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 Here I come. [Margot&Alastor]

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MessageSujet: Here I come. [Margot&Alastor]   Mer 30 Sep - 2:26


Margot Du Maurier

&
Alexander J. Hood




❝ Darkness will be your new home ❞


Le souffle de l'astre diurne s'éteint lentement sur la ville de Los Angeles et s'illuminent alors, un à un, les lampadaires sur les trottoirs bondés par une foule nocturne. Fermeture des magasins, l'effluve de la nuit se met doucement en place et elle est là, seule, dans le confort de cette petite salle de classe. Elle y est souvent. Assez souvent pour que je puisse, enfin, la confronter un peu. La jeune rousse m'intrigue, attisant ma curiosité, satisfaisant ce désir de noirceur. Elle est cette souffrance tremblante au bord d'une falaise, celle qui n'attend qu'un léger souffle pour la faire chuter. Celle qui se refuse encore à vouloir chuter. Je l'aime bien, au final, cette petite Margot. Ce petit bout de jeune demoiselle éperdument noyée dans un océan chaotique, capturée par l'obscurité d'une réalité surnaturelle. Des terribles ténèbres dont on ne revient pas, une douleur similaire à la mienne. Constante. Je crois que c'est une sorte de jeu après tout. Une pure et simple envie de voir s'écraser les derniers vestiges d'un espoir vain, de briser à jamais une existence pour l'emmener doucement, méticuleusement, vers les sombres nuages de la vengeance. Il y a tant de colère en moi, tant de haine et de tristesse à évacuer. Je ne suis que la justice, pourquoi devrais-je être le seul à hurler en silence ?

Bordé contre le mur de l'entrée, je fume ma cigarette paisiblement. Enfermé dans mes airs flegmatiques, concentré sur des pensées flottantes, je réfléchis lentement à mon entrée en scène. Théâtrale, probablement. Absurde ? C'est évident. Il n'y avait pas de place pour la logique ou la raison lorsqu'on s'amusait à torturer un esprit. L'obscurité ne nous permet plus d'être rationnel, on perd tous nos repères, tout ce qui existe est superflu car il ne subsiste que l'instant présent. Ce moment arrachant l'imaginable et déchirant chaque prévisions possibles. J'écrasais mon mégot au sol, soufflant les restes de la fumée, la tête baissée. J'avais mis une veste en cuir, bien que les costumes étaient, et seraient, toujours ma préférence, lorsque j'endossais le manteau de la nuit, j'aimais avoir cette légèreté sur les épaules. Mes pas m'amenaient alors à l'entrée et je pénétrais dans les lieux universitaires. Calmes et paisibles. Il n'y avait plus un bruit, plus une lumière éclatante, non, il ne restait que Margot, isolée et absorbée par son quotidien. Bloquée dans sa bulle d'obsidienne. Je savais où elle était, installée dans une petite salle de classe, et je trouvais presque impatient de l'a retrouver là-bas. Comme si c'était un rendez-vous, comme si c'était prévu pour elle comme pour moi. Je m'étais imaginé cette petite scène plusieurs fois, ce moment crucial et si délicieux de confronter la fragilité d'une personne vivante avec l'absurde noirceur du sang-froid.

Ma marche est silencieuse et je me faufile à travers les couloirs car avant tout, je me dois de venir accompagné. Après tout, c'est impoli d'arriver les mains vides. Dès lors, je déambulais lentement, prudemment, à la recherche du gardien. J'entendis ses pas résonner dans le feutré des couloirs, il faisait une ronde, un dernier tour pour justifier son salaire et casser son ennui. Les mains dans les poches, presque sifflotant, jetant parfois un œil furtif. J'attendais qu'il me remarque au détour d'un couloir, qu'il me frôle légèrement. L'effet de surprise. Ma jambe droite se tend devant lui, et avec mes deux bras, je lui attrape le poignet pour le jeter à terre. Je peux poser mon genou sur son dos, appuyant pour l'immobiliser et d'un coup sec et violent, fracasser sa tempe avec le revers d'un silencieux. Le choc est rapide et son crâne tape le sol, et si jamais ce n'est pas suffisant, je me relève et tire trois balles dans sa jambe. La douleur le gardera dans les vapes quelques temps, et c'est tout ce dont j'avais besoin. Je lâche un léger soupir, cette respiration plus forcée après ce petit effort, cette excitation lente qui commence à monter frénétiquement. Cette satisfaction malsaine d'avoir le spectacle réel de la douleur.

J'attrape son col et je le tire sur le long du couloir. La petite salle n'est plus très loin, on la distingue facilement, elle est l'unique pièce encore allumée. Ce joyeux faisceau lumineux éclairait doucement les vieilles salles d'études. Je m'approche, légèrement accroupi donc, tirant ce cadavre inconscient et, enfin, j'entrais dans la salle. Elle était là. Je savais qu'elle était là mais de la voir ainsi, si proche, si innocente et si insouciante. Elle ne le sait pas encore, et c'est ce qui est le plus amusant. Non, elle ne sait pas encore face à quoi elle sera confrontée ce soir, et quel choix elle devra faire. Je brise le silence avant de terminer ma course au devant du tableau noir luisant.

« Grosse journée, hein aujourd'hui ? Je suis lessivé. »

Encore la main accrochée sur le col du gardien, grimaçant sous son regard océan, donnant un ton léger et plaçant la normalité dans l'absurde folie comique qui bientôt deviendra un véritable cauchemar. Il gémit doucement alors je dois frapper d'un coup de pied vertical sa tête pour le rendormir un peu. Je repose mes yeux sur la jeune et belle demoiselle, il n'y a plus de grimace sur mon visage, non, il est impassible, sérieux et sombre, mon regard la percute et je maintiens l'atmosphère pesante.

« Tu penses avoir le cran de tirer cette fois ? »

Une référence, une curiosité attisée, l'assurance qu'il se passe quelque chose, ici, maintenant, ce soir. Mon ton s'est aggravé, mon regard intensifié, et le bras tendu vers elle, le pistolet en sa faveur. Confrontation immédiate dans la douce folie funéraire. Ce n'est qu'un jeu, il n'y a pas de règles d'abord la tentation et ensuite viendra la philosophie, la corruption, l'accueil dans les tristes ténèbres qui m'habitent depuis déjà trop longtemps.

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MessageSujet: Re: Here I come. [Margot&Alastor]   Mer 30 Sep - 23:07

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O
n ne lui avait pas appris à vivre, du moins pas vraiment. Parfois, on lui chuchotait d'essayer, et Margot obéissait, malade de sa propre solitude, mais c'était pour mieux tomber. Il arrivait qu'on lui parle, il arrivait qu'elle réponde du bout du cœur, du bout des lèvres aussi,  gardant ses secrets, ses tourments. Faire comme les autres ? Elle ne savait déjà pas être elle-même... Il manquait quelque chose, peut-être un peu d'amour, peut-être un peu de tout. Ballottée en des vents trop contraires, la jeune femme se perdait jusqu'à la folie furieuse Essuyaient-ils pareilles tempêtes, ceux lui hurlant de résister ? Eux qui souvent, bien trop souvent, ne faisaient pas même l'effort d'une main tendue.
Seule dans la classe déserte, seule entre quelques piles de livres éparses, une bouteille d'eau et ses notes aux encres déjà sèches. Une intelligence froide et prédatrice souhaitait se nourrir de ces connaissances, espérant dévorer par la même occasion la petite voix plaintive suppliant pour un quelconque contact humain.
Il n'était pas si tard que cela, pas vraiment, et sans doutes des jeunes gens abandonnaient leur sérieux pour rire un peu sous les lampadaires et dans le secret des bars. Elle avait vingt-cinq ans, Margot, elle ne traînait pas dans les pubs, n'avait aucun ami après qui soupirer ou bien raconter quelques secrets. Elle n'en avait jamais eu, cueillie trop jeune, cueillie trop tôt pour être ainsi que sont les hommes et les femmes. Ombre de tout, ombre de rien, Margot se sentait vieillir de manière inexorable, triste sans lumière ni couleur, prête à mourir peut-être, pleurant de ne pas être princesse....

Les termes scientifiques bavaient de son stylo. Noter, toujours noter, apprendre un peu, apprendre beaucoup, demain que resterait-il de sa journée sinon le même travail ? Devenir bibliothèque, un rêve peut-être, car un livre ne s'outrage pas, une femme si....

La lumière grésillait un peu, juste assez pour donner aux ombres des formes  d'outremonde. Elle avait peur des monstres, Margot, mais ne savait qui avait assez de force pour les tuer. Il n'y a que les hommes pour mourir, au fond, et chaque douleur se lisait au rythme des cœurs humains.
Et puis un homme fracassa l'univers.
Sur la feuille devant elle, des noms d'assassins ou d'innocents, des cadavres et des vivants, habillés de maladies mentales parfois ou simplement d'articles de loi. Sous son nez, un homme, un vrai,  les yeux brillants comme des étoiles déjà mortes pourtant, effroyable comme seul peut l'être le tigre au sortir du jour. Pourquoi ici, pourquoi elle ? Elle avait un goût de rêve éveillé dans la bouche, et les mains un peu tremblantes. Il y a quelques secondes à peine, Margot était seule dans cette salle vide, anonyme, à présent IL se tenait devant elle, se foutant bien de ses peurs et de ses terreurs, de la logique comme du monde.
Et le monde n'existait plus, pas vrai ? Pas avec un corps pissant le sang, une flaque rouge pour s'étendre un peu, presque jusqu'à ses pieds, et ses chaussures à elle étaient vernies, il ne fallait pas les abîmer.
Un corps encore vivant...

Elle imagina une plaque de plexiglas, quelque chose pour la séparer de l'homme, lorsqu'un regard de sa part réussit à fracasser le verre pourtant. Impassible, terrorisée, Margot avait peur de lui, de la puissance de son corps, de cette chose qu'elle ne pouvait décrire en lui. Le pistolet ? Un détail...

 « Inutile de crier je suppose, s'il y avait le moindre risque que quelqu'un vienne, vous ne seriez pas aussi calme »

Gagner du temps pour revêtir un mensonge comme l'on porte couronne. Faire semblant d'être forte, de tout contrôler, tout plutôt que s'incliner.
Et puis l'arme lui fut tendue, la phrase lui fut lancée. Comment dire, comment expliquer ? Elle perdit un peu de ses couleurs, plus morte que vive, petite fille rêvant d'une arme pour mieux se défendre et tuer avant que l'irréparable n'arrive. Mais l'irréparable était déjà passé, une fillette avait grandit, devenait brouillon de femme brisée. On riait bien d'elle, souvent, trop froide, trop hautaine, on riait lorsque personne ne prenait le temps de la rassurer.
Elle repensa à une autre nuit, Margot, une humiliation quelconque lancée au visage, elle qui refusait d'être une femme que l'on aime, une femme que l'on embrasse,  et sa folie prête à déferler. Un homme ivre devant elle dans une rue anonyme, l'envie de tirer, l'envie de tuer comme une ivresse, une drogue. Un petit pistolet trop lourd peut-être, elle qui préférait le poids du couteau. Elle n'avait rien fait à par courir, à part pleurer, lâche sûrement, meurtrière ratée.
Trop de choses, trop de questions. Elle était seule, l'apprentie criminologue, elle qu'un professeur avait voulu rendre serial killer avant de disparaître dans quelques brumes. Il lui avait fait tuer un homme pourtant, comme une promesse, une vengeance.  « Reconnais-le, voici ton violeur »
Et Margot l'avait cru. Il lui avait menti, elle le savait, sa soif de vengeance restait tout aussi vivace alors mais quelle importance ? Argus avait disparu, emportant ses manières et ses secrets. Margot restait seule désormais.... Il y avait le Bien, il y avait le Mal, et peut-être faisait-elle un peu des deux à distances égales, mais comment faire pour la tristesse, hein ?

Le cran de tirer. Cette fois. Il y avait donc eut un visage dans l'ombre pour elle, pour sa folie. Que cherchait-il, la faire chanter ?

 « Ce ne serait pas vraiment de la légitime défense... »

Qu'il lui donne un couteau peut-être ? A la lame, elle ne résistait pas, elle ne résistait jamais...

 « Qui êtes-vous ? Vous ne portez pas de masque, vous ne vous dissimulez pas.. Vous allez tuer cet homme et me tuer après, histoire de ne laisser aucun témoin ? »

Elle ne voulait pas mourir, bien sûr, et son cœur paniquée s'entrechoquait à toutes ces choses qu'on lui avait appris sur les tueurs et les déments.

 « Vous n'êtes pas un mauvais rêve.... Ah, excusez-moi je parle trop, je ne sais pas m'arrêter. Je ne tirerai pas, parfois il faut tuer, je le pense sincèrement, mais pas sans raison »

Elle s'était levée, petite finalement, les cheveux en bataille après de longues heures de travail, le chemisier froissé.  Il y avait un couteau dans sa poche, petit, le manche en bois comme un souvenir de campagne, la lame rouillée, à peine capable de couper.
Elle le lança pourtant, la main agrippée au bois, plantant fort dans ce qu'elle espérait être un ventre tendre, celui de l'homme, pas de la victime. La réaction avait été instinctive, de prédateur à prédateur. Attaquer le premier...
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MessageSujet: Re: Here I come. [Margot&Alastor]   Jeu 1 Oct - 0:21


Margot Du Maurier

&
Alexander J. Hood




❝ Darkness will be your new home ❞


Le bleu azur de ses petites pupilles surprises s'attachent doucement à mon regard de la même couleur. L'instant s'arrête, reprend son souffle, et la réalité s'échappe dans ce trou noir absorbant chaque repère sans l'ombre d'une once de culpabilité. Onirisme obscur d'un cauchemar qui s'illumine au plus profond d'un quotidien torturé. L'aura de peur s'agrandit au même titre que le sang se répand sur le carrelage froid et crasseux d'un sol souillé. Mes talons trempent dans le liquide pourpre qui suit une trace jusqu'à cette destination prévue. Je suis là, devant elle, dans la tristesse sombre d'une salle ville, dans le mutisme forcé des prières envolées, dans l'effroi majestueux du surnaturel. Mon regard transperce le sien, et on se percute visuellement comme un coup de foudre maladroit et imprévisible. Tellement longtemps que je m'entiche de suivre les fresques ternies et mornes de sa petite vie tourmentée que j'ai cette délicieuse impression d'avoir été toujours dans le reflet de son miroir. Petite étoile écorchée dans la plénitude du ciel nocturne, Margot était différente, souffrante et agonisante dans un trop plein de rêves brisés. Je n'avais aucune peine pour elle, non aucune, simplement ce désir merveilleux de l'envelopper d'un voile noir et immuable. Simplement ce désir fou de la voir se briser comme une frêle poupée de verre. La confiance et le calme de ma voix lui chuchote l'étendu du danger et malgré tout elle garde le splendide sérieux de l'intelligence froide et meurtrière. À sa première intervention, je ne lui offre qu'un sourire comme réponse. Pas besoin de mot, pas besoin de confirmation, juste l'expression et l'assurance d'une vérité terrifiante.

L'arme est tendue vers elle, son hésitation est palpable et sa raison la ramène dans la sécurité enivrante d'une logique qui disparaît peu à peu. Je garde le silence dramatique du moment crucial, je veux ses limites et ses craintes, je veux la découvrir là, devant moi, à visage découvert. Je veux qu'elle ressente le poids de mon aura dangereuse sur ses petites épaules fragiles. Je veux qu'elle sache à quel point ce monde n'a plus rien à lui offrir, que son fardeau n'est que faiblesse et qu'il existe, sous ses jolies petites chaussures vernies, des ténèbres prêtes à l'accueillir. Soudainement, elle ne pense plus à elle, à sa situation, à son choix, elle se reprend et la jeune demoiselle se questionne sur moi. L'homme qui bouscule l'absurdité du monde, celui qui vient de pénétrer dans son silence, celui qui se trouve de l'autre côté. Elle ne prendra pas le pistolet, pas tout de suite en tout cas, alors je le range et lâche un soupir ressemblant à une certaine déception. J'aurais aimé cette douce surprise, voir une Margot déterminée au sang-froid, n'ayant plus aucune pitié pour ces pauvres êtres mortels qui, jour après jour, ruinent son existence déjà pesante. Il n'y avait que la jeune rousse qui parlait depuis mon entrée. Je n'avais pas brisé mon silence pour attendre, patiemment, ses premières réactions. C'était si amusant de voir cet esprit se perdre dans une philosophie qu'il fallait déterminer. Tout le monde s'est déjà posé cette fatidique question. Suis-je capable de tuer ? Et pourtant, personne ne s'y prépare.

« Tu paniques, tu perds cette si belle et froide intelligence meurtrière. »

Je ne la tuerais pas, si je ne voulais aucun témoin, j'aurais tué ce pauvre gardien et je serais parti sans demander mon reste, sans intervenir dans son présent. Si je suis là, c'est que c'est elle qui m'intéresse, c'est elle qui perle dans l'espoir naissant au fond de mes yeux. Je la veux, elle, dans ce terrible désespoir qu'est la vengeance. Il n'y a rien d'autre à ce moment précis, rien d'autre que je désire. Margot avoue, elle ne tirera pas, elle essaye de se persuader elle-même que tout ceci n'est pas un simple cauchemar. Elle s'extirpe d'un songe comme si sa réalité était soufflée dans son véritable cauchemar, elle inverse les choses et c'est ce qui est si alléchant dans son regard, sur son doux visage d'agneau loin d'être prêt à affronter l'aigreur et l'amertume d'une vie entassée au milieu d'un troupeau bêlant. La demoiselle s'était levée, elle s'était approchée, doucement, calmement, et comme pour appuyer ses mots sur l'obligation de tuer, elle s'était jetée sur moi. Désespérée, espérant, perdue, noyée, elle avait planté cette lame dans mon ventre. Sur son mouvement, j'attrapais son poignet et j'accompagnais son geste pour laisser le petit couteau transpercer ma peau. Je peux sentir le sang s'échapper et couler sur ma peau, la lame enfoncée dans le côté gauche de mon bas ventre. Mon emprise est puissante autour de son poignet et mes yeux fermés. Un soupir extasié s'échappe de mes lèvres alors que mon souffle chaud bascule ma tête en arrière. La douleur, il n'y avait rien de plus agréable qu'une souffrance physique marquant à jamais une peau si fragile. Plaisir délectable d'une cicatrice fonctionnant pour moi comme une vieille photographie qu'on garderait avec le temps. Juste pour se souvenir, juste pour avoir une trace d'un moment perdu dans le temps.

Mon regard s'assombrit et se repose alors sur ce petit bout de femme complètement à ma merci. D'un revers de main puissant et violent, je l'éjecte de sa lame pour la faire chuter. La gifle scinde l'air et s'abat sur sa joue dans une colère maîtrisée et enfermée dans une folie sombre. Je finis par retirer le couteau et de le laisser tomber au sol, la plaie saigne, c'est douloureux mais si plaisant que mon inquiétude est inexistante.

« Tu te trompes. Je suis un mauvais rêve. Ne parlais-tu pas de légitime défense ? »

Je sortais à nouveau mon pistolet allongé du silencieux. Délicatement je déposais le canon sur son front et plus que l'arme, ce fut mon regard qui s'abattait à nouveau sur elle.

« Et voilà, juste comme ça. Aussi absurde que le monde, d'une seule et unique balle, sans aucune raison, ton existence prend fin. Les regrets remontent à la surface, les larmes s'ajoutent, les prières fuient et tu te retrouves à implorer un Dieu qui ne te viendra pas en aide. Est-ce là pour toi assez juste ? Assez juste pour mourir, pour refuser d'être celle qui tient l'arme, tu préfères mourir que tuer. Choix disgracieux alors que tu as la souffrance d'un quart de siècle derrière toi. Trop lâche, trop aimable, trop raisonnable, pour apercevoir ce sombre désespoir qui fait de toi ce que tu es vraiment. Un simple pantin d'une vengeance éternelle régit par toute cette absurdité qui te hurle doucement que c'est l'unique issue pour apaiser tes peines. »

Je retire le canon de son visage et je le range à nouveau. Je lui tends une main avant de poursuivre la tirade d'une réalité effrayante. Celle qui nous fait chuter, celle qui nous entraîne dans une danse mortelle pour laquelle on veut briller. Pour laquelle on veut survivre.

« Tu veux une raison pour tuer ? Tu vis, tu as vécu et tu vivras. »

Vivre. Survivre même. Subir cette vie qui nous enlace et qui nous roule en nous faisant croire que c'est un cadeau. Optimiste, utopiste, pessimiste, cynique, peu importait ce que l'on pensait, chaque existence se perd lentement dans un sombre désarroi. Chaque être hurle silencieusement, errant à travers les fantômes d'un vécu qui ne s'effacera pas. Chaos et damnation, exquis mélange d'un désir de vengeance éternelle.

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MessageSujet: Re: Here I come. [Margot&Alastor]   Ven 2 Oct - 14:17

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L
ever la tête, la dresser comme une insulte, les yeux noirs, les joues rouges. Il l'avait frappé,le salaud …
.Un geste idiot, absurde, les gifles servaient à corriger et non à tuer. Alors, froide et immobile alors que le canon de l'arme se pressait contre sa peau, elle lui offrit un peu plus de sa propre colère. Immortelle soudain, indestructible, Margot frappa le bras tendu. Car elle n'était rien d'autre qu'un chien féroce après tout, toujours prêt des hommes mais refusant de s'y mêler. Un chien espérant la noblesse d'un loup lointain, entre les coups et la mort. Seule, elle se releva, et ses jambes ne tremblaient pas, cela la jeune femme le refusait. Tomber encore une fois devant lui ? Jamais. Trop de colère, trop d'orgueil, toutes ces choses jetées à l'incendie de son cœur.

 « Et pourquoi moi, hein ? Certains souffrent bien plus, leurs tueries seraient plus légitimes que les miennes. Je n'appelle pas Dieu, je ne lui demande pas pardon... Je n'ai aucun compte à lui rendre, selon ses lois je suis condamnée. »

Oh le silence des églises, tous ces « notre-père » à réciter ! Et Marie pleine de grâce, bénie entre toutes les femmes, mais bénie de quoi ? Vierge bien sûr, vierge toujours, rien n'avait donc plus d'importance. Elle avait pleuré en entendant cette prière pourtant commune à nouveau, pleuré d'être ainsi, telle la putain de Babylone, lorsque refusant pourtant tous les hommes de la toucher. Aucun ange sur son épaule, personne hormis la solitude. Alors il y avait les regards bien sûr, les fausses leçons de courage et toutes ces vomissures moqueuses. Cheveux détachés, cheveux aux vents, jambes agiles sous la jupe écossaise et le soleil du début de l'été.... Fille perdue, fille facile, n'était-ce pas elle qui avait demandé ? Diable au corps, Margot, diable au cœur aussi, l'Homme-Sanglier t'avait-il planté un petite diablotin là, dans la poitrine, en même temps que toute sa joie et sa fureur de t'avoir, te dominer ?
Et à présent, plus personne ne te voulait.
Lentement, elle baissa les yeux jusqu'au gardien en larmes. Il avait une femme, deux enfants. Un d'un premier mariage, l'autre du second lit. De temps en temps il leur montrait les photos. Enfin, « leur »... pas à Margot, aux autres étudiants plutôt. Elle, on ne venait pas lui parler. Elle essayait pourtant, elle essayait parfois, ca r qui accepterait de vivre dans une solitude aussi douloureuse, si ce n'est ceux incapable de l'avoir éprouvé au moins une fois ?

 « Cessez de pleurer, c'était votre rôle de l'empêcher d'entrer.... Vous l'avez laissé, cependant. Je suis sûre que vous ne vous êtes pas battu, alors il est venu. Je m'en fiche de votre famille, de votre salaire de misère.... Nous sommes humains, putain ! Ca doit être instinctif normalement de défendre les autres, de protéger, surtout lorsque on est plus fort. Vous faites deux fois ma taille, vous avez une arme de service. Si la police arrivait, elle me reprocherait de l'avoir poignardé alors que je voulais simplement me défendre. »

Elle perdait pied, pauvre enfant, consciente de sa propre folie pourtant. Il y avait des larmes sur ses joues, elles avaient un goût de silence, non d'abandon. Parce que Margot n'abandonnait jamais, dans une guerre permanente pour offrir au monde un « NON » qu'on lui avait refusé plus de dix ans auparavant. Et dieu, ce mot, qu'elle l'avait crié....

 « Donnez-moi mon couteau, si je tue c'est pour mes raisons, non les vôtres. Je deviens folle, ça y est... Plus personne ne pleurera pour moi. Pas qu'ils l'aient beaucoup fait jusqu'à présent, enfin vous vous en foutez, vous. »

Respirer devenait difficile, entre les larmes et la colère. Margot leva une main tremblante cependant, défaisant les boutons de son chemisier, libérant sa gorge en feu. Elle les fermait beaucoup trop, ses vêtements, encore plus le soir venu. Religieuse de son propre ordre, au doigt dénué d'alliance, au cœur dénué de foi, elle ne priait pas, elle culpabilisait.

 « Tuer pour vivre, c'est ça le prix ? Vous saignez, vous devriez être à terre ; Et puis vous me faites peur aussi.... »

Une vérité lui brûla les yeux, alors qu'ils se faisaient face, alors qu'ils s'affrontaient. Elle n'avait pas voulu y mettre de mots avant ces ultimes secondes, à présent il le fallait. Pour elle, l'homme était venu pour elle. Elle eut un cri silencieux, yeux écarquillés, lèvres retroussées en une tristesse absolu. Parce qu'elle ne comprenait pas tout, Margot, parce qu'elle savait les lois des hommes, les prix à payer pour vivre à leur manière. Oublier, ravaler sa colère, pardonner même....

 « Je n'aurai jamais ma vengeance... »

Noir le sang de l'homme, noir son cœur à elle, un venin lui brûlait les veines depuis trop longtemps. Elle se souvenait du ciel bleu, de l'odeur de l'heure fraîche, de son propre corps brisé et des insectes sur ses jambes.
Avant, il y avait eu  LUI bien sûr, son parfum de forêt, ses cris de bête aussi. Il lui avait fait mal, riant de ses coups et de ses morsures. Qu'y avait-il eu dans son regard pour qu'elle oublie, cependant, incapable de donner à la police le moindre signalement ?

 « C'est illusoire, il m'a tué. A présent je suis celle que personne ne regarde, je n'ai plus à me soucier de plaire ou d'être belle, je ne le serai plus jamais. On m'a dit une fois que la douleur pouvait se mesurer, qu'il existait des moyens, des échelles, mais je n'ai pas pu avec la mienne. Je suis comme un cadavre, et je pleure d'une chose passée qui n'arrivera plus jamais. Comme une idiote, oui... Je ne vois pas qu'il y a un futur ou un présent, j'ai essayé, j'ai été jugé. Ca aussi ça vous intéresse pas, hein ? Je veux tuer, oublier les règles et les lois....mais je suis quelqu'un de raté. Je vous décevrai. Allez chercher une autre personne, quelqu'un de vivant, vous voyez bien que moi je pleure. C'est pitoyable, je suis pitoyable... »

Chaque trait de son corps à son visage était redessiné au pinceau de sa propre haine. Elle garda le dos droit pourtant, du moins elle essaya, tandis qu'elle se laissait tomber, vaincue, contre le dossier d'une chaise.
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