avaient toujours été de simples poussières au vent, elle qui ne savait parler. Lui avait-elle jamais causé quelques tords ? Il y avait eu le fusil bien sûr, comment l'oublier ? Mais cela étaient d'autres règles aussi, et lui-même l'avait fait souffrir.
Les mains agrippées à l'accoudoir, les jours creusées par les larmes, Margot resta silencieuse. Pas même assez d'insultes pour cela, répondre à ses ordres, à ses commandes. Elle songea à la mort un peu, regretta une poupée laissée loin chez elle depuis trop d'années, regretta sa mère, son père qui ne l'était vraiment, une vie simple....
Forte, pourquoi pas ? Oublier un instant les mots et les gens, se croire déesse, se croire reine. Oublier Terrence, lui qui aurait pu lui être indispensable, ami surtout et protecteur peut-être. Alors Margot se leva, digne, les yeux secs à présent. Elle passa ainsi que le font les fantômes, ne cherchant plus désormais à entrer dans son monde, son univers. L'homme avait fait ses choix, à elle d'apprendre de ses erreurs.
Un peu plus loin dans le cinéma, une boutique. Des jouets et des costumes, couronnes en plastiques, baguettes magiques, peluches... Des poupées aussi, certaines pareilles à celles de ses jeunes années. Et de la couleur, trop de couleur. Rouge, la robe de la princesse, rouge comme s a gorge à elle, qu'aucune main réelle n'avait serré pourtant.
Margot qui ne savait comment aider les gens....
Il n'y avait pas d'armes, pas de couteau, alors la jeune femme resta avec la simple envie de s'ouvrir les veines plutôt que l'action. Terrence devait sûrement deviner bien sûr, le fait qu'elle perdait pieds, qu'elle abandonnait.
Il trouverait vite quelqu'un de bien plus digne de son amitié, Margot s'en souciait guère. Est-ce qu'elle lui en voulait ? Non, la jeune femme avait fait seule l'erreur de croire qu'ils partageaient quelque chose.

Un bruit soudain, une enfant, belles boucles blondes, une poupée conte son cœur. Elle n'avait pas la peau pâle, les yeux sages, rien en elle ne hurlait au surnaturel, pas même ses vêtements : jeans et petit pull.

 « Toi aussi tu es perdue ? »

La gamine acquiesça. Il n'y avait rien à dire de plus bien sûr, pas d'explication, pas d'ordre. Pas de pas en avant pour les suivre, que chacun reste à sa place...

Une dernière fois, Margot tourna la tête jusqu'à Terrence. Terrence prêt à lui faire un nouveau reproche sûrement, alors que l'orage grondait au dehors et qu'un transistor s'alluma, à peine plus fort que le bruit de la pluie, pour entonner de vieilles ballades doucereuses d'amour et d'espoir. Comme si margot avait déjà connu un seul de ces deux mots.

 « ... »


Elle voulut parler, n'y parvint pas bien sûr. Un nouveau coup de tonnerre passa, elle inclina légèrement la tête, songeuse.

 « Et maintenant, dans un de tes films il se passerait quoi? ? »

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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Lun 12 Oct - 17:51



It's a small small world

Ils étaient tâchés et sur elle la pluie avait une odeur de livre. Il la sentit lorsqu’elle passa à ses côtés, l’ignorant comme il méritait peut-être d’être ignoré. Dans les limbes il avait eu mal lorsqu’il l'avait sentie s’éloigner, et en cet instant il était aussi vide qu’heureux en la voyant lui passer à côté sans un regard. Un prix qu’il recherchait, comme l’on recherche la gloire ou la reconnaissance. Il espérait la rendre plus indépendante, ou se rendre lui-même insensible à ce qu’elle était. Une amie ? Une dénomination qui lui avait plu, lorsqu’elle ne prenait en compte que le plaisir qu’il avait à lui faire partager ses recherches, ou à obtenir d’elle tout ce qu’elle avait à donner de plus pur. Lorsque plus simplement, il arrivait à rester à côté d’elle sans jamais que ses problèmes ne viennent se soumettre à lui. Et ils étaient venus, Terrence s’étant cru capable de leur ouvrir sa porte. Et il avait échoué, en avançant d’un pas pour en reculer de deux. Il croyait bon de lui faire plaisir, comme on l’attendait de lui. De la même manière qu’il cherchait parfois à faire plaisir à Jezebel, parce qu’elle ne lui demandait rien de plus que ce qu’il savait faire. Enquêter.

Terrence suivit Margot jusqu’à la boutique, marchant dans ses pas comme l’avait fait leur caméraman. Il était derrière elle et la protégeait sans le savoir de ce qui la convoitait. Comme s’il lui ait été possible d’un jour tenir cette place entre elle et eux. Trop nombreux et étrangers pour qu’il connaisse leurs visages et leurs desseins. Trop négligeant aussi, pour chercher à les connaître. Il s’arrêta et Margot s’éloigna. Ses doigts effleuraient les objets avec la sensation qu’ils deviendraient plus réels, qu’il en ressentirait une satisfaction. Mais tout était froid et morbide, comme si sans enfants pour s’émerveiller devant, les figurines et poupées n’étaient plus que les épaves d’une enfance détruite. Certaines le regardaient lui, d’autres regardaient Margot, mais toutes ces pairs d’yeux se voyaient éclairées avec malice et désespoir par les quelques éclairs venus d’en face.

L’enfant apparue alors, et il se sentit extérieur à l’échange qui se déroulait devant lui. Margot et l’enfant, comme les entités d’un monde dans lequel il ne voulait entrer. Il s’en approcha pourtant, le pas hésitant et les sourcils froncés, apparaissant derrière Margot comme si elle était là pour l’en protéger. Mais elle se tourna vers lui, la voix emplie de reproches. Il la regarda, défié du regard par l’enfant se tenant devant eux. Il devait répondre, mais la question le menaçait.

« Ce n'est pas mon film, c'est le notre. Comment tu fais ? »

Sur son visage l’étonnement accompagné d’un sourire. Parce qu’il se rendait compte qu’elle était seule à lui rendre son droit de vivre. Parce que des jours plus tôt il avait eu peur. Une peur qui ne se voyait pas mais qui avait été là, nourrie par celle de Maira. Il était humain et influençable, épris de la peur car elle se présentait devant lui. Mais comme elle n’était pas ici, il se sentait agir selon un code qu’eux seuls avaient.

« Pour rester calme et n’y voir rien d’anormal. » Il plissait les yeux et hésitait. Seulement ses mots n’avaient aucun sens sans la vérité qui les avait amenés. « Pour que je n’y vois rien d’anormal. Alors que tout ici l’est. »

Il pensait à ce film qu’on les obligeait à tourner en attendant d’eux les pires vices. Un porno amateur devant lequel ils n’avaient fait que se soumettre, intouchables à ce qui pourtant les atteignait. On avait toujours reproché à Terrence de trop réfléchir, de se questionner si souvent sur l’origine des choses, qu’elles en perdaient leur valeur. Du paranormal, que l’on explore sans en comprendre le danger, et sa survie en était la preuve, à l’affection que l’on finit par concevoir comme le mécanisme ancien d’un besoin de se savoir compter sur quelqu’un et de ne pas finir seul.

« Ne te ferme pas à moi. Me faire choisir entre tes larmes et tes reproches n’est pas correct. Je n’avais jamais été en colère contre toi. Peut-être que je ne le suis pas. Mais elle est là et c’est parce que tu la laisses exister. »

Il tendit la main pour la glisser contre sa gorge, le pouce sur sa jugulaire. Une caresse qu’il voulait devenir les excuses des actes qu’il n’avait pas commis. La musique continuait et il venait seulement à l’entendre, tandis que l’enfant détournait les yeux du spectacle.

« Si je savais ce que j’attendais de toi. »

Sa main lâcha prise. Tout était sujet à évoluer et eux aussi. La relation qu’il avait aimée touchait à son terme. Pour cela, il y avait aidé. En la tenant par la main dans les limbes, car cette dernière était chaude et qu’il aimait partager ça avec elle. En acceptant toujours plus jusqu’à ce que la réalité ne lui renvoie l’image de ce qui avait cessé d’exister. Eux, sans leurs faiblesses, parce qu’elles n’avaient pas leur place entre eux. Jamais il n’oserait lui dire qu’il avait peur. Non pas d’elle, ni même de l’affection qu’il pouvait lui porter. Il avait peur de la complexité qui viendrait les défier alors qu’elle l’avait toujours rendu perdant.

Il s’approcha de la petite fille qui déjà le regardait avec méfiance. Parce qu’il était homme ou qu’elle devinait ce qu’il attendait d’elle. Elle voulut reculer alors que la distance entre eux diminuait, mais son corps était déjà plaqué contre un ours en peluche bien trop grand. Il tendit le bras vers elle, et elle appuya sa poupée contre son cou pour l’en protéger. Il voulait seulement la questionner, mais comme il était trop près, elle le repoussa d’une pression contre l’abdomen avant de s’enfuir en criant. Déjà le sang la suivait en traînées sombres, la faisant disparaître avec pour seuls mémoires, la poupée qu’elle avait tenue dans ses bras.

« Sale gosse, elle est partie où ? »

Terrence ramassa la poupée, lâchant prise alors que son visage se tournait vers lui en souriant. Il eut envie de l’écraser sous son pied, comme il était facile de s’en débarrasser. Mais il la ramassa à nouveau pour la déposer doucement sur la poitrine de Margot. Les sanglots de l'enfant couvrirent alors la musique les enveloppant.
Terrence se tint debout, attendant au son du transistor qu’une décision s’impose à eux.

« Je crois qu'elle est dans la réserve. Tu veux aller la chercher ? »
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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Mar 13 Oct - 0:06


A small world after all
ft. Terrence & Margot



« It's a world of laughter, a world of tears, a world of hopes and a world of fears »
Elle aurait pu être une de ces statues des temps anciens, toute de marbre et de droiture, les lèvres fines, les yeux vides comme deux gouffres à secrets. Une chose irréelle, immortelle, anonyme presque avec un nom à peine et inhumaine, tellement inhumaine. Une chose dont on ne devait rien attendre, d'un sourire, d'une peine ou d'un cœur. Hélas, Margot avait rompu le sort bien sûr, convaincue de pouvoir être autre chose finalement. Pas vraiment une femme, pas vraiment une fille, un entre-deux vulnérable et maladroit comme dans les films ou les romans. Personne ne la sauvait, personne ne le ferait jamais vraiment, il n'y avait eu que des illusions. Et la mortelle ne savait plus comment redevenir statue, déesse, comme si la pluie la condamnait au monde désormais. Là où les blessures de Terrence sauraient l'atteindre, là où son cœur attendait de saigner un peu plus vite, un peu plus fort.
Il n'était qu'une ombre derrière elle, véritable Dieu finalement lorsque Margot n'était rien.
Et ils se faisaient face, deux vieux ennemis peut-être, une colère différente pour chacun. Cette épée là, Margot savait la lever bien sûr, mais jamais sans se blesser elle-même.
Dans le film elle aurait été là, elle aurait été belle, manipulatrice, exaltée par de sombres passions, assez pour que le spectateur lui donne raison. Dans le film, elle aurait séduit assez pour affirmer son droit d'exister, et dans le livre il y aurait eu les mots, les pensées... Vide, brisée, Margot aurait aimé pouvoir dire ce qu'elle était aujourd'hui. Juste quelqu'un de terrifié par la solitude, incapable de s'imposer vraiment, de s'accepter, fantôme avant la moindre mort et cela était absurde, tellement absurde. Vouloir pardonner autant qu'être pardonnée, et qui était il cet homme qu'elle regardait, qu'elle questionnait ?
Plus grand qu'elle, plus vieux, un inconnu dont elle murmurait le nom à mi-voix pourtant. Tut était vide, tout était sec, un désert entre eux, une éternité. Un peu de monstre, un peu d'humain, un peu de rien, et la question la transperça un peu. Ne comprenait-il [i]pas?[/i ] Qu'il lui arrache le cœur, il l'entendrait battre alors et comprendrait combien Margot avait peur. Peur du parc, de l'orage, de la nuit, seulement il fallait donner le change. Le faire pour lui.
Elle baissa les yeux, le regard vague, déesse ou princesse encore un peu. Reine d'un monde dont il pouvait être roi, son silence lui offrait couronne et guerre à la fois. Et sur ses cils à demi-baissés, la nuit s'étendait comme un secret, un de plus. Pour lui, rien de plus, et peut-être le savait-il finalement, car il souriait. Margot le voyait bien, derrière sa propre éternité, peut-être s'agenouillait-il devant son trône, peut-être lui tendait-il une pauvre épée brisée ?
Alors bien sûr, elle voulu lui saisir les mains comme une reine le ferait de son vassal, Guenièvre d'un Lancelot mutilé peut-être, en un lieu où nul amour n'existait. Il bougea le premier, des mains fines, des doigts d'étrangleur. La jeune femme ne bougea pas, terrifiée, le cœur comme une biche égarée face à un homme qui rêvait de la tuer. A cette dernière question, elle consentit à répondre, les lèvres à demies scellées sur ce qui n'avait jamais été un secret.

 « Des informations, des pistes fraîches, des photocopies de papiers importants sur des affaires oubliées, et de temps en temps te ramener un paquet de café. Parce que tu n'y as pas pensé la dernière fois, que tu en as besoin pour tes nuits blanches même si tu ne le dis pas, que tu le grognes juste. Tu attends que je me taise aussi, comme un magnétophone qu'on arrête d'un seul bouton une fois que tu as entendu ce que j'avais à dire. Et pas de cœur bien sûr, pas d'amitié. On a pas besoin de ça pour la vérité... »

Souvent dans les limbes, Margot avait accepté plusieurs gestes maladroits de la part de Terrence. Parce que ça n'avait pas été son corps vraiment, parce que tout état différent. Aujourd'hui, c'était sa peau, sa chair, et le film continuait finalement, tragique, inéluctable. Elle le regardait, incapable de comprendre plus que la colère ou le rejet. Lui avait-on jamais appris autre chose, avant que le ciel s'assombrisse, que la nuit l'emporte loin de sa jeunesse ?
Ce qu'il lui demandait, Margot ne pouvait comprendre vraiment, elle qui avait besoin de mots simples comme une enfant. Amie, ennemie, il n'y avait rien d'autre... Il la dépouillait de tout pourtant, l'obligeant à ressentir, l'obligeant à souffrir sans que des bras amis la retiennent vraiment, elle qui les rejetait.

En silence, orgueilleuse peut-être, elle accepta la poupée, regrettant de ne pouvoir lui coiffer les cheveux avec patience jusqu'à ce que le jour enfin se lève. Qu'importe si l'objet clignait des yeux un peu, s'il la regardait comme Terrence la regardait peu(-être un peu.

 « J'en ai eu une comme ça, j'avais six ans.... »

Comme une mère, elle la berça, murmurant des mots doux lorsqu'elle pensait n'en plus connaître, et des berceuses apaisantes jusqu'à ce que l'objet terrifiant ne ferme les yeux enfin, finalement calme et apaisé. Dans un lit de chiffons, Margot prit la peine de l'y déposer, les mains lourdes, les mains sales. Enfin, elle acquiesça, acceptant l'ordre implicite de son aîné.

Elle gagna la réserve d'un pas lent, danseuse au bord du fil, au bord du gouffre. Sa gorge était dénuée de cri pour appeler l'enfant, le vrai, alors elle resta de marbre et de silence encore une fois. Noir, tout était noir, il n'y avait qu'eux entre les ombres et des larmes qu'ils ne pouvaient entendre vraiment.

 « C'est parce que je t'énerve, que tu rêves de m'étrangler ? Je ne sais pas changer, bon dieu je ne sais même pas être moi-même.... Si tu le fais, brise moi les dents au marteau, arrache les vêtements, arrache tout et brûle moi surtout avant de tout répandre quelque part dans le désert. Que personne ne retrouve le corps, qu'ils ne te soupçonnent pas... Si des connards arrivent à faire des crimes parfaits, pourquoi pas toi ? »

Sincère, triste de l'avoir déçu, triste de ne pouvoir lui offrir à nouveau un moignon d'amitié, elle lui fit face. Pourtant ils ne pouvaient se voir, pas dans ce noir, alors elle devinait son corps seulement, là, non loin d'elle, sa chaleur d'être humain, le reste elle l'imaginait.

 « Je suis désolée pour les limbes.... »

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MessageSujet: Re: It's a small small world... - Terrence   Mar 13 Oct - 13:03



It's a small small world

Sa mâchoire était crispée, à défaut de la laisser trembler. Son corps entier menaçait de se dérober à chaque seconde passée à la regarder, et il ne pouvait que le maintenir droit sous sa volonté de toujours rester maître de lui. Ce, alors qu’il s’était toujours senti étranger à lui-même. Il n’avait jamais levé la main pour l’abattre contre les objets et chairs qui constituaient sa vie. Son corps l’avait fait, et il le tenait prisonnier d’actes qu’il niait avoir commis. Du moins avec toute la conscience qui était sienne. On y avait cru car dans ses yeux cette vérité le rendait vulnérable. Le plus souvent les bleus ornaient ses phalanges et le rendait seule victime du drame qu’il créait. Ces blessures, elles avaient disparues au fil du temps, comme l’on apprend à marcher ou à conduire. Son art, il le maîtrisait au mieux, mais le faisait avec toute la douleur qui était alors sienne.
Il avait honte en regardant Margot, car elle devinait les vérités qui l’avaient maintenue près de lui, alors qu’il n’avait fait qu’imaginer les siennes. Il prit conscience de l’importance qu’il lui avait offerte, en même temps qu’elle devenait l’élément clé de ce qui le gardait éveillé. Il avait oublié le médecin, ses yeux accusateurs et les somnifères qu’il avait pris à l’aube plutôt qu’au crépuscule. Puis son regard s’emplit de reproches envers elle, alors qu’ils auraient dû lui être destinés. Il lui en demandait trop, car elle n’avait jamais eu à remplir ce rôle, et qu’il ne pouvait ignorer le lui accorder.

« Cette poupée donne la chair de poule. »

Il la regardait dans ses bras, et son cœur se soulevait déjà. Plus qu’il lui était impossible de croire en son existence, il lui était impossible d’imaginer cette façade stoïque emprunte à l’innocence. Il détestait la sensation qu’auraient ses yeux sous ses doigts. Des capsules rigides renfermant une âme indéchiffrable. Deux tâches circulaires immortalisées dans du verre, et qui s’abandonnèrent au son de la voix de Margot.

Ils gagnèrent la réserve et l’obscurité ne fit que se coller à eux comme les barreaux d’une cage. Elle les enfermait eux, mais également leurs mots. Ceux de Margot, qui comme une balle tirée, venaient de l’immobiliser. Il aurait aimé qu’elle puisse lire son étonnement sur son visage, plus que la rage qui le remplaçait déjà. Seulement l’obscurité l’en empêchait et il n’avait que ses mots pour lui répondre. Des mots qu’il maniait avec peu d’habilité. Ils auraient parfois dû être les démentis de ses actes, mais ne se révélaient généralement qu’être leurs appuis.

« Quoi ?! Tu me crois capable de ça ? »

Terrence s’approcha d’elle jusqu’à pouvoir deviner les courbes de son corps, et les lignes de ses bras. Il la fit reculer sans la toucher, la faisait s’adosser à une étagère comme s’il cherchait à les dissimuler tous deux.

« Déjà arrête de t’excuser. On le fait par sincérité, pour des actes que l’on ne se sentirait pas capable de refaire. Je suis même pas certain de t’en vouloir pour le fusil. Ça m’a surpris, et la seule chose qui me dérange c’est de le savoir encore entre tes mains. De te savoir cachée derrière lui. »

Ses mains s’agrippèrent à l’une des étagères en métal. Elles étaient poussiéreuses et sales, mais il ne pouvait que sentir la pellicule grasse de la poussière s’accrocher à ses doigts comme une neige fraichement tombée. Il tourna le visage et enfouit son nez dans son bras nu, respirant l’air qui lui manquait pour espérer calmer les assauts de son cœur dans ses tempes.

« Tu me connais pas aussi bien que tu le crois. Parce que je n’ai jamais pensé à t’étrangler ou à te tuer. Ce n'était pas moi sur cet écran. Je t’ai dit qu’il mentait. »

Ses doigts étaient douloureux. Ils s’enflammaient sous la pression exercée sur l’acier et il se refusait pourtant à le remplacer par sa chair à elle. Il y’avait toutes ces vérités qu’il pensait pertinentes et qu’il voulait lui dire. Celles qui l’empêcheraient d’être le meurtrier de sang-froid qu’elle l’imaginait pouvoir être. Tout en lui n’était qu’impulsivités contrôlées, et on avait pris soin préalablement de lui faire regretter ses actes avant qu’ils ne s’aggravent. Il ne serait jamais l’auteur du crime parfait, parce que chacun de ses crimes était le résultat de son incapacité à prévoir ses propres actes.

« Ce n’est pas ça. J’aimerai pouvoir t’expliquer, mais je n’y arriverai pas. »

Il lâcha prise cette fois. Il voulait s’éloigner d’elle et de son corps mouillé, l’humidité le glaçant sans même qu’il ait eu à la toucher.

« Pourquoi es-tu pleine de ces pensées macabres ? Il m’est arrivé de rentrer dans ton jeu, mais lorsque tu les superposes à tort sur moi, ça me met mal à l’aise. Lequel de nous deux serait capable de le faire à ton avis ? »

Il soupira. Margot lui rappelait sa mère, lorsqu'elle le regardait avec incompréhension, soulagée de pouvoir compter sur un tiers pour faire face aux crises de son fils.
Dans l'obscurité il ne voyait pas son visage, et c'est peut-être pour cette raison qu'il approcha le sien de son oreille, soufflant l'absurdité et le mensonge à l'intérieur.

« Ok, c'est moi qui m'excuse. Je ne suis pas énervé. »
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