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 The Truth is out There - Ake

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MessageSujet: The Truth is out There - Ake   Ven 20 Mar - 19:34

Shut up and Die
Depuis quelques temps, rendre visite à Brynhildr représentait des risques considérables. Margot n'avait juste pas décidé encore en quoi précisément : vie, santé mentale, santé physique... ? Peut-être un savant mélange de tout cela, et de bien plus encore.
Le chaos avait un nom : Ake. La jeune fillle ne savait pas ce qu'ils étaient l'un pour l'autre. Brynhildr et Ake hein, pas elle et Ake. Elle ne savait pas, et le demandait encore moins. A chacun ses secrets, mais le jeune homme habitait plus ou moins chez l'autre femme. Il était spécial, particulier, et faisait que cet endroit que Margot avait toujours considéré comme un havre de paix, n'était désormais plus qu'un champs de bataille. Cela réduisait ses zones de confiance, il n'y avait plus désormais que l'appartement de sa tante, certaines pièces tout du moins, et le bureau d'Argus.

Brynhildr, Argus. Une autre histoire, Margot n'y avait pas de place, parce que le passé était une chose, le présent une autre. La jeune femme savait ce qu'elle était : ce présent justement. Quant au futur, elle comprenait qu'un jour elle n'en ferait pas partie. Bryn peut être, énigmatique et rusée, sensuelle, féminine, lorsque Margot n'était qu'un brouillon de femme... Bryn saurait toujours trouver une place quelque part, elle, elle était trop instable. Margot l'admirait, mais la copier ne servirait à rien. Elle tâchait de trouver chez son aînée quelques conseils, le plus souvent elle ne les suivait pas. Cela impliquerait trop de choses, être sociable notamment. Margot ne le pouvait pas, un défaut. Ses autres professeurs le lui reprochaient parfois, ils avaient raison. Néanmoins pour quiconque portant un cœur sans armure, autrui ne pouvait être qu'une douleur. A corps perdu, elle s'était jetée sur Argus. Une solitude pour répondre à une autre, rien de plus. Il y avait des rumeurs, des choses, des « on-dits ». Pourtant le lien que Margot avait tissé avec son professeur possédait plus de pureté que deux êtres n'en auraient jamais. Alors elle se souciait peu de savoir à quel point il était partagé. Cette relation, la fierté qu'elle essayait de lui donner, c'était là sa seule rédemption.
Ake détestait Argus, enfin c'était sûrement plus compliqué mais on pouvait le résumer ainsi. Il l'avait dit à Margot, un soir où ils étaient coincés tous les deux à attendre le retour de Bryn. Il le lui avait dit à mots couverts tout en lui resservant de l'alcool fort. Elle n'avait jamais bu autant et jamais plus elle ne toucherait au whisky en fait. Jamais... Cela s'était terminé par elle, frappant Ake à s'en faire mal au poing. Tant mieux, car ivre ses actions étaient instinctives. Conditionnée par l'enseignement d'Argus, perdue entre le bien et le mal, la jeune femme savait qu'elle aurait pu éventrer l'autre simplement par légitime défense.
Elle aimait tuer, ce n'était pas un plaisir, juste un sentiment diffus, une plénitude. Les cris de douleur, les agonies, les suppliques...cela ne faisait pas partie de son monde. Il y avait la viande, tout simplement. Argus l'éduquait de manière à ne pas craindre les remords, mais bien en comprendre les tenants et aboutissants de manière à ne pas en ressentir.
Elle en avait eu un peu après avoir frappé Ake. Remords de ne pas avoir pu mieux gérer la situation, de s'être laissée aller à de tels élans. Ce n'était pas bien. La Panique, la peur.

Ake la poussait loin, bien plus loin qu'elle ne le devrait. Margot suivait des codes, des frontières et des limites, sauf lorsque le jeune homme venait les lui brouiller, implacable, capricieux. Elle avait juré de ne plus boire, refusant jusqu'aux verres de vin à table. Jusqu'à ce qu'elle reprenne confiance en elle, sache se contrôler.

 « Brynhildr ? La porte est ouverte, j'entre ... »

Elle avait des documents à lui rendre, des rapports d'autopsie que normalement l'autre femme n'aurait pas du lui montrer, encore moins lui prêter, mais Margot savait assez jouer les ingénues pour contrer cela.

Les pièces étaient vides, silencieuses. Pas de traces du cataclysme humain...bien ! Pas de traces de l'autre femme non plus, un instant Margot songea qu'elle pouvait se trouver avec Argus. Seule. Bizarrement elle n'en conçu aucune jalousie, enfin pas vraiment...si ? Peut-être.

Sur la table, un plateau avec une fournée de cookies. Elle voulait rester, attendre un peu. Voir Bryn, parler un peu, échanger avec une femme autre que sa tante.

Gourmande, après avoir vérifié une énième fois que personne ne venait, Margot se saisit d'un cookie. Le pauvre gâteau ne lui fit à peine qu'une bouchée, bon, délicieux même avec un arrière goût un peu fumé, difficilement identifiable.

Et cela lui suffit pour s'allonger à moitié sur le canapé, les paupières lourdes, les pensées colorées mais obscures pourtant. Il y avait quelque chose, une envie d'étoiles et de galaxie, un corps soudain différent, il y avait aussi le feu et le sang, quelque chose à ressentir, autre chose tout simplement.

 « Oh Seigneur... »

Ainsi Margot découvrit les space cookies....
electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Dim 22 Mar - 20:05


Please don’t die


Il su à la seconde où il toucha la clanche que quelque chose n’allait pas. Fermer la porte à clé, c’était pour les pédés. Et il l’était pas, c’était ceux qui payaient quasiment pour la lui sucer qui l’étaient. Bref, il aurait pas fermé cette foutue porte. A fortiori lorsqu’il ne s’éclipsait qu’une petite demi heure pour se remplir les poches de munitions et faire celle des autres à l’occasion, histoire de pouvoir accomplir sa première mission.

Le problème dans toute cette situation, c’est qu’il y avait plusieurs problèmes. D’une, et puisqu’il ne prenait jamais la peine de fermer, il n’avait évidemment pas pris les clés (être con, oui, mais avec un minimum de logique dans la bêtise s’il vous plait). En soi, ce n’était pas vraiment un problème, puisqu’il prenait toujours le soin d’emporter sur lui ce qu’il appelait son Pass Universel : un petit bout de radio. Always be ready. Non, le réel problème était l’être machiavélique qui était à l’origine de toute cette situation et du fait qu’il fixait d’un air vide la porte depuis dix minutes, les bras chargés de courses et les poches pleines de substances illicites. A lui tout seul, il devait au moins porter tout le tableau périodique sur lui.

Il procéda par élimination, ce qui prit somme toute très peu de temps vu que le nombre de personnes disposant d’un double des clés s’élevait au nombre de trois. Et qu’il n’était même pas dedans, faute d’avoir perdu ses trois premiers doubles en moins de 24h. Toujours est il que, le cerveau englué sous des couches de poudre et de fumées, la chose n’allait pas être une mince affaire.

Bryn fut rapidement écartée de la liste des suspects. Elle connaissait les habitudes plutôt originales du jeune homme et lui faisait visiblement suffisamment confiance, en plus de lui prêter son intérieur, pour déloger n’importe quel importun en aurait profité pour rentrer.

Il ne restait donc que son grand ami Argus et …Margot. Ah Margot. Mais Argus d’abord. Le blond fixa d’un air critique la porte. Pas de grésillement, il n’en avait sans doute pas électrifié la poignée (comme si le pauvre homme allait risquer de faire passer sur le grill sa dulcinée simplement pour se débarrasser de sa misérable existence). Sortant précautionneusement l’épaisse radio, il tritura à peine la fente entre la porte et le chambranle avant d’entendre le déclic salvateur, qui l’informa au passage qu’il n’allait pas mourir tout de suite. Sinon, le hachis de ses organes recouvrirait déjà tout le couloir du sol au plafond. Avec un peu de chance, l’acariâtre voisine  qui tapait du balai à chaque fois qu’il osait renifler un peu trop fort en aurait pris dans la figure, ça lui aurait fait les pieds. Ou les cors qu’elle avait aux pieds.  

Il frissonna d’horreur à cette pensée et secoua la tête avant de se glisser à l’intérieur. Mauvaise idée s’il en était, à voir cette table qui se tordait sous ses yeux pour aller se coller au plafond. Go home table, you’re drunk. Et lui était sévèrement attaqué par le cookie qu’il avait pris le soin de croquer avant de partir. Peut être pour ça que l’épicier s’était magiquement dupliqué sous ses yeux alors qu’il lui rendait la monnaie.

Le vieux parquet – son cher ami, cache idéale de toutes ses lubies-, craqua encore sous ses pieds. En retour…Rien. Pas une remarque acerbe, ni un soupir exaspéré de le voir une nouvelle fois trainer dans le coin. Pas non plus de lit qui grince au doux rythme de la rumba horizontale qu’il entendait parfois entre deux paquets de chips.

Il ne restait donc que …Margot. Etendue sur le canapé, une jambe pendant un peu sur le côté, et d’une pâleur digne d’un macchabé qui titillait ses tendances nécrophiles qu’il savait pourtant inexistantes. A 99.99%. Il haussa un sourcil à son manque de réaction, alors qu’il secouait son épaule pour la troisième fois et ne mit pas longtemps à mettre 2 et 2 ensemble en voyant les vestiges du gâteau encore dans la main de la rousse.

Putain.

Et si….elle était morte ? D’un geste un peu maladroit, il s’appuya sur le dossier du canapé et tenta de sauter par dessus pour arriver plus vite de l’autre côté à son chevet. Selon ses estimations, il allait soit lui atterrir dessus – et potentiellement l’écraser- soit s’exploser les dents sur la table basse. Fort heureusement, l’exactitude scientifique de ses projections était évidemment inversement proportionnelle au nombre de grammes de « farine » qu’il avait dans le nez, n’ayant pas pris en compte la variable « mes jambes ne me répondent plus et je fais un roulé boulé la tête la première », ce qui eut le mérite d’arracher un grognement à la loque humaine affalée sur le canapé.

- HALLELUJAH ! REPRENDS AVEC MOI MA SŒUR HALLE….. il fit mine de tendre un micro vers la rousse, une main levée vers le ciel avec un air de prêtre gogo extatique qu’on croisait ci souvent dans les trous isolés au fin fond du Texas, lesquels prétendaient souvent pouvoir soigner votre herpès avec une simple signature au bas de ce chèque en blanc. La foi était quand même formidable.

Devant l’évident manque de réceptivité de la jeune fille, son cœur s’emballa. Merde, merde, merde, avait il un peu surdosé sa pâte ? Sans doute pour un novice. Meeeeerde. Et si elle mourrait, et que les autres arrivaient avant qu’il ait eu le temps de cacher le corps ? Est ce qu’il pouvait la cacher sous ce tapis ? Bon sang ce tapis était hideux, il avait aucune chance. Il était foutu.

Pas de panique. Surtout, ne pas paniquer. A chaque problème, sa solution et celle-ci ne passait pas toujours nécessairement par la dissolution d’un corps dans un bain d’acide. Du moins, pas en premier. Réfléchir, réfléchir, réfléchir. Qu’avait il pu bien mettre dans ses cookies ? Beuh ou coke ? Coke ou Beuh ? De là dépendait le remède, et donc –et il en était persuadé- la survie de la jeune fille. Désarmé devant l’absence de coopération de son muscle ? Organe ? Truc cognitif, le blond poussa presque sans égard les fesses de la rousse un peu plus loin dans le canapé tout en roulant de ses doigts experts un joint de la taille d’un baobab qu’il alluma dans la foulée.

Tirant une longue taffe pour calmer le tremblement de ses mains, il finit par sortir un minuscule sachet plein de petite poudre blanche de sa veste. Aux grands mots, les grands remèdes, il saupoudra les narines de la jeune femme de coke –antidote naturel de la beuh qu’il aurait mit dans ses cookies- et se pencha au dessus d’elle pour lui accorder un long baiser fumant parfumé à la Weed.

Les deux substances s’opposant aussi sûrement que le yin et le yang, la belle au bois dormant allait bien finir par se réveiller, non ?

Au pire, il restait toujours le tapis.

electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Mar 24 Mar - 18:11

Shut up and Die
Immobile et vaincue, un sanglier lui dévorait le cœur, lui dévorait la main. Les dents avides fourrageaient chaque centimètre de peau, une douleur en remplaçant une autre, alors que la jeune femme se pensait cadavre. Elle gardait les yeux ouverts, au moins un peu. A peine voyait-elle la silhouette noire et poilue au dessus d'elle. Normalement, Margot aurait hurlé de peur, c'était le scénario de chacun de ses cauchemars et toujours le Sanglier était là. Sauf que la jeune femme était morte, voilà pourquoi elle ne ressentait rien, pas même la moindre douleur. Des sensations diffuses de fourmillement parvenaient à peine à la tenir éveillée. Les larves sans doute, elles aussi, elles la dévoraient.
Il y avait du bruit un peu, comme une voix. Une voix dont la morte ne se souciait pas. Elle ne pensait plus, lourde pourtant, et regrettait que sa conscience restât la même également. L'éternité allait être longue si même après pourrissement, elle continuait de penser.
Une bouche prononça quelque chose, le sanglier continuait de manger. Ce n'était pas bien, pas gentil... « Hallelujah ? » On pouvait vraiment dire ça devant un cadavre que l'on souillait ? L'animal avait les yeux rouges, méchants. Parce que Margot l'avait abattu une fois, alors il se vengeait. Très bien, qu'il fasse du mal à son corps, la jeune femme s'en foutait : elle était morte, elle n'y habiterait plus.
Sinon elle pleurerait bien sûr, comme la première fois. Sauf qu'elle n'avait plus à ressentir la douleur, bien que le fourmillement augmentait, augmentait....
Les larves dans les cadavres, elles devenaient papillons ?

Le sanglier bougea, prêt à lui dévorer la tête sans doute. Elle ferma les yeux, une odeur de blé trop mûr dans les narines. Etait-elle encore là-bas, avec l'ombre de la maison de sa mère non loin et personne pour venir alors qu'elle hurlait ? Non, parce qu'elle ne hurlait pas... Une larve s'échappa du fond de sa gorge, elle lui avait mangé la voix. Lentement, le ver laissa se craqueler la peau épaisse et gluante pour faire sortir deux ailes membraneuses et colorées. Oui colorées enfin juste un peu... Les ailes lui recouvraient la bouche, lui recouvraient les lèvres, alors Margot rouvrit les yeux, heureuse d'y voir un peu e beauté là dedans. Mieux valait les ailes u papillon que les poils du sanglier.

Mais contre les défenses de l'animal, l'insecte soudain fut déchiqueté. Viendrait-il au Royaume des Morts avec elle ? Peut-être, elle s'accrocherait à lui, souple et légère, et tous les deux ils s'envoleraient...

Cela la fit sourire, heureuse. Et le sanglier l'embrassa. Elle ne voulait pas de lui, préférant le papillon. Parce que le sanglier la ramenait à l vie, à la douleur dans un corps déjà mort. Déjà son muscle cardiaque devenait une blessure à battre trop vite, à battre trop fort. Elle vivait, loin ds champs de blés mûrs, loin des douleurs des étés passés, elle vivait.
Il y eut un hurlement, personne ne l'entendit. Parce qu'il y avait des lèvres sur les siennes et qu'elles avalaient tout. Cela faisait peur, cela faisait mal surtout comme la toute première fois. Elle n'avait pas voulu, elle n'avait pas choisi, elle portait une jupe encore aujourd'hui. Malade, son cerveau enregistrait tous les détails dans une terreur profonde alors que la jeune femme se débattait avec elle-même.

 « S'il vous plaît, non.... »Et elle avait quelque chose à dire, Margot, même si là dessus personne ne l'écoutait jamais.  « Je ne veux pas ! »

Je ne veux pas.. Elle le lu cracha au visage comme un mauvais sort, mais ce n'était pas assez fort. Alors elle le cria à nouveau jusqu'à ce que le sanglier perdent ses poils. Il n'avait plus qu'une défense désormais, l'autre était tombée. Son poids aussi changea, bien que sous lui Margot pouvait bouger encore un peu, s'échapper. Elle tremblait, effrayée et les yeux hagards, jusqu'à se laisser tomber du canapé. Son esprit fatigué lui soufflait des ordres contradictoires : se lever, rampe, partir et rester. Appeler à l'aide mais ne prévenir personne. Elle se souvenait de la HONTE pas vrai ? Elle ne voulait pas que ça recommence, HEIN ? HONTE....

Les odeurs, les formes, tout redevenait familier. Le sanglier était parti, caché quelque part sûrement prêt à ressurgir lorsque Margot serait faible à nouveau. Il n'y avait qu'Ake. Ake et son propre danger à lui. Elle avait envie de rire, elle avait envie de pleurer aussi, alors Margot fit les deux, le visage entre les mains. La terreur restait, la terreur restait toujours.

 « Ah... c'est toi. Je m'étais endormie. Brynhildr...elle rentre bientôt ? » Un ton plein d'espoir, comme si l'autre femme la délivrerait du cauchemar. En réalité, ce que voulait Margot c'était Argus, mais l'homme serait certainement très mécontent d'elle. Rien qu'à l'idée, la jeune fille en rougissait, honteuse.

HONTE

Mieux valait Brynhildr, ses mains douces et sa voix calme. Argus devait sans doute préférer Margot fière et forte, tant qu'elle était autre chose, la jeune femme n'avait pas le droit de le voir. Elle recula un peu, les genoux repliés contre elle, jusqu'à ce que son dos touche le mur.

 « T'approche pas, je suis malade »

Et sale.

 « malade..

electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Ven 3 Avr - 21:05


Please don’t die



- S’il vous plait …non, JE NE VEUX PAS !

Une tarte aller-retour dans la tronche ne l’aurait sans doute pas plus vexé que ce vomi verbal balancé sans vergogne à son visage d’ange. A mille lieues d’imaginer la descente hallucinée de Margot dans les tréfonds de son esprit et de sa démence passagère – ou latente- le blond se redressa avec une moue contrariée, les bras croisés. Oui, c’était puéril. Oui, elle n’avait sans doute pas conscience de ce qu’elle le rejetait alors qu’il venait bien de lui SAUVER LA VIE. Car oui, il estimait qu’il venait d’effectuer là une réanimation pas tout à fait dans les règles de l’art, mais qui mériterait tout de même que le Conseil de l’Ordre ait la décence de se déplacer pour acclamer cette prouesse médicale.

Et non, sa constipation mentale induite par toutes ces substances illicites dans un corps taillé en échalote comme le sien ne lui permettait pas de se rendre compte que tout ce qu’il pensait était complètement baisé.  

Si bien qu’il ne remarqua la chute de Margot qu’une fois que celle-ci – qui lui colla au passage un coup de pied dans le nez durant sa chute -fut sur le sol, à se tortiller dans des entraves imaginaires vues d’elle seulement… Jusqu’à ce qu’elle pète un câble. Purement, et simplement. Une durite avait semblé sauter dans l’esprit de la rousse, dont le visage grimaçant reflétait tour à tour une hilarité hystérique et un désespoir glaçant. Le torrent de larmes se mêlait aux rires dans une toile psychédélique qui eut tôt fait de le faire reculer. She was far. Very far. Tellement far qu’elle pourrait potentiellement passer dans un univers parallèle, vérifier la théorie des cordes et des multivers et obtenir le prix Nobel pour cette découverte dans la foulée.

Enfin, si elle en revenait.

-Where in fucktopia are you ?!

Ou peut être qu’il inventait tout lui même. Avait il déjà atteint le bad trip ? Non, c’était encore trop tôt, et avec la qualité qu’il s’était payé, il en avait encore pour au moins deux bonnes heures de croisière sur les rives de l’insouciance. Sans compter qu’il reprendrait bien une ou deux petites sucreries, histoire de donner du fuel à son navire et du grain à moudre à son foie déjà bien malmené.

Son médecin lui avait bien dit qu’il avait les poumons d’un pompier et le foie d’un alcoolique chronique de 45 ans. Mais il le prenait avec optimisme, tant les revues à la mode des ménagères de moins de 50 ans ne cessaient de répéter en boucle que la quarantaine était l’âge d’or. L’âge où on rattrapait sa sagesse par des excès, où on faisait sa deuxième crise d’adolescence à retardement tout en élevant des enfants attardés.

Chroniques avancées d’une jeunesse détraquée.

- Ah…C’est toi. Je m’étais endormie. Brynhildr, elle rentre bientôt.. ?

Détraquée ou peut être pas tant que ça, parce que pour une novice et vu la bouchée qu’elle avait pris, elle s’en sortait visiblement bien, tout délire animalier mis à part. En outre, elle semblait capable de prononcer l’imprononçable prénom de sa bienfaitrice, ce qui n’était pas rien et ce qui n’était surtout pas son cas.

-J’en sais foutrement rien. Les voies de Bryn’ sont impénétrables…un peu comme les tiennes rajouta t il à mi voix, histoire de ne pas se prendre une flopée de phalanges en pleine tête. Quoiqu’il douta franchement de sa précision, vu qu’elle trônait toujours sur le sol, une jambe à moitié sur le canapé et lui offrant une vue plutôt sympathique sur son entrejambe.

Aveugle à son trouble, qu’il mit sur le compte de sa si subtile tentative de drague, il se rapprocha avec toute l’impertinence d’un gamin auquel on venait d’interdire de toucher un pot à cookies. Mais le pot était si beau, et il semblait receler tant de merveilles.

-T’approches pas, je suis malade…malade…

- Malade ? Non mais attends tu dis ça à un Vidal sur pattes là, si y a bien quelqu’un qui risque de choper une merde ici, c’est toi.

Le blondinet ricana d’un air franchement peu malin en passant son bras autour de ses épaules. Le concept d’espace personnel ? Connaissait pas. Et s’en foutait, comme bien d’autre choses.

- Alors comme ça tu t’es pas privée sur les gâteaux hein ? Coquine. Je t’aurais pas imaginée comme ça. Faut dire que t’as l’air d’une sacré coincée du cul. Il leva aussitôt les mains en guise de défense, comme si ce simple geste pouvait effacer le fait qu’il venait juste de lui tailler un costard. No offense hein. Moi j’aime bien les petites sainte-nitouches, c’est ma catégorie préférée sur youpo…Ouais, bref, t’as pas l’air de m’écouter tfaçons. T’es sure que ça va aller ?

Parce qu’à la voir les jambes recroquevillées contre sa poitrine limite à osciller d’avant en arrière, il se demandait quand la partie « tête qui tourne à 360° et insultes sur la génitrice pratiquant des gateries en enfer » allait arriver.

Pas qu’il avait hâte. Mais il se tenait simplement prêt à dégainer le portable.
electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Mar 7 Avr - 15:30

Shut up and Die
Deux jeunesses à la dérive, deux maladies mortelles aussi : les barreaux d'une prison pour l'une, le trop plein de liberté pour l'autre. Dans tous les cas, oui on en mourait, parfois d'amour, parfois de douleur, parfois des deux peut être. Du moment que l'on crevait, au fond il n'y avait que ce résultat là pour compter....

Il la touchait, odeur de boue et de moisissure alors que des larmes lui brûlaient les joues. Margot aurait pu vomir, mais ême pour cela la jeune femme était trop lasse. Il y avait une idée de mort derrière son regard, pourtant elle bougeait encore. Difficilement, elle se remit sur le canapé, les genoux tout contre elle comme une barrière. Une barrière déjà brisée, car il avait la main autour de ses épaules et elle, elle saignait. Elle saignait de tout, elle saignait de lui, blessures invisibles que l'on pouvait piétiner. Son estomac se tordait en nœuds compliqués à présent, il y avait des mots. Ceux de Ake, lointains, étrangers. Il parlait comme si déjà, Margot était nue devant lui, et cette simple idée lui fit baisser la tête, quelques mèches pour lui cacher le visage comme un feu de joie pour y brûler ses désirs.
Qu'était-elle, une poupée, une marchandise ? L'Homme-Sanglier avait eu des mots avant, des phrases refoulées par son esprit amputé. Elles revenaient pourtant, là, indistinctes, incompréhensibles surtout. Que lui avait-il dit d'assez puissant pour que même il y a plus de dix ans, elle ne sache le répéter à la police ?
L'oiseau en bataille de son esprit lui pépiait ses cris de rage. Argus avait du être au courant, il n'aurait pas bâillonné l'homme avant de le lui apporter sinon. Oui, Argus devant tout savoir, y compris la souillure infecte que sa jeune pupille cachait derrière bien des masques. Qu'elle avait peut-être aimé ça, car l'Homme-Sanglier l'avait dit. Elle, comment pourrait-elle avoir jamais raison ? Margot n'était pas capable de se défendre avant comme maintenant, comme jamais. Si elle s'était défendue, jamais l'Homme ne l'aurait attaqué. Et meme maintenant qu'elle tremblait, le regard éteint et le cœur en chamades, elle ne parvenait à repousser Ake. C'était qu'elle le voulait, non ? La mauvaise fille....

L'image d'Argus s'étiolait à présent. L'idée même qu'elle ait pu oser s'approcher de lui faisait remonter une nausée violente. Elle n'avait pas eu le droit, il méritait quelqu'un d'autre, quelqu'un de mieux. Brynhildr, froide et parfaite que même Ake semblait lui vouer obéissance... Brynhildr, à qui elle ne ressemblerait jamais.
Mais il fallait parler, se débattre pour ne pas se noyer, pourtant Margot ne savait pas, ne savait plus.

 « Qu'est-ce... Il y avait quoi dedans ? Je crois que c'était pas bon, que j'aime pas. »

Le sanglot pris dans sa gorge, elle le ravala. Ce geste lui coûtait au delà des mots. Pas le droit d'être triste après tout, elle n'avait qu'à mieux se défendre, ne pas accepter. Ne pas être vilaine, comme une bonne à rien. Et la main de Ake, ses mots, non rien n'allait, il avait raison de demander. Pourquoi tout devait-il être si tordu, pourquoi il n'y avait pas de paix ?

 « Youporn, hein ? Comme si ça se passait réellement comme ça, dans la vraie vie »

Les phrases dansaient devant elle, elle en saisissait une parfois, la comprenant à moitié, perdue entre deux mondes trop irréels l'un comme l'autre.
Non, dans la vraie vie on vous enfonçait une culotte dans la bouche et vous étiez jute trop conne pour gémir comme dans les vidéos, rien d'autre.

 « Et suis pas une sainte n'y-touche. Suis même pas une gentille fille....Pis j'irai pas au Paradis, même le prêtre il le dit. Sauf que j'ai peur de l'Enfer, même si j'y crois pas parce que ça doit sûrement être un peu débile. »

Il y avait un coussin, alors avec la force du désespoir elle s'en saisit et le serra fort contre son cœur un peu trop desséché. La jeune femme avait quatorze ans à nouveau, presque, et sa mère lui manquait. Elle rêvait d'une étreinte, quelque chose pour la protéger et la consoler, mais lorsqu'elle fermait les yeux Argus lui semblait soudain trop loin et inaccessible.
Alors Margot pleura à nouveau, en silence cette fois-ci, les mains crispées sur le coussin et quelques mèches rousses collées par les larmes sur son visage défait.

 « Ake ? Va te faire foutre, ouais va bien te faire foutre... »

electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Sam 25 Avr - 11:54


Please don’t die


Magnetic everything about you, You really got me now

Alice continuait de dégringoler dans sa chute effrénée vers un néant toujours plus psychédélique où mille couleurs s’entremêlaient comme eux ne s’entremêleraient probablement jamais. Lui, il était le lapin blanc qui prétendait avec assurance savoir exactement où chaque porte menait, alors même qu’il redoutait plus que jamais ce qu’il pourrait y trouver. Derrière l’une, une Alice hystérique, derrière l’autre, la placide petite jeune fille qui l’avait toujours bizarrement attiré. Derrière une troisième, cette loque qui s’appuyait contre son épaule avec toute la lourdeur d’un naufragé s’accrochant à une bouée.

Sauvetage périlleux et un peu foiré qui laissa la jeune femme pantelante avec son bras jeté sur ses frêles épaules, les entrailles nouées par ce simple contact. Bien sur, il mettait le regard vitreux et la chair de poule qui hérissait ses bras sur le compte de ses talents culinaires, lesquels commençaient tout juste à faire effet chez lui. Et merde. Il était en haut du toboggan qu’elle venait de descendre, et il n’avait aucune envie d’emprunter la même voie. Tout ce qu’il voulait, c’était redescendre l’échelle avec une autre long taffe, ou alors quelques miettes des deux cookies qui se battaient encore en duel dans le plat.

I don’t want to come back down, I don’t wanna touch the ground

Mais elle était si seule dans son délire. Si froide et en même temps brûlante contre ses mains. Et lui était si loin dans le bad désormais qu’il savait qu’une ou deux taffes n’y changeraient rien. Le tour de manège était terminé pour ce soir, et il fallait passer à la caisse, histoire de ne pas la laisser seule. Reposant la tête contre le mur glacé alors que les premières vagues de nausée l’assaillaient, il ferma les yeux et un fin sourire barra son visage. Alors que la première goutte de sueur annonciatrice des prochaines réjouissances dévalait le long de sa tempe, sa langue déjà pâteuse humecta ses lèvres trop sèches.

- Ce qu’il y a dedans ? Un tas de trucs. Le contenu de ma poche en fait, donc je sais pas vraiment. Ca t’apprendra, à piquer des trucs sans demander l’autorisation ajouta t il d’un ton moqueur alors que sa main se pressa contre son épaule.

- Youp*rn, hein ? Comme si ça se passait réellement comme ça, dans la vraie vie

- Attends tu…tu veux dire que ce n’est pas la vérité vraie ? Qu’elle était pas vraiment vierge ? Que c’était pas sa première fois par derrière ? Tu…. Mon monde s’écroule Il fit mine de la pousser un peu avant de la rattraper aussitôt, voyant qu’elle n’opposait à la gravité qu’une molle résistance qui finirait bien par lui casser le nez.

Elle n’était pas une gentille fille qu’elle lui disait. Au point que même un prêtre lui disait qu’elle ne serait jamais la bienvenue là haut, ce qui, même dans la brume qui entourait son esprit pas bien vif, lui paru totalement débile. Un peu comme si une sage-femme avouait détester les bambins, ou un comptable les détournements de fond. En bref : un non sens.

-Ce qui est un peu débile, c’est de croire en ce qu’il te bave, l’agité de la soutane là. Je te parie qu’avec tous les enfants qu’il a du toucher, il pourrait être proctologue alors si une enflure pareille y a sa place, pourquoi tu l’aurais pas ? Il soupira un peu d’énervement, ses émotions toujours exacerbées avant de reprendre Une confession pour toi, c’est une symphonie de silence en Do majeure alors si tu veux mon avis, t’es relativement safe.

La réponse ne se fit pas attendre. Un oreiller en guise d’amant, des larmes en guise de parure, elle lui dit d’aller se faire foutre et pourtant elle n’avait jamais eu l’air aussi belle. Tarée, incompréhensible aussi, mais belle. C’était comme plonger sa main dans sa poche, ou dans sa cachette sous les lattes du plancher et avaler la première chose qui lui arrivait entre les doigts. Une décharge d’adrénaline que le simple plaisir des yeux ne suffisait pas à satisfaire. Toujours ce contact, aussi minime soit il à chaque fois qu’elle était dans la même pièce que lui. Cette fois, ce besoin se fit plus fort, presque désespéré alors qu’elle semblait sur le point de s’écrouler.


You do it to me so well ,Hypnotic takin' over me

Alors il fit ce que les êtres humains savaient faire de mieux pour se réchauffer. Il se pressa contre elle dans une étreinte qu’il pensait réconfortante mais qui n’était pour elle qu’une source d’effroi. Une effroi qui n’était sans doute rien en comparaison de la terreur que représentaient sans doute présentement ses lèvres sur les siennes.



electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Ven 1 Mai - 22:14

Let the monster rise
La solitude était un océan et sa colère, un feu brûlant. Elle était perdue sur une voie sans retour, la plus longue des routes, le plus obscure des voyages. Inconsolable d'une tristesse qu'elle ne pouvait nommer, Margot espéra pourtant. Elle espéra la vie tout autant qu'elle espéra le printemps. Il y avait un cri, une clameur. Coeur blessé, cœur aride, un soleil noir lui blessait la peau.
Et peu importe la main, celle aux doigts écorchés qui la tenait si fort, peu importe l'étreinte pour non pas la ramener -qui le pouvait?- mais simplement ne pas qu'elle soit seule. Seule, comme être autrement ? Comment accepter l'autre, les autres, malgré les mots et les terreurs ? Elle pouvait rire bien sûre, folle et étrangère, sauf que cela ne suffira jamais.
Les mots volaient entre eux, eux les deux égarés. Des insultes non pas l'un à l'autre, mais contre un monde incapable de les accueillir. Un monde brisé, dont ils étaient deux morceaux dépareillés. Cela aurait pu s'arrêter là, une simple bouderie commune entre vulgarité et silence...

Hélas, rien n'était jamais assez. Alors il y avait ce corps chaud contre le sien, alors il y avait cette bouche, cette langue qu n'entrait mais était présente pourtant. Et comment dire, comment expliquer ? Droguée, nue dans son délire, Margot savait. Elle savait qu'une part d'elle-même aurait aimé répondre à cela, ouvrir un peu les lèvres, accepter l'étreinte car quelque chose se cachait derrière. Quelque chose qui ne saurait être mauvais lorsque l'on savait comment rester pur.
Elle ne l'était plus, noire et souillée, les entrailles dévorées par un quelconque acide, une maladie mortelle la séparant du monde. L'amour ne s'apprenait plus, pas comme ça, pas après la haine et le dédain. Alors la jeune femme se redressa, nauséeuse. Elle ne pouvait pas, évidemment... Alors elle fuyait. Elle fuirait toujours, sa tristesse l'acceptait. Comment faire autrement ?

Debout contre le mur, debout loin du canapé, la poitrine haletante et le cœur mourant de trop d'aciers, elle lui faisait face. Ake, un ennemi, un idiot. Il la consolait pourtant, croyant voir en elle la lumière dont lui-même était dénoué. Il se trompait. Ils se trompaient tous les deux.

 « Ne fait plus jamais ça. Jamais... »

Comment l'homme pourrait-il comprendre ? Peut-être qu'il savait pourtant. Pourquoi Margot avait soudain des yeux comme ça, pourquoi elle tirait ainsi sur le tissu de sa jupe dans l'espoir de la rallonger encore plus et rougissait, honteuse et coupable. Coupable de plaire et de pousser à la faute, coupable d'avoir une fois il y a longtemps, rendu fautif un homme pour la douleur qu'il lui avait infligé. Et dans l'esprit du monde, il en était la seule victime. Surtout aujourd'hui, à présent que Margot l'avait tué.
Une confession de silence, non. Alors la jeune femme éclata de rire, vaincue par l'absurdité de tout ça. Elle se griffait la peau, les ongles enfoncés dans la chair de ses avant-bras, incapable de reconnaître le monde réel autrement que par la douleur.

 « Ca doit te faire bien rire, non ? Que je me sente humiliée comme ça, effrayée. Tu dois me prendre pour une salope de bourge hyper coincée. M'en fiche. Pou moi, c'est un compliment. »

Une preuve que la petite fille de la campagne et des champs réussissait finalement à se cacher derrière la femme de la ville. Elle se permit de rire, triste, venimeuse aussi un peu. Rien en elle n'engageait à la séduction à présent, animal sauvage prêt à s'enfuir peut-être, prêt à mordre surtout.

 « J'ai envie de te tuer. T'ouvrir le ventre comme un fruit mûr peut-être, ou bien prendre un petit couteau comme pour les fruits. Quelque chose de pas forcément pointu, tu vois ? L'approcher de ton bas ventre, te peler les testicules.... T'en couper une ? Je ne sais pas, mais les peler au moins. Voir à quoi ça ressemble, ces choses qui font peur....L'autre truc, le grand, je peux pas le toucher, ni l'arracher. Tu le touches, il t'infectes. Il t'infecteras toujours plus....»

electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Jeu 28 Mai - 2:55


Please don’t kill me


Non, il n’avait jamais vraiment connu cette peur. Ce boumboum répétitif dans la poitrine dès qu’une silhouette masculine s’agite un peu trop dans le métro après minuit. Cet instinct irrépressible qui vous fait baisser les yeux dans la rue, histoire de ne croiser aucun regard, amical ou insistant. Ils font tous peur, ces regards après minuit. Cette angoisse qui noue les entrailles quand vous entendez des pas derrière vous, cette sueur froide qui vous glace le dos alors qu’un compliment graveleux caresse vos chastes oreilles. Pour Ake, il n’y avait longtemps eu que des hommes incompris, puis des femmes qui en faisaient un peu trop. Des femmes un peu trop moches qui sautaient sur l’occasion pour faire savoir au monde entier qu’un jour – ou plutôt un soir, à l’heure où tous les chats sont gris-, un mâle aviné les avait trouvées suffisamment attirantes. Pas assez repoussantes pour rendre son alcool, pas assez alléchantes pour prétendre de n’en avoir pas consommé.

D’ailleurs, il n’en était pas tout à fait sorti, de ce raisonnement et de ses préjugés. Mais ses regards, les regards de Margot, fuyants et agressifs à la fois lui rappelaient parfois que tout n’était pas que foutaises.

Et aussi qu’elle avait un sacré problème.

Et pour une fois, les rôles étaient échangés. Pour une fois, c’était son échine qui frissonnait au son d’une voix féminine, sa gorge qui s’asséchait un peu sous la teinte de vérité et de sauvage violence qui roulait sous sa langue. Ce petit ton qui ne pouvait que dire « Si tu veux, je pourrais te montrer. ». La place de proie, de victime, ça craignait quand même un peu

- Hm. Non, pas vraiment ? Sinon je crois que techniquement, je ne serais pas tellement en état d’en parler.

Un nouvel éclat de rire le fit presque sursauter alors que, tel un houseman exemplaire, il se tenait hébété avec la théière dans une main, et la tasse dans l’autre.  Incapable de réagir, il ne put voir que ce visage se rapprocher, inexorablement et inéluctablement du sien, toujours plus prêt. Plus prêt. Si prêt que tourner la tête, pour y coller de nouveau les siennes serait un jeu d’enfant. Un jeu qui n’était pas fait pour l’enfant qu’il croyait apercevoir plus clairement entre les barrières dressées de la rousse dont les lèvres effleurèrent à peine sa joue. Si fugacement d’ailleurs qu’il cligna des yeux en se demandant si c’était réellement arrivé alors que sa main soutenant la théière penchait machinalement vers celle tenant la tasse, renversant ainsi plus de tisane sur le parquet que dans le récipient.

Bryn s’en occupera plus tard.

En attendant, il acquiesça en reposant négligemment la théière sur la table et haussa les épaules

- Si tu considères les gateaux bio et sans gluten comme étant normaux…Il ouvrit les placards remplis de choses beaucoup trop saines pour être bonnes d’un geste théâtral. Help yourself !

Se détournant aussitôt de ces gâteries du démon qui n’avaient aucun intérêt pour son palais, il fila vers la chaine Hi fi d’où résonna quelques secondes plus tard une musique d’ambiance arabisante et enivrante, laquelle avait le don d’accompagner ses bads de manière tout à fait exquise. Sans vraiment se soucier de la piètre image qu’il pourrait renvoyer, il se lança dans une danse toute….contemporaine à mi chemin entre la danse moderne et la danse du ventre saupoudré de métanphétamine qui se termina par une main tendue.

Une invitation, encore et toujours, pour qu’elle le rejoigne dans son monde futile.



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Dernière édition par Ake Bellamy le Ven 26 Juin - 2:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Mar 2 Juin - 22:59

Let the monster rise
Du sang sur son nom, du sang sur ses mains. Et Margot laissait la violence éclôre des mots, les siens, en bouquets féroces et sauvages. Quelque chose n'allait pas. Une douleur au fond des yeux, un bout de cœur en écharde, un silence derrière les cris....
Un homme aussi, un putain d'homme. Quelqu'un qui s'en foutait des menaces et de la folie, comme si ça avait jamais eu la moindre importance. Il était là, à la regarder alors que ses doigts à elle aux jointures trop blanches voulaient désespérément s'agripper au mur. Il était là, et Margot se savait prête à flancher. Ake aurait pu déjà être mort après tout, avec sa sale gueule de zombie, ses lèvres pleines et ses yeux cernés. Avec l'étincelle étrange du regard, celle qui disait « soit vulgaire avec moi, allez viens, on s'en branle ». C'est vrai, c'est normal d'être vulgaire à vingt cinq ans, de jurer à tout va, ou même de faire des doigts. Ne pas toujours être parfait ou de bon goût, normal....

Et il balayait tout ce qu'elle disait d'horrible et d'insensé comme si rien au moinde ne pouvait exister de dangereux. L'idiot... Il avait peur pourtant, une main repliée vers lui, une protection, un bouclier illusoire. Il avait peur, peur d'elle et rétablissait ainsi l'équilibre du monde.

 « Qu'est-ce que tu en sais, tu as déjà testé les deux ? Tu sais, histoire de comparer..... »

C'était étrange, regarder un homme de dos. Etrange oui, lorsque l'on avait toujours craint de leur faire face. La jeune femme réussit à se mettre debout convenablement, quelques mèches de cheveux collées par la sueur à son visage. Comme une petite fille soudain échappée d'un bois et qui enfin se retrouvait à la lumière. Ake n'était plus le grand méchant loup aux babines ouvertes, simplement un bûcheron un peu particulier, maître peut-être de son monde à lui même si rien n'était moins sûr. Elle l'avait menacé, elle l'insultait régulièrement, elle écorchait toujours la manière de prononcer son nom, mais lui ça ne l'empêchait pas de lui proposer de la tisane.
L'un comme l'autre, ils ne savaient pas vraiment comment marchait le monde, ou bien que faire face à une méchanceté trop grande. Margot choisissait souvent la facilité, oscillant entre fuite et attaque et laissant s'exprimer les parties les plus bestiales de son cerveau. Elle n'aimait pas aider les gens, se fichait de ressentir une quelconque empathie mais pourtant, savait s'émouvoir.
Il l'effrayait avec sa langue, avec ses lèvres, avec ses mains. Il l'effrayait à, d'une certaine manière, représenter tout ce qu'Argus n'était pas... mais il la touchait également. Parce qu'Ake semblait comme incapable de la rejeter, acceptant Margot dans son univers aux règles si particulières.

L'eau chauffait, et rien ne paraissait soudain plus merveilleux que de boire une tisane. Elle éclata de rire comme ça, sans se retenir. Juste parce qu'elle avait envie, enfin au moins un peu. Envie de dire que la peur s'en allait quelques minutes, qu'elle pouvait à nouveau faire semblant d'être bien. Et que la drogue continuait quand même d'avoir des effets scondaires.

 « Merci... »

Pour quelque chose, pas pour l'étreinte et le baiser mais pour quelque chose quand même. Elle aurait pu lui donner une tendresse maladroite, entre le dédain et l'amitié, mais cela aurait été trop durable alors lorsque Margot se complaisait dans l'éphémère et chacune des choses pouvant être détruite. Alors, plutôt, la jeune femme décida de lui offrir un souvenir.
Elle pencha la tête un peu, juste un peu, et lissa ses lèvres froides et sans passion déposer un baiser sur la joue de l'homme. Cela ne dura même pas une seconde avant qu'elle ne s'éloigne, recule, mais cela avait existé malgré tout.

 « Il n'y a ren à manger ici ? De normal surtout... »
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Ven 26 Juin - 2:43


Please don’t kill me


Non, il n’avait jamais vraiment connu cette peur. Ce boumboum répétitif dans la poitrine dès qu’une silhouette masculine s’agite un peu trop dans le métro après minuit. Cet instinct irrépressible qui vous fait baisser les yeux dans la rue, histoire de ne croiser aucun regard, amical ou insistant. Ils font tous peur, ces regards après minuit. Cette angoisse qui noue les entrailles quand vous entendez des pas derrière vous, cette sueur froide qui vous glace le dos alors qu’un compliment graveleux caresse vos chastes oreilles. Pour Ake, il n’y avait longtemps eu que des hommes incompris, puis des femmes qui en faisaient un peu trop. Des femmes un peu trop moches qui sautaient sur l’occasion pour faire savoir au monde entier qu’un jour – ou plutôt un soir, à l’heure où tous les chats sont gris-, un mâle aviné les avait trouvées suffisamment attirantes. Pas assez repoussantes pour rendre son alcool, pas assez alléchantes pour prétendre de n’en avoir pas consommé.

D’ailleurs, il n’en était pas tout à fait sorti, de ce raisonnement et de ses préjugés. Mais ses regards, les regards de Margot, fuyants et agressifs à la fois lui rappelaient parfois que tout n’était pas que foutaises.

Et aussi qu’elle avait un sacré problème.

Et pour une fois, les rôles étaient échangés. Pour une fois, c’était son échine qui frissonnait au son d’une voix féminine, sa gorge qui s’asséchait un peu sous la teinte de vérité et de sauvage violence qui roulait sous sa langue. Ce petit ton qui ne pouvait que dire « Si tu veux, je pourrais te montrer. ». La place de proie, de victime, ça craignait quand même un peu

- Hm. Non, pas vraiment ? Sinon je crois que techniquement, je ne serais pas tellement en état d’en parler.

Un nouvel éclat de rire le fit presque sursauter alors que, tel un houseman exemplaire, il se tenait hébété avec la théière dans une main, et la tasse dans l’autre.  Incapable de réagir, il ne put voir que ce visage se rapprocher, inexorablement et inéluctablement du sien, toujours plus prêt. Plus prêt. Si prêt que tourner la tête, pour y coller de nouveau les siennes serait un jeu d’enfant. Un jeu qui n’était pas fait pour l’enfant qu’il croyait apercevoir plus clairement entre les barrières dressées de la rousse dont les lèvres effleurèrent à peine sa joue. Si fugacement d’ailleurs qu’il cligna des yeux en se demandant si c’était réellement arrivé alors que sa main soutenant la théière penchait machinalement vers celle tenant la tasse, renversant ainsi plus de tisane sur le parquet que dans le récipient.

Bryn s’en occupera plus tard.

En attendant, il acquiesça en reposant négligemment la théière sur la table et haussa les épaules

- Si tu considères les gateaux bio et sans gluten comme étant normaux…Il ouvrit les placards remplis de choses beaucoup trop saines pour être bonnes d’un geste théâtral. Help yourself !

Se détournant aussitôt de ces gâteries du démon qui n’avaient aucun intérêt pour son palais, il fila vers la chaine Hi fi d’où résonna quelques secondes plus tard une musique d’ambiance arabisante et enivrante, laquelle avait le don d’accompagner ses bads de manière tout à fait exquise. Sans vraiment se soucier de la piètre image qu’il pourrait renvoyer, il se lança dans une danse toute….contemporaine à mi chemin entre la danse moderne et la danse du ventre saupoudré de métanphétamine qui se termina par une main tendue.

Une invitation, encore et toujours, pour qu’elle le rejoigne dans son monde futile.



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Putain, comme un boulet en voulant prendre le code de mon précédent post, j'ai édité le post à la place. Ne t'étonne donc pas de voir ma réponse en double au dessus et au dessous de ton post xD
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Mar 30 Juin - 17:05

Let the monster rise
Il était homme-enfant, il était insolent et pour la première fois, Margot découvrait quelqu'un d'aussi éloigné qu'elle. Cela l'effrayait : peur qu'il s'échappe, peur qu'il disparaisse alors que pourtant les jeunes gens n'arrivaient à se comprendre. Elle aurait voulu lui prendre la main, elle le craignait également. Ils ne parlaient pas le même langage, enfermés dans deux solitudes étranges. Malgré tout, Ake ne la virait pas. Alors elle pouvait rester un peu, oui au moins un peu. Car l'extérieur lui semblait noir soudain, et l'odeur de l'herbe brûlée n'était, elle, jamais loin..
Ils jouaient une danse, un ballet. S'éviter pour mieux se rapprocher, mais se toucher ? Non, jamais. Chacun semblait accepter les peurs et désirs de l'autre, au moins pour quelques secondes. Désir d'avoir quelqu'un près de lui, désir d'en être également protégé. Au moins, ils ne se frappaient plus.

Elle le laissa à sa musique, le temps de fouiller dans les placards. Margot avait une brusque envie d'enfance et savait comment y remédier. Elle trouva vite le paquet de pain, le vrai, pas celui de mie en tranches, et le pot de miel. Une assiette pour déposer quelques tranches, de grosses cuillères à bien étaler sur la mie et voilà. La jeune femme avait eu des goûters similaires lors de ses années de petite fille. Cela faisait du bien, et être high l'empêchait de penser à un quelconque problème de tour de taille.
Elle en mangea une tartine, laissant les autres au jeune homme si lui aussi se décidait, et écouta la musique. Il dansait, alors les notes faisaient tout leur possible pour l'accompagner, le supporter. Margot l'envia, elle avait envie de danser aussi. Simplement se lever, bouger un peu les yeux mi clos et...et voilà.
Alors elle balança la tête un peu, timidement, espérant que personne ne la verrait, qu'il resterait aveugle à cela. Argus devait sûrement connaître des tas de danses, des belles, des raffinées. Il ne lui en apprendrait jamais aucune, Margot ne valait pas assez le coup. Ca y est, la tristesse revenait, et les joues rouges, les yeux perdus, la jeune femme se mit à nouveau à se haïr de toutes ses forces.
Putain de corps, putain de corps qu voulait pas bouger normalement, cloué par la peur, cloué par les terreurs les plus idiotes qui soit peut-être. Personne ne la regardait, personne ne la voulait, et m^me les piètres tentatives d'Ake lui semblaient soudain des choses bien différentes.

Elle se leva soudain, le corps tendu à l'image de la corde d'un arc. Cependant la jeune femme n'avait plus aucune flèche à décocher, pas avec cette musique qui lui rappelait qu'elle était une femme aussi, une dont personne ne voudrait et que les femmes dansaient.
Les mains levées en prière, la tête rejetée, elle se mouvait ainsi que le font les serpents. Vipère assassine peut-être, son cœur battait au rythme d'une langue étrangère qu'elle ne parlerait jamais.
Ses lèvres auraient pu avoir un goût de miel, mais quelle importance ?
Elle dansait comme on danse avec la vie, un diable sur les épaules peut-être, un diable avec les mains au creux de ses reins lorsque pourtant personne ne la touchait.

Et puis ils se bousculèrent comme deux mondes en chaos. Il y avait l'ombre d'un combat, assez pour que la jeune femme recule soudain, la respiration haletante. Baisser sa gare, mais à quel prix ? Ake avait un regard d'homme déjà mort cent fois, et enterré tout autant avec les cernes profondes qui lui marquaient le visage. Margot l'imagina, du sang dégoulinant de la bouche, du sang dégoulinant des oreilles. Inoffensif.
Cela la calma, une main contre son cou.

 « Il y a du vieux rock je crois dans les cds du tiroir. Met ça, c'est mieux »

Plus rythmé, moins sensuel, moins dangereux. Et Margot fuyait à nouveau, assise, non affalée sur le canapé, légèrement essoufflée par des mouvements qu'elle aurait cru ne jamais faire.

 « Et mange quelque chose toi aussi.... T'as des tartines, sinon on commande. Baisse le son, baisse le.... »
electric bird.
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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Mar 22 Sep - 15:30


Please don’t kill me


Un instant elle était là, l’instant d’après elle ne l’était plus. Assistante d’un illusionniste tout aussi invisible, elle avait disparu de son champ de vision aussi surement que toute pensée cohérente de son esprit. Pourtant, il ne chercha pas cette fois à ramener l’oiseau dans sa cage, entre les barreaux oppressants de ses bras qu’elle repoussait chaque fois avec tant d’adresse. Une violence sauvage qu’il était toujours surpris de voir jaillir d’un être si frêle comme un diable hors de sa boite. Alors il resta seul, sur ce tapis souillé qui faisait office de piste de danse. On naissait seul et on mourrait seul, alors pourquoi ne danserait on pas seuls ?

Parce que c’était chiant, voilà pourquoi.

Il essaya pourtant de se convaincre du contraire, son corps ondulant plus ou moins adroitement au rythme de la musique alors que ses cheveux d’ordinaire déjà désordonné se plaisaient  à entamer une révolution sur son crâne. Ce n’est que lorsqu’une odeur sucrée lui chatouilla les narines qu’il daigna rouvrir un œil hagard, tombant en arrêt devant la contemplation de ce visage poupin enfin détendu qui oscillait maladroitement sur un rythme bien à elle. Avec un air sceptique, l’adolescent attardé plissa les yeux, comme si ça l’aiderait à définir sur quelle note elle pouvait bien mettre l’emphase –avant de se rendre compte que l’ouïe infaillible de la rousse semblait prendre un malin plaisir à n’en saisir aucune avec exactitude-.

Cela ne sembla pourtant pas arrêter la jeune femme qui, aux prises avec une mélodie imaginaire, hochait doucement la tête de droite vers la gauche, de haut en bas puis releva des yeux rougis par des larmes dont il ne saisissait pas le sens sur sa main qui s’avançait innocemment vers les tartines. Comme une araignée, ses doigts se recroquevillèrent, ses yeux aux pupilles dilatées fixant la rouquine comme si elle allait sauvagement se jeter dessus et les lui arracher avec les dents pour avoir osé effleurer sa pitance. Pourtant, indifférente à sa présence, comme elle l’était toujours, elle le contourna, le corps tendu comme celui d’un pantin par ses fils directeurs et se glissa de nouveau dans le salon, cette fois complètement en phase avec la musique.

Attiré à elle comme un ion négatif vers un ion positif, il se glissa presque dans son dos, sentant le cèdre et la menthe qui se dégageaient de ses cheveux alors que son corps appelait le sien silencieusement, presque désespérément. La drogue, l’ambiance moite et le rythme imprégné d’une langueur primaire le mettaient au supplice alors que,  insensible, d’une frigidité limpide, le sien se dérobait.  Pourtant il n’avait suffit que d’un pas maladroit, sans doute causé par ce diablotin sur ses épaules, pour que son dos heurte faiblement son torse dans une caresse si douce qu’il se demanda vaguement comment se faisait-il qu’elle ne se soit pas déjà envolée au moindre coup de vent.

Un coup de vent et un soupir, c’est ce qui avait suffit à faire s’envoler cet instant de grâce bref où, son corps tout contre le sien, il avaient presque fait un. Ses mains frémissantes de l’envie de la toucher, il se força pourtant à faire un pas en arrière en grognant de frustration. Du rock. C’était bien un truc de vieux 68ards. Un truc où seules les mains s’effloraient à peine entre deux mouvements vulgairement chorégraphiés qui n’avaient jamais trouvé grâce à ses yeux, faute de spontanéité.

Les demandes incohérentes se succédaient de nouveau.  Mets de la musique de merde, brutale, mais ne la met pas fort. Et voilà que le seul intérêt de cette musique de beauf, cet effet cathartique inhérent aux danses des décérébrés, s’envolait. Alors qu’il fustigeait soudain sa sœur mentalement, se demandant bien quelle mouche avait bien pu la piquer pour qu’elle achète cette musique tout droit sortie du cul de Satan alors qu’il plaçait le disque dans le lecteur, il releva le nez d’un air beaucoup plus intéressé. Manger. Car à défaut de son cul, il faudrait bien survivre en assouvissant un autre désir élémentaire, de préférence sans supplément cocaïne cette fois.

- Commander. Ouais. Et toi, je te sens particulièrement portée sur la viande ! Il sourit en coin en s’imaginant la rousse dévorer avec avidité des brochettes d’une viande encore dégoulinante de sang, à mille lieues d’imaginer que c’était son visage, qu’elle imaginait en être recouvert. La commande passée, il s’affala a ses côtés et la repoussa sur le tapis, l’incitant à reprendre la danse. Après tout, c’était elle qui avait voulu mettre du rock et puis, il avait toujours rêvé de voir une femme danser devant lui.


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MessageSujet: Re: The Truth is out There - Ake   Ven 9 Juin - 20:28

xxx



1000 nights ☽ it's hard to see beyond what's in sight. but when you tilt the light i realize. for 1000 nights. i've been a restless soul. just wasting time. digging up fool's gold. it took a 1000 nights. being on my own. for me to find. it was all fool's gold. (find !)
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