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 [flashback] diggin' my grave. (alecto)

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MessageSujet: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Mer 4 Mar - 23:53

He's a black magic wielder some say a witch, wielded darkness when he was wilein' on his mom's and he was born with the same blue eyes, crystal ships dripping with ice, diamonds coruscate — cocorosie
La journée a été calme ; le Nouvel An passé, le quartier a retrouvé sa grisaille habituelle. Un crachin sale tombe dehors, trempant les rares passants. Mise à part une mère fauchée venue récupérer sa Ford, pas un client ne s'est pointé. Billy n'en a pas grand-chose à foutre. Il bosse seul, et le garage est plus une excuse pour accueillir ses autres activités – un rien plus lucratives – qu'un véritable gagne-pain. Il n'a jamais roulé sur l'or, et maintenant ne semble pas être un bon moment pour commencer.

Le cul sur un vieux fauteuil, les talons sur son bureau, twizzler entre les dents, il mate un ancien numéro de Hustler featuring Crissy Moran “stuff my ballot box” – de quoi raviver vos instincts citoyens – et tout un paquet d'articles enrichissants tels que “America's Hottest Female Predators” ou le “Boobfest” (Denise Richards, Meg Ryan et Anne Hathaway), sans oublier le traditionnel “How to have a 3way”. Certes, y'a bien un truc sur 50 raisons de voter démocrate, mais y'a trop de mots pour lui. Billy préfère regarder les images. Et d'ailleurs, la pin-up des pages doubles du milieu est foutrement pas mal. Il la détache précautionneusement et l'accroche au mur, entre Kim Basinger et la Venus de Cabanel. Un truc du Vieux ça, d'afficher des peintres pompiers à côté de ses nanas. Remarque, Bouguereau fait pas tache non plus ; manque que Courbet et son Origine du Monde pour avoir une collection sérieuse. Billy ricane. Vu le nombre de latinos catholiques qui font appel à ses services, ils auraient vite fait de le faire cramer si il affichait ça. Il mâchonne son twizzler en rajustant les posters, et se recule pour admirer le mur. C'est vraiment pas crade, ça donne du cachet à la pièce.  

Alors qu'il s'auto-congratule sur ses talents d'architecte intérieur, une voiture discrète fait son apparition dans la cour et se gare sans bruit. Il est bientôt cinq heures et Billy ne fait pas d'heures sup. Vaut mieux pas que ce soit un gars en rade, parce qu'il devra patienter jusqu'à demain. Il jette un œil par la fenêtre ; c'est une nana qui descend de la bagnole. Et pas n'importe quelle nana bordel. Il a une bonne mémoire des gens, il reconnaît sa foutue silhouette de suite. L'Emmerdeuse. Billy aime bien donner des surnoms aux gens, et elle, elle a gagné le sien très vite. L'Emmerdeuse. Ça fait un bail qu'il ne l'a pas vue. Elle était venue un été, pour poser au Vieux tout un tas de questions sur tout un tas de trucs. Billy avait essayé d'être sympa avec elle, mais elle s'était montrée aussi froide qu'un putain de macchabée. Bon, p't'être bien qu'il avait un peu (trop) maté son décolleté. P't'être bien qu'il lui avait sorti un truc comme nice rack, avec son sourire en coin. P't'être bien qu'il lui avait fait un clin d’œil même. Ouais, p't'être bien qu'il s'était comporté comme un connard. Mais elle avait quand même mérité son surnom. Il se demande bien ce qu'elle vient foutre ici, et surtout maintenant. Il va se rasseoir derrière son bureau, les pompes sur un coin de la table, son twizzler agressivement mâchonné entre les dents. Elle entre, lui reprend la lecture de son Hustler. Les pages claquent bruyamment. Bordel, sa présence seule le fout en boule. Il lève vaguement les yeux, plus intéressé par les cuisses écartées en page 15 que par la brune en face. Billy a un ego très fragile. Ils se fixent – longtemps. C'est un sale jeu qui se met en place, où faut pas craquer, faut pas parler en premier. Faut pas être faible tu vois. Billy n'a jamais eu de patience. Au bout de quelques éternelles secondes, il desserre les lèvres de mauvaise grâce.

Ma'am.

Elle ne lui répond pas, son regard toujours accroché à sa gueule. Elle a ces yeux délavés, intenses, qui vous remue l'âme. Le genre de nana qui vous mate sans décrocher un mot. La mâchoire de Billy saille, l'espace d'un instant. Sa journée est gâchée.

J'peux vous aider?

Fais pas ton sauvage Billy. Sois poli. Souris à la dame. P't'être qu'elle gagnera un autre surnom quand elle repartira.


Dernière édition par Billy Carter le Dim 8 Mar - 4:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Dim 8 Mar - 1:29

© harvesting devil (codes) - 3lzyx (gif) ❧ feat olivia wilde


Diggin' my grave

billy carter & alecto fowler



Il était là, quelque part. Sur une étagère ou parmi d'autres vieux papiers, au fond d'un tiroir. Glissé entre deux livres ou perdu sous des monceaux de symboles et de notes griffonnés. Le fameux carnet.

Elle l'avait cherché durant des heures, au point d'en avoir retourné son appartement. Si le professeur était doué de capacités mnésiques exceptionnelles, ces dernières avaient aussi leur limite. Des archives, elle en conservait des quantités faramineuses, qu'elle triait généralement par année. Toutes n'avaient pas encore été rangées, tant elle manquait de temps et parfois de motivation ; il s'agissait des feuilles volantes qu'elle n'avait pas osé jeter, à l'époque où elle n'était encore qu'étudiante, ou bien toute jeune enseignante. Les recherches qu'elle avait faites, les ouvrages qu'elle avait découverts, les noms et les adresses qu'elle avait trouvés...

Les adresses.

Celle de l'italien devait se trouver parmi les documents et les informations amassées au fil du temps. Elle ne l'avait pas rencontré chez lui, mais il le lui avait donnée quand même, par précaution. Elle ne s'en était pas séparée, comme de tout le reste, sans doute parce qu'un instinct puissant l'avait guidée sur la voie qu'elle empruntait aujourd'hui. Elle se disait souvent que tout n'était pas que le fruit du hasard, et qu'elle avait été en quelque sorte... préparée.

Il avait insisté pour lui offrir un en-cas chez Paco's Tacos, le fast-food mexicain.  Comme elle l'avait harcelé au téléphone pour avoir cet entretien, elle avait accepté. Elle se souvenait des questions qu'elle lui avait posées, et de ses réponses... Puis, du garçon qui l'accompagnait. Un gamin du sud, comme elle, blond aux iris délavés et à l'accent bien trempé. Le petit con qui l'avait insupportée, et qu'elle avait fini par faire fuir à force de l'ignorer.
A l'époque, elle ne croyait en rien, mais elle avait des soupçons. Elle avait interrogé l'italien sur d'étranges cas de présences et de possession. Elle s'était délectée de ces histoires qui alors la passionnaient. Mais une fois son papier rédigé à l'aide de ces anecdotes, elle ne s'y était plus vraiment intéressée. Aujourd'hui, tout était différent. Elle savait, et elle avait besoin qu'on l'aide. Son exorciste habituel absorbait désormais plus d'alcool que son corps pouvait en tolérer et ses tentatives pour le dépêtrer de ce cycle infernal s'étaient montrées vaines. Ce n'était qu'un lâche, inconscient des méfaits que son inaction allait contribuer à faire perdurer, et elle devait absolument le remplacer.



* * *

le lendemain.

Machinalement, elle jeta un coup d'oeil furtif à la page du carnet resté ouvert sur son tableau de bord. L'inscription au crayon à papier s'était quasiment effacée, mais elle était toujours capable de la déchiffrer. Ou plutôt, maintenant qu'elle en discernait la majorité, elle se souvenait.

Leone Garage, West Adams, South L.A. Une évidence déconcertante. Si elle s'y était un temps soit peu intéressée par le passé, elle s'en serait souvenue, aurait simplement cherché l'endroit sur son téléphone ou son ordinateur, et se serait épargnée des heures de plongée inutiles dans ses vieux documents. Intérieurement, elle en rageait encore en descendant du véhicule,  mais c'était trop tard et finalement, elle avait ce qu'elle voulait. Sur une vieille façade dressée à même la terre battue, le nom de l'endroit était inscrit en lettres argentées, vieillies par le temps et la pluie.

A mesure qu'elle s'avançait vers la porte vitrée, ses talons s'enfonçaient dans le sol détrempé, sans toutefois parvenir à altérer son équilibre. D'un pas assuré, elle atteignit sa cible et pénétra aussitôt dans l'antre du mécanicien, au sec et au chaud. Un regard vaporeux lui suffit à examiner les lieux ;
Sur les murs, des femmes. Dénudées. Un détonnant mélange de peintures célèbres et de vieux posters récupérés dans les magazines. A la fois évident, et surprenant, elle s'en fit la réflexion. Une vieille horloge au revêtement cuivré indiquait cinq heures au dessus d'une série de casiers en fer. Et tout devant, affalé sur un siège en cuir, les bottes salissant un coin du bureau, le petit con de l'italien mâchouillait une friandise, visiblement imperturbable et condescendant.

Juste « pour voir », elle attendit un peu. Puis elle râcla sa gorge une fois, pour l'aider à décrocher de son périodique.

« Ma'am ». Elle ne dit rien, se contentant de l'observer, de le dévisager, constatant des effets du temps sur sa personne. En quelques années, il n'avait pas vraiment vieilli. Mais quelque chose en lui avait changé. Il semblait avoir mûri, fait tout à fait contradictoire avec l'attitude qu'il lui présentait. Elle refusait catégoriquement d'y croire. « J'peux vous aider ? » Elle attendit encore, peut-être pour réfléchir à ce qu'elle allait demander, peut-être tout simplement pour continuer à l'énerver...

C'était bien lui, ce gamin mal-élevé. Ce qu'il avait pu l'agacer...

« Je cherche Monsieur Leone. » Direct, clair, concis. L'homme en question devait traîner un sacré paquet d'années derrière lui. S'il vivait encore...  
Elle l'espérait fortement parce qu'elle avait besoin de ses conseils et de renseignements. Elle voulait des contacts avec lesquels travailler et jusqu'à présent il était le seul à pouvoir lui en fournir. « Est-il ici ? »

Nouveau silence, interminable. Et ses doigts pianotant sur les bords de son manteau mouillé.

« Ca ne concerne pas les autos... Vous savez sûrement de quoi je parle... »
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MessageSujet: Re: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Lun 9 Mar - 3:27

L'animosité envahit l'air, et son crâne est plein d'invectives et de ricanements. Billy s'est toujours trimballé la honte d'être ce qu'il est, parce qu'on le lui a toujours reproché. Assez intelligent pour comprendre, pas assez pour s'élever. Alors forcement quand il se trouve en face d'Elle, Elle avec toute sa morgue, les souvenirs le froissent, salement. Billy est rancunier comme c'est pas permis. L'animal tente pourtant de s'apprivoiser un peu, parce qu'il vaut mieux que ça. Il vaut mieux qu'un déchet du Sud égaré en Californie, à la gueule enfarinée et aux manières douteuses. Parfois, il sait se contrôler.

Il sait écouter. Elle se met à parler du Vieux. C'est logique. Pour qui d'autre aurait-elle pu traîner sa carcasse jusqu'à leur garage ? Monsieur Leone qu'elle lui dit. Je cherche monsieur Leone. Une éternité que personne ne l'a appelé comme ça; peut-être que la dernière fois remonte même à cet été où elle les avait graciés de sa présence. Peut-être que depuis, personne n'a appelé le Vieux comme ça. Une vague de tristesse balaye sa rancœur, et la brutalité peinturlurée sur son visage reflue comme elle était venue. Même six pieds sous terre, le Vieux sait l'apaiser. Il ne la regarde plus. Il plie soigneusement son Hustler et se lève; le twizzler est envoyé à la poubelle, les doigts attrapent une gitane qu'ils allument une fois coincée entre les crocs blancs. Clac, clac, fait le zippo. Il fait le tour du bureau, arrime ses reins contre l'avant du bois poli. Ça le rend foutrement triste de parler du Vieux. Ses poumons lui font mal, à cause du deuil et de la cigarette aussi, sûrement, un peu. La Dame, elle, s’impatiente. « Il est mort. » qu'il finit par lâcher. « Il est mort naturellement, 'pas très longtemps de ça. » Il lève ses grands yeux bleus vers les siens, lui offrant un regard d'excuse. « Désolé. »

Le Vieux n'est peut-être plus là, mais lui peut l'aider. Elle a précisé que ses affaires concernaient l'autre business. C'qui veut dire qu'elle sait maintenant; avec toutes les questions qu'elle posait, il n'est pas vraiment étonné. Elle a fini par passer de l'autre côté du miroir. J'espère que t'aimes ton nouveau monde, Alice. Il se sent un peu triste pour elle aussi. Parfois c'est mieux de rester innocent. Elle n'a pas l'air fragile, mais des choses grouillent dans son ombre. Maintenant qu'il n'est plus en colère, il sent tout ça, tous ces morceaux d'incertain qui flottent derrière elle et qu'elle veut cacher mais qui la suivent. Il la regarde vraiment et, pour la première fois, voit en elle autre chose qu'une nana bardée de diplômes, au maintien plus frigide que la Sainte-Vierge.

Le Vieux n'est peut-être plus là, mais lui peut l'aider. Il s'avance vers elle, sa clope entre les lèvres. Si elle est venue jusqu'ici, autant la recevoir comme il se doit; le Vieux plaisantait pas avec l'hospitalité, surtout si on te demande ton aide. Maintenant qu'elle l'a évoqué et que l'empreinte de sa présence est là, dans la pièce comme les restes d'un spectre, il n'a pas d'autre choix que de lui faire honneur. « J'ai repris son autre business en même temps que le garage. Mais p't'être que vous voulez vous mettre un peu plus à l'aise ? Je peux vous prendre votre manteau ? Asseyez-vous. » D'un geste évasif, il désigne l'autre fauteuil en face du bureau. « J'ai du café si vous voulez. » Il déballe ses phrases de politesse avec délicatesse, comme autant de petites gemmes qui rouleraient sur sa langue. Billy n'est pas souvent délicat, c'est un peu étrange. Elle lui tend son manteau et il le prend pour qu'elle puisse s'installer tranquillement. Il dépose son paquet mouillé près du chauffage, et va leur chercher des tasses chaudes.

Il revient au bout d'un moment, pose les deux cafés devant eux, s'installe à son tour. Puis il sort un petit carnet, où il note toutes les affaires de sa calligraphie propre et appliquée d'homme qui n'écrit pas beaucoup. Il tourne les pages couvertes d'encre. Parfois il y a des photos, parfois il y a des dessins. Il arrive finalement à une page vierge dont il aplatit le bord central avec le plat de la main. « Alors vous avez une affaire, ou vous cherchez juste des renseignements ? » Il reprend une cigarette, rallume son zippo, repeuple la pièce de fumée goudronnée. Elle peut la cracher son histoire, il est prêt à écouter.
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MessageSujet: Re: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Jeu 26 Mar - 19:07

© harvesting devil (codes) - 3lzyx (gif) ❧ feat olivia wilde


Diggin' my grave

billy carter & alecto fowler



Que c'était long. Tout ce temps à l'observer, à scruter ses moindres gestes, dans l'espoir de voir enfin ses lèvres s'animer pour raconter quelque chose d'utile... Une attente insoutenable, comme le petit manège auquel il prenait soin de se livrer, avant d'enfin daigner lui donner une réponse acceptable. Heureusement pour lui, elle était patiente... et imperturbable.

« Il est mort ». Mort. Et l'annonce cinglante, comme un pavé venu lourdement s'écraser sur le sol.
Mort. Il aurait été mentir que de dire qu'elle ne s'y était pas au moins attendue. Il était déjà particulièrement âgé lorsqu'elle l'avait interrogé il y avait de ça quelques années. C'était un fait désormais : il ne pouvait plus l'aider. Mais peut-être avait-il légué certaines connaissances à son protégé... ? Vint alors le moment tant Redouté.

« Il est mort naturellement, 'pas très longtemps de ça. Désolé. J'ai repris son autre business en même temps que le garage. Mais p't'être que vous voulez vous mettre un peu plus à l'aise ? Je peux vous prendre votre manteau ? Asseyez-vous ».
Ses yeux toujours profondément ancrés dans les siens, elle l'affrontait, par habitude, cherchant peut-être à le déstabiliser. Elle ne lâchait jamais. Jamais. Pas même quand il était question de sentiments. La perspective de devoir s'en remettre au gamin ne l'enchantait guère, aussi s'accorda-t-elle un temps pour se demander s'il ne valait pas mieux faire demi-tour, tout arrêter... puis la Raison l'emporta sur sa fierté. Elle s'installa paisiblement dans le fauteuil qu'il présentait, après avoir ôté son trench dégoulinant.

Il pouvait toujours lui donner des noms ; ce n'était l'affaire que de quelques minutes et d'une courtoisie forcée. Des efforts mutuels à en juger par le ton devenu affable et les manières polies...

« Vous m'en voyez navrée ». Ce n'était pas de l'ironie. Mais au fond, elle était tout autant désolée pour lui, que pour ses plans tout à coup ruinés. Et la proposition de café ne fut pas de trop ; peut-être que l'ancêtre lui avait enseigné l'art du Grand Noir italien... si c'était le cas, une simple gorgée lui ferait le plus grand bien. « Volontiers ».

Puis il disparut, lui offrant ainsi quelques minutes de répit. Quelques minutes durant lesquelles, elle détailla, observa, fidèle à elle-même. Cela pouvait durer des heures, elle pouvait recommencer des centaines de fois... Son cerveau imprimait la pièce, avec tous ses détails graveleux, ses surprises, ses originalités... Une antre un peu complexe, qu'elle n'était pas à même de comprendre car trop peu habituée à visiter. Perplexe, elle finit par se perdre dans sa contemplation, les bruits de pas s'approchant parvenant seuls à l'en extirper.

« Alors vous avez une affaire, ou vous cherchez juste des renseignements ? » Comme il tripotait cet intriguant carnet, elle referma ses paumes autour de la tasse brûlante et releva les yeux. Pour la première fois, il lui donnait l'impression d'être prise au sérieux. Leur entrevue ne se révélerait peut-être pas aussi terrible qu'elle l'avait imaginée...  

D'un geste précis, elle fendit un sucre entre ses doigts et en glissa la moitié dans son café. Elle n'avait jamais pu le boire autrement depuis la mort de son fils. C'était là une bien étrange association, qu'elle-même n'aurait su vous expliquer.
« Je pense que vous pouvez m'aider. » Elle souffla doucement sur le liquide ébène et moussant, retardant délibérément la suite de ses raisons. « J'ai travaillé durant des mois avec une personne qui n'est plus disponible. Je recherche quelqu'un de confiance pour la remplacer. » En vérité, elle n'avait aucune envie de s'éterniser. Plus vite son problème serait exposé, et plus vite elle repartirait, avec ou sans ce qu'elle était venue chercher.
« Auriez-vous conservé quelques contacts de votre mentor ? » Le mot était peut-être exagéré. Il lui avait échappé, à elle qui avait cette fâcheuse tendance à tout contrôler. « Pour être tout à fait franche... » Long, très long silence. « ...Je recherche un profil avec de l'expérience en Exorcisme. »

Sèche. Sévère. Insensible. Pressée.

« Vous avez un nom, un numéro de téléphone à proposer ? »

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MessageSujet: Re: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Dim 5 Avr - 0:58

Les condoléances, les éternelles condoléances qui résonnent platement dans la pièce. C'est toujours un peu étrange d'annoncer une mort. Il était là, il ne l'est plus. Comme ça, disparu. La froide brune ne s'éternise pas; ce n'est pas le genre de la maison apparemment. Lui non plus ne s'attarde pas sur ses sentiments. Billy préfère se concentrer sur les paroles que ses lèvres déroulent, entre deux gorgées de café. Il hausse un sourcil lorsqu'elle annonce un partenariat qui n'est plus, mais la laisse parler. Au fil du temps, il a fini par comprendre qu'une fois son carnet sorti, mieux vaut simplement laisser la personne en face parler. Qu'elle déballe toute la lie qui traîne sur sa langue d'un coup et d'un seul. Ne jamais les interrompre. Souvent, les gens n'attendent que de raconter leurs contes; c'est dangereux de les interrompre. Le Vieux disait qu'il n'y a pas plus frustrant qu'une histoire dont on ne connaît pas la fin. C'est foutrement vrai. Billy n'est là que pour en attraper des petits bouts de l'histoire, et tenter de les aider, au passage. Mais il sait pas bien encore si celle-là se laissera aider.

Mentalement, sans y faire vraiment attention – Billy ne fait jamais très attention – il remarque l'emploi du vocabulaire. Elle dit travailler. Elle dit personne de confiance. Elle dit contacts. Tout un tas de mots qui prouvent que ça fait un moment qu'elle y est, de l'autre côté du miroir. Tout un tas de mots qui n'annonce rien de bon. Elle ne cherche pas un deal pour l'affaire d'un soir comme il le pensait au début, comme c'est le cas pour beaucoup de ceux qui s'échouent ici, derrière ce bureau, sur cette chaise avec cette tasse de café. Non. Elle, elle cherche une relation sur le long terme. C'est plus compliqué, forcément.

Il note

« Alecto (?? ) cf. carnets XIV été. Prof à l'UCLA, religions (à verif.), besoin d'un nouveau partenaire.
Problème relationnels ? Cohèqui coéquipière maladroite ? Chasse qui a mal tournée ? Psychopa
Sait des trucs, peut être utile. Échange de services ? À voir.
 »

Et puis un silence. Le flot de paroles qui s'interrompt brutalement. Puis elle reprend, et lâche le mot qui ronge sa bouche depuis le début. Exorciste. Enfin, on en vient au cœur du problème. À peine Billy avait entendu le mot partenaire qu'il savait déjà qu'il pourrait convenir pour son job. Et à peine avait-il entendu le mot partenaire, qu'il savait déjà qu'elle ne lui proposerait pas. T'as pas un numéro. Putain, tu crois que je fais quoi. Il fait semblant d'écrire encore dans son petit carnet pour se donner le temps de réfléchir, et ça dure quelques minutes de plus. Puis il le referme d'un coup sec. Il se redresse sur son fauteuil, tire sur sa clope, gratte son début de barbe. « Je peux vous donner le mien, de numéro. » Nouvelle taffe, et les lèvres qui laissent échapper des dragons éphémères. « J'ai des honoraires corrects, et j'peux même vous faire un prix si vous échangez quelques infos à l'occasion. J'crois que vous êtes prof c'est ça ? J'vais pas vous cacher que les livres me cassent les couilles alors – alors des fois j'me laisse un peu surprendre parce que j'ai pas assez de – savoir. Ouais. » Il tape sa cendre dans une vieille canette de coca. Il cherche son regard, et le trouve; elle le soutient, avec quelque chose à l'intérieur qu'il n'arrive pas à définir. Lui est juste curieux maintenant. Après avoir dressé une liste mentale du pour et du contre, il en vient à se dire qu'une association ne serait pas si terrible. Des partenaires il en a, mais personne qui dispose d'autant de savoir. Reste à découvrir si la nana sait se débrouiller. C'est bien beau de se trimballer avec des airs de serial-killer placardés sur la gueule; encore faut-il y vivre à la hauteur de ces airs. « J'en sais rien, j'sens que ça pourrait nous être profitable à tous les deux. J'peux vous aider, et vous m'aidez en retour. Après –  » Une pause, la clope éraflée sur un bord coupant, lâchée dans les tréfonds de la boite d'acier. « Après, j'pense que si ça vous tente, on fait le job pour lequel vous êtes venue chercher un contact, et on voit si on se convient l'un à l'autre. Rien ne me dit que vous êtes douée. No offense»
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MessageSujet: Re: [flashback] diggin' my grave. (alecto)   Dim 14 Juin - 15:51

olivia wilde

« Je peux vous donner le mien, de numéro ».

Les lèvres pincées, signe d'une intense réflexion, l'enquêtrice écarquilla ses jolis yeux avant de plonger avec détermination dans ceux de son interlocuteur. Le geste trahissant ses pensées, elle abaissa doucement sa tasse de café tandis que sa bouche s'entrouvrait pour marquer ses réticences.
Elle ne s'attendait pas à ça. Le Sud n'était pas vraiment son secteur d'action. Elle n'était pas venue dans ce quartier depuis l'interview que Leone lui avait donnée. Avant aujourd'hui elle n'avait aucune idée de ce qui était advenu de lui et elle ne se doutait pas non plus que son ombre blonde avait pris sa succession. A tous les niveaux. Et là, il n'était pas en train de la draguer mais bien de lui expliquer qu'il faisait affaire dans le paranormal. "J'ai repris son business en même temps que le garage", il le lui avait dit pourtant. Il ne donnait aucun nom, il se proposait, lui, tout simplement.

Comment lui dire gentiment qu'il ne lui inspirait aucune confiance ? Que son jugement sur sa personne était si profondément ancré en elle qu'elle ne l'imaginait pas du tout en partenaire fiable et constant ? L'idéal aurait été un prêtre. C'était bien là l'excuse qu'elle mourrait d'envie d'utiliser mais ce n'était pas totalement vrai. Elle n'était pas venue là dans l'idée de forcément récupérer un Homme d’Église. Elle savait qu'eux s'avéraient plus méfiants et beaucoup moins accessibles. Aussi, elle préférait travailler librement.
Mais la suite lui donna finalement suffisamment de matière pour refuser poliment. A honoraires corrects, elle manqua bondir de sa chaise pour l'arrêter sur le champ. L'aspect lucratif de ses missions lui avait toujours échappé. Elle n'avait jamais pensé réclamer le moindre dollar en échange de la résolution de ses enquêtes et à l'inverse, il était totalement hors de question pour elle de payer pour de l'aide.


olivia wildeSe tortillant sur sa chaise, impatiente d'en finir, elle esquissa un sourire mielleux, de ceux qui se teintent de mépris et aussi de suffisance. Le bout des doigts levé en signe de refus catégorique, elle exprima son point de vue quand survint le silence :

« L'appât du gain ne fait pas partie de mes motivations. Je ne veux pas d'argent et je ne rémunère pas non plus mes partenaires contre un peu d'aide et de temps libre. J'ai bien peur de devoir décliner votre proposition ».

Elle ne pouvait l'imaginer en traqueur sérieux. Elle se disait qu'il utilisait sûrement les histoires et les enseignements de son ancien patron pour arnaquer les gens, comme beaucoup trop le font dans la profession. Quelque part il avait l'air consciencieux pourtant, et il s'était montré franc en révélant ses faiblesses et en acceptant qu'on les comble. Mais il l'avait vexée aussi en un sens, parce qu'ils étaient deux à pouvoir douter de l'autre, et cela il n'avait pas l'air d'en avoir conscience.

« Je ne suis pas venue pour me moquer de vous ni pour relater des faits dans un journal, monsieur Carter ». Ses orbes s'étaient posées sur les cartes de visite en coin de bureau. « Je ne recherche ni fantaisie ni frisson ; je veux seulement aider des gens et résoudre certains mystères, cela sans demander la moindre rétribution ».

Elle se leva enfin, quasiment certaine qu'il n'insisterait pas pour collaborer avec elle s'il n'y avait pas d'argent à la clef. C'était peut-être ça qu'il espérait trouver dans les livres, un peu de psychologie pour mieux entrer dans le jeu de sa prétendue clientèle. Malheureusement pour lui, ça n'avait jamais été son domaine...

« J'enseigne l'histoire des religions ; et je veux pouvoir enquêter avec quelqu'un de sérieux et de  fiable. No offense...  », -une pointe de satisfaction dans la voix-, s'empressa-t-elle d'ajouter.

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