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 Mad Tea Party - Nevaeh

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MessageSujet: Mad Tea Party - Nevaeh   Mer 24 Juin - 20:24



Mad Tea Party
Michael & Azael


La page blanche, le néant, le chaos.... Et rien ne semblait vouloir l'en sortir, pas même le thé, pas même les délicieuses parts de cheesecake qu'il avait la faiblesse de commander. Michael se sentait au bord du gouffre.
Depuis combien de temps était-il ici ? L'ange jeta un regard semi-coupable à la pile d'assiettes à dessert là, juste derrière son ordinateur. Donc soit depuis une bonne paire d'heures, soit...hé bien il mangeait très vite, trop vite.
La gourmandise, un défaut. Il n'avait pas vraiment d'excuses et réprouverait un comportement pareil sur toute autre personne. A lui non plus il ne se le pardonnait pas mais à quoi bon ?. Cela n'empêcha pas l'ange de commander une autre théière pleine, ainsi que cette fois ci, un brownie nappé de crème anglaise.
Son éditeur attendait un prochain chapitre pour dans le mois. Un chapitre, rien de plus simple, mais pour la première fois depuis longtemps Michael comprenait qu'il n'avait plus rien à dire.
Ses héros avaient déjà affronté tant d'épreuves, que pouvait-il leur rester ? Une aventure peut-être, une seule et unique commune à tous les hommes.
Les faire mourir, vraiment ? Peut-être oui, mais alors pourquoi ?
Pourquoi pas une simple maison, une femme...des enfants ? Parce qu'il ne pouvait y avoir un destin pareil pour des héros porteurs de tant de vertues peut-être, parce qu'il ne saurait décrire de telles choses lui qui n'avait le droit de les connaître.
Vaincu pour aujourd'hui, l'ange referma son ordinateur. Il trouverait quelque chose mais pas là, pas maintenant. Autant profiter du calme de l'établissement. Ce salon de thé accueillait peu de monde et Michael y venait souvent pour écrire, des après midis entières. Lorsqu'il savait encore écrire.

Une serveuse, l'air ennuyée, apporta bien vite sa commande. Ici, le calme régnait, pas les contacts humains. Michael aurait pu être dans une cité de fantômes, aucunes différences. Des fantômes.... peut-être était-ce une piste à suivre pour ses héros ? L'homme resta pensif un moment, jusqu'à ce que ne teinte la cloche.
Et lorsqu'Elle entra à nouveau Michael comprit que pour lui, cette journée se terminerait dans la tristesse. Certain parmi ses frères se riaient de la déchéance. Ils ne la comprenaient pas, n'y oyant qu'une simple chute, ignorant tout des douleurs. L'archange continuait de pleurer ses frères, il les pleurerait toujours.

 « Hé bien...Prends place je suppose. Cela fait longtemps....où était-ce la dernière fois ? Ne nous étions-nous pas battus ? »

Entre eux, un froid, une banquise. Il ne prit pas la peine de soupirer - à quoi bon encore une fois?- et se contenta de ranger l'ordinateur dans la sacoche et de faire débarrasser les assiettes vides. On apporta une carte à Nevaeh, comme lui elle connaissait les vieilles coutumes d'hospitalité : mange quelque chose chez moi, prouve ainsi que tu n'es pas mon ennemi. Pas ici, pas maintenant.

 « Et de quoi m'estimes-tu responsable plus que de raison pour être si en colère ? »

Torrent de cheveux blonds, respirer leur odeur de loin, comme l'on observe les trésors de l'or du Rhin.
Il aurait pu dire son nom, lui avec sa voix grave, avec ses yeux tristes. Quelque chose l'en empêchait, pudeur, respect. Parfois un nom est la seule chose qu'il nous reste, alors on le cache, alors on l'oublie.
Michael comprenait au moins un peu, il essayait. Et sa main se posa sur celle d'Azael avec la tendresse d'un frère pour sa sœur.
Certaines choses ne pouvaient s'effacer, ne devaient s'effacer.

©TENNESSEE.
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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Jeu 9 Juil - 15:04

Le Néant. Aniel me répétait trop souvent que je n'avais pas idée de ce à quoi cela pouvait ressembler. Je ne le contredisais pas parce que c'était vrai ; je ne pouvais pas vraiment l'imaginer. Pourtant, mon cœur et mon esprit s'en faisaient une interprétation tout à fait personnelle. A fortiori ces derniers temps. Depuis plusieurs semaines, il habitait ma tête, paradoxalement enfanté par des jours et des nuits de réflexion stérile.
Je ne comprenais pas. J'avais exploré toutes les pistes à ma disposition et aucune d'entre elles ne m'avait menée sur le chemin de la Vérité. Incapable de préserver et de protéger ce qui me tenait le plus à cœur, je me sentais profondément vidée, terrifiée, inutile.
Ils étaient tous en danger ; mes très chers, mes protégés. Une fois de trop et pour des raisons insaisissables. Et l'idée seule de les perdre m'était aussi pénible que celle de me savoir aussi faible et désemparé. J'étais l'Ange qui révélait tous les pièges d'ordinaire. Celui qui résolvait tous les problèmes, qui éclairait tous les mystères. Notre Père m'avait voulu ainsi, puis il m'avait laissé déchoir : « La Perfection peut parfois s'avérer Imparfaite ».
Pourquoi cette fois en était-il autrement ?  

Je l'admettais ; de tous mes frères, j'étais peut-être le plus émotif, le plus enclin à me laisser submerger par mes sentiments. Je ressentais, me laissant parfois habiter par des concepts et idéaux propres à l'Humanité. On m'avait puni pour cela, mais la Chute n'avait que renforcé ces traits inadéquats.
Et c'est pourquoi la perception de cette aura céleste me bouleversa...

Je marchai depuis déjà plus d'une heure en direction du Liberate quand mes yeux se posèrent sur sa carcasse immémoriale. Mes pensées préoccupées l'enchaînèrent aussitôt à mon problème.
Qui mieux que Lui pouvait-il m'apporter des réponses ?

Je ne l'avais pas vu ni croisé ici depuis que je m'étais installé. Nous ne nous détestions pas, nous n'étions pas non plus les meilleurs alliés... Et, très certainement aveuglée par la colère et le désespoir, je ne pus m'empêcher de le penser aussitôt responsable de mes malheurs. Je refusai catégoriquement de le croire assis là par hasard. Qu'il soit là pour me provoquer ou non, il était forcément détenteur de certaines informations...



natalie dormerA travers la vitrine, je le fixai quelques secondes avant de me décider. J'entrai, d'un pas aussi lourd de sens qu'il pouvait être léger. Je ne connaissais pas l'endroit personnellement, mais des salons de thé comme celui là, il en existait des milliers, partout dans le monde tout comme à L.A. En d'autres circonstances peut-être, j'aurais admiré l'ambiance et la décoration épurée. L'assemblage et les tons coquets. J'aurais probablement aussi songé à commander, gourmande que j'étais -un vice visiblement partagé avec l'Archange que je surplombais.

Mais en l'instant, je n'avais d'yeux que pour lui, au sens le moins romantique du terme.
« Michael ». A mi-voix, je prononçai son nom, rongée par l'ire et l'amertume.

«  Hé bien...Prends place je suppose. Cela fait longtemps....où était-ce la dernière fois ? Ne nous étions-nous pas battus ? »

A nouvelle confrontation, nouvelles lois. Je frôlai le bord de sa table du bout des doigts, avant de m’asseoir face à lui, l’œil inquisiteur et la mâchoire crispée. Il ne pouvait ignorer ma colère. Tout dans mes manières et dans ma façon d'être la traduisait.  « Nous pourrions bien recommencer... » C'était pure folie que de me mesurer à lui, seule, et je le savais. Mais me battre n'était pas réellement dans mes intentions et c'était évident. Je voulais savoir, comme toujours.

 « Et de quoi m'estimes-tu responsable plus que de raison pour être si en colère ? »

Je n'avais pas d'idée précise quant à son rôle dans mes histoires du moment mais je le soupçonnai au moins d'en connaître les coupables ou les raisons. J'avais un accord, plus ou moins tacite avec les Archanges. J'étais libre de veiller sur et de former les mortels qui n'avaient pas le privilège de représenter un quelconque avantage à leurs yeux. Les initiés se faisaient de plus en plus nombreux et certains ne dépendaient d'aucun céleste, ils étaient tout bonnement délaissés. Moi, je repérai le potentiel chez ceux là et je les formai. Parfois, ils devenaient forts et plus qu'intéressants, alors on me les prenait, comme on sépare une mère de ses enfants. Mais de là à s'en prendre à eux pour m'atteindre... ça ne faisait partie d'aucun contrat et je ne pouvais le supporter.

« Je ne peux pas croire que tu ne sois pas au courant. Mes protégés, ils ont été attaqués. Raphael a soigné l'un d'eux, et il a été formel autant que moi : les démons et les esprits ne sont pas responsables.  Alors qui reste-t-il pour s'en prendre à des mortels surentraînés, dis-moi ? »

Au Diable les bonnes manières et les convenances. Peu importait que nous ne nous soyons pas vus depuis des lustres. L'accusation était lancée.

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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Dim 19 Juil - 14:28



Mad Tea Party
Michael & Azael


Contre la glace de son regard, Michael ne voulait nul bouclier. Il croisa les mains et écouta simplement, le visage penché, les yeux sereins, prince attentif à la moindre doléance. Lorsque la jeune femme eut terminé, lorsque le flot de haine s'arrêta, l'archange coupa une part de gâteau qu'il porta à ses lèvres. Délicieux. Dehors, le soleil tapait contre la vitre, en prêtant l'oreille il pouvait entendre les différents murmures des passants, le bruit de leurs âmes, de leurs cœurs. Il écouta celui de Nevaeh, le devina. Une chose rouge, palpitante, prête à pomper avec défiance tout ce sang et cette vie ayant renié la lumière. Avec un peu plus d'imagination, Michael le sentirait presque battre, agonisant, dan le creux de sa main à lui. Il se demanda combien de mortels pouvait posséder des pensées aussi morbides, mais ne voulut savoir la réponse.

 « Azael, je t'ai connu plus respectueuse mais surtout plus lucide. Commande-donc une tisane, celle à la camomille serait appropriée je pense. Songe à tes nerfs.... Bien. Nos Initiés se font sans cesse attaquer : il y a les démons bien sûr, les esprits, les déchus.... »

De la moquerie, il pouvait se le permettre tant que ses yeux restaient doux, tant que son cœur restait triste. Car Michael savait pourquoi pleurer, pourquoi et pour qui. Il regarda à nouveau la jeune femme, puis de force, lui attrapa le poignet. Ses doigts s'enfoncèrent dans la chair pâle, comme si toute pitié disparaissait de ce monde. Elle n'était pas fragile, Nevaeh, ne le serait jamais. Elle, on pouvait se permettre de la briser après tout...

 « Ah, Raphael... Ainsi il a accepté de te recevoir ? Tu dois certainement te souvenir de lui aux premiers jours n'est-ce pas ? Lorsque lui aussi tenait l'épée et me surpassait en cruauté. Il avait d'excellentes tactiques militaires alors, des stratégies géniales et retorses... Il savait comment mentir, il le sait toujours.  Il sait aussi comment cacher la vérité, puisqu'en disant cela il savait que tu irais vers moi. Je suppose que mon petit frère accepte peu l'intérêt que je porte à un de ss protégés, hélas Raphael s'est un peu trop coupé du monde pour correctement s'en occuper »

D'autres clients entrèrent alors, la clochette teinta à peine. Il y eut un raclement de chaise, le bruit d'une conversation en cours. Michael ne lâcha pas la jeune femme, n'en avait nulle envie. Il était l'oiseau de proie ayant entre ses serres, un lapin tout enragé...

 « Qui d'autres ? Oh ma chère...les humains ! Vous vous focalisez trop sur les entraînements et cette guerre éternelle, alors vous oubliez. Vous oubliez que bien des hommes possèdent un cœur mauvais,  que l'on peut faire du mal même sans pouvoirs. Au temps des duels, j'avais un élève extrêmement doué, le meilleur peut être. Il est mort, tué par un simple amateur presque incapable de tenir une rapière... Pourquoi ? Parce que l'amateur ne prévoyait rien, agissait juste, alors mon élève ne pouvait deviner ses coups et se défendre correctement. Tes protégés, ils savent combattre, tu leur fais lire les corps, mais que se passe-t-il lorsqu'il n'y a rien à lire ? Souviens-toi des guerres Azael, souviens-toi de Londres, lorsque je pensais encore la femme être l'avenir de l'homme. Je formais ces femmes, te rappelles-tu ? Ces âmes errantes du quartier de Whitechapell, mais toutes elles ont péri par la volonté d'un simple tueur pas même démon, pas même au courant de l'importance qu'elles auraient pu avoir. Les hommes, les femmes... Ils naissent avec déjà entre leurs doigts, le pouvoir de tenir un couteau »

Ses doigts serrèrent un peu plus fort, puis s'effacèrent enfin. Alors le salon de thé ne parut plus si beau, si accueillant. Ceux qui goûtaient aux pâtisseries avec couteaux et fourchettes semblaient avoir de bien étrange sourires, comme prêts à poignarder leurs voisins. Même cette mère, un jeune bébé dans les bras, semblait plus l'étouffer que le bercer. Tel était le monde... Mais l'illusion disparut, car la bonté existait aussi, car la beauté était là, eux qui pouvaient à peine la toucher.

 « Un jour peut-être, je m'en prendrais à ceux que tu protèges... En ce cas il n'y aura nul survivant et tu le sais. Raphael ne pourra sauver personne de ma colère, ni répandre ses théories fumantes.... »

©TENNESSEE.
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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Ven 14 Aoû - 19:30

« Azael, je t'ai connue plus respectueuse mais surtout plus lucide ».

Le regarder mâcher et savourer m'était insupportable. Je l'avais toujours détesté pour cela ; son flegme exaspérant, cet air de se moquer de tout et sa façon de s'y montrer indifférent, alors qu'il était loin de l'être évidemment. Michael, l'enfant préféré du divin, célèbre parmi les hommes et favori des anges. Ne le retrouvait-on pas partout, tout le temps ? J'étais peut-être un peu jalouse de son influence, mais fière malgré tout de n'être jamais devenue telle que lui.

« Commande-donc une tisane, celle à la camomille serait appropriée je pense. Songe à tes nerfs... » Je lui adressai le plus faux et le plus amer des sourires.
Inutile de faire cas de ses remarques désobligeantes. Je n'étais pas venue le trouver pour ça et je savais encore me contenir quand il s'agissait de moi.

« Bien. Nos Initiés se font sans cesse attaquer : il y a les démons bien sûr, les esprits, les déchus... ».

Il n'était pas si innocent ni détaché qu'il voulait le faire croire, j'étais bien placée pour le savoir. Nous avions parfois passé quelques accords, je ne lui faisais pas confiance pour autant. Car nous n'avions jamais eu le même sens des priorités ni celui de la cruauté...
Mais j'avais hâte d'obtenir ses réponses car je savais également qu'il ne prendrai pas la peine de me mentir. Quel intérêt ? Lorsque Michael voulait quelque chose, il l'obtenait. Il n'avait rien à craindre de moi, pas plus à craindre de beaucoup d'autres. Il n'avait pas besoin de me rappeler à quel point j'étais faible et insignifiante à ses yeux ou à ceux d'autres célestes. Ni comment, s'il le souhaitait, il pouvait m'arracher mes compagnons humains. Je le savais capable du pire et me méfier des démons n'était pas suffisant. Mes frères représentaient la plus grande des menaces, lui le premier.


natalie dormerDans tout cela, l'évocation de Raphael m'apporta au moins une once de satisfaction. Michael ne savait pas. Il croyait savoir ou refusait peut-être de se penser ignorant à certains sujets ; mais le lien que j'entretenais depuis toujours avec le Guérisseur était spécial, et l'avoir guidé sans lui imposer la moindre vocation était encore pour moi une grande fierté. Peut-être Michael tâchait-il d'occulter l'estime que me portait son cadet ? Malgré tout, je savais reconnaitre l'admiration et la reconnaissance dans le regard de l'Archange lorsque je le voyais. Nous avions l'un pour l'autre un profond respect, je l'aimais sans doute... mais surtout, je lui faisais confiance. A lui, étonnamment, alors qu'aucun autre en dehors d'Aniel ne pouvait se targuer d'un tel privilège. J'avais la certitude -très certainement à tort- qu'il ne me trahirait pas et qu'il chercherait plutôt à m'aider. N'était-ce pas ce qu'il avait fait ?  

Calée au fond de mon siège, je notai dans un coin de ma tête qu'il me faudrait à l'avenir me montrer discrète à l'approche du Chirurgien. M'aventurer sur ce terrain alors que l'aîné des 7 s'y intéressait de près serait imprudent. Car c'était bien de James qu'il s'agissait, il n'y avait pas de doute à ce sujet. Nous étions donc dans un bien mauvais jour...

« Tu n'as pas le monopole de la cruauté ».

Soudain parcourue d'un accès de rage, je regardai sa main s'éloigner d'un œil destructeur. Une vague d'émotion incontrôlée, en écho à son geste, qui s'empara de la pièce toute entière. Alors même que nos doigts n'étaient plus en contact, je pouvais encore sentir son emprise et la peau me brûler.

Le menacer n'était sûrement pas la réaction la plus intelligente qui soit mais c’eut sur le moment le mérite d'apaiser ma colère. Je pouvais le faire souffrir, moi aussi. Je pouvais tout arrêter. Abandonner, laisser tomber, et emporter avec moi bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer...
Je pouvais. Hélas, il savait sans doute bien mieux que moi que jamais je ne renoncerai. Je pouvais me révéler d'une aide précieuse à l'avenir ou demeurer l'éternelle épine dans son pied...

« Mais soit. Des humains sont peut-être responsables ».

Je me devais d'avouer malgré tout que sa théorie se tenait. A moins...

« A moins que vous n'ayez élaboré l'un de vos plans barbares afin de nourrir votre folie guerrière ».

Par "vous", je désignais le Paradis. Avec la Guerre approchant, je ne pouvais que me montrer suspicieuse ; « Vous parlez des Hommes avec dégoût mais regardez-vous bien. Vous vous déchirez, vous vous entretuez depuis la Nuit des Temps. L'Ange ne vaut pas mieux que l'Homme et parfois pas plus que le Démon. Prêts à tout, sans la moindre pitié. S'inventer des missions insurmontables pour justifier sa soif de sang et satisfaire son orgueil démesuré... Briser des vies insignifiantes... »

Je me redressai, attirant les regards tout en haussant le ton, et toisai celui que je ne voulais plus appeler "frère", le gratifiant d'un sourire plein de dents.

« Nous sommes nés avec ce même couteau entre les doigts ».

Cette fois, je m'incluais dans mon discours car je n'avais pas la prétention d'être née différente. Je l'étais devenue.

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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Dim 16 Aoû - 10:32



Mad Tea Party
Michael & Azael


Il n’attendait d’elle nulle soumission, cela aurait été contraire au respect qu’il lui portait. Certaines choses ne pouvaient éclore que dans la rage et la colère pourtant, comme si rien d’autre n’existait pour parler sentiments. Michael acquiesça, écoutant ce qu’elle avait à dire, écoutant comme il l’avait toujours fait. Bien sûr, les accusations étaient logiques, il ne sourcilla pas pourtant, continuant de regarder la jeune femme droit dans les yeux. Parce que l’archange n’avait rien à cacher, rien de son cœur, rien des peines sans intérêt surtout.

« Quel joli mensonge : tu n’as jamais été cruelle, Azael. Tu ne le seras jamais également, ce n’est pas dans ta nature, c’est ainsi. Ne te trompe pas à mon nom, on peut me dire semblable à Dieu mais j’en suis par trop éloigné. Alors bien sûr que tu me juges, mais n’oublies pas de m’affronter. Parfois il n’y a qu’ainsi que l’on peut sauver. »

Disparu l’homme au regard fier, dédaigneux, disparu l’air de s’en foutre, d’oublier. Il était Michael tout autant juge que jugé. Lorsque Azael frappait, cela s’appelait la Justice. Une force primaire, abandonnée des anges depuis longtemps, mais une Justice quand même. Tant de chemins avaient divergés, tant d’hommes s’éloignaient.

« Nous ne sommes pas bien nés, quoi qu’on en dise. Toi, moi, les autres… Et il nous faut rester debout quand même. Remiel s’est fait attaquer, un prince-démon dont nous n’avons pu voir l’identité. Je ne sais si cela peut être lié mais…. Il m’a parlé des Initiés aussi, de leur présence de plus en plus grandissante. Comme d’habitude j’ai été idiot, bien que cela ne doive pas trop t’étonner »

Il n’avait plus les mêmes yeux, Michael, plus durs, plus éternels aussi peut être. Quelque chose se tramait dans l’ombre sans qu’il ne puisse y avoir la moindre emprise.  L’homme sentait un feu vieux, tellement vieux désormais. Dans ses veines, dans ses mains… Il brûlait de reprendre l’épée, et son cœur appelait le sang, et son cœur appelait la guerre. Une folie le posséderait à nouveau, lui qui ne savait pas tout à fait être ange, encore moins être humain.

« Il avait raison pourtant, comme toujours : les Initiés augmentent. Tu en as quelques uns sous ta coupe, Gabriel en surveille également, et Remiel semble en avoir lui aussi. Mais nous avons oubliés les démons, j’ai oublié les démons. Eux aussi peuvent séduire et enseigner, et plutôt que de se salir les mains, quoi de mieux qu’un Initié ? Le couteau qui te sert de cœur, garde le affuté. Ce n’est cependant pas ton rôle de condamner, pas plus que le mien. Certaines choses doivent se faire, aussi injustes soient-elles. Crois tu que je n’ai pas souffert de toute cette folie ? Non, bien sûr que non, et nos armes sont faibles, nos cœurs aussi. Qu’importe, cruel je le suis pour vous tous, ainsi vous-même n’avez pas à l’être. Déteste-moi, Azael, méprise-moi si tu le souhaites. »

Et soudain, comme une lumière. Il y avait de la colère en lui, mais non contre elle. Et cette colère, ce monstre, il le na ferait pas s’échapper, car cela était son rôle. Un éternel adulte pour les anges, pour les démons parfois, une figure d’autorité à laquelle s’opposer. Lui plutôt que Dieu. Alors il étendit le bras, ouvrant sa paume offerte à l’attention de la jeune femme. Dedans, une plume, une simple plume. La sienne. Et ce geste était sacrilège en bien des façons, car Michael était un archange du Paradis, offrant un peu de pureté de celui-ci à une sœur pourtant tombée.

« Prend-la si tu le souhaites, avec elle tu pourras me contacter à tout moment si un problème se présente. Doute de tout, petite sœur, doute de moi, haïs moi parfois. Crache sur mes colères et mes doutes, car il est vrai que je n’ai pas droit d’en avoir, ce serait faillir à mon rang. Crache dessus, oui, sur ma cruauté également. Tes mains manient l’épée et le couteau, elles sont différentes des miennes cependant, alors n’oublie-pas cette force la. Le monde n’est pas un idéal de beauté, à nous de l’habiller par nos sentiments. Toi, tu as déjà commencé. Tu t’en sors bien, tellement bien. Bien mieux que moi…. »

Et lorsque Michael se leva un peu, ce fut digne, car il était l’archange à l’épée. Dans un geste d’une extrême douceur, il inclina le torse jusqu’au front offert et en colère de la jeune femme. Là où il posa ses lèvres, fraternel, aimant, amant. Dans ce geste, son cœur, muscle battant et déchiré. Dans ce geste, ses espoirs, lui qui ne doutait pas d’elle. A l’instant, par ses réponses, par sa fierté froide et honnête, Azael avait encore prouvé quelle ange elle était.

« Oh ma chère petite sœur… je sais que tu n’es pas perdue. Haniel, Raphael, les autres…mais surtout eux. Je les supplie de t’aimer toujours un peu plus pour que dans leurs sentiments à eux, il y ait aussi mon cœur à moi. Ta route est sombre, n’oublie cependant jamais quelle lumière tu es, toi respectée autant par Michael que Lucifer, toi capable d’apporter ton cœur, ta balance et ta justice dans cette pauvre humanité. Puissante, si puissante petite sœur… »


©TENNESSEE.
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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Mer 2 Sep - 19:53

Il avait toujours été ainsi. Capable de parler beaucoup, capable de parler juste. Et surtout, capable d'apaiser mes colères en un temps record, sans doute parce que j'étais trop sujette à ce terrible pêché qu'est l'orgueil.
A ses mots, je ne pus m'empêcher de ressentir une once de fierté ; je ne lui devais rien, je n'avais pour lui aucune considération particulière, qu'il soit ou non le Premier. Seulement constater son Respect, plus encore l'entendre de sa bouche, avait ce goût amer des victoires inutiles. Car s'il avouait me porter de l'estime, nourrissant par là même cette stupide vanité, cela ne venait en rien résoudre nos problèmes. Ça n'avait pu non plus me rassurer, bien au contraire ; l'Archange restait ce qu'il était, en dépit de ses paroles et de ce qu'il pensait. Enfant de Dieu, du Paradis, il ne changerait jamais comme moi j'avais changé. De sa part je ne pouvais espérer aucune compassion, aucun traitement de faveur, et ma main refermée sur la plume ne confinait qu'une illusion. Je ne pouvais pas lui faire confiance, nous étions trop différents. Moi trop humaine, sans doute, car j'avais beau savoir au fond qu'il avait raison... je refusais catégoriquement de condamner des êtres chers pour donner leur chance aux desseins plus grands. Il l'avait dit lui même : il était là pour le faire, fidèle à sa Mission...

Je l'imitai en me redressant, demeurant assise pourtant avec le souvenir de ses lèvres apposées sur mon front. C'était là un geste que je n'oublierai pas ; dénué d'intérêt, de stratégie, de rôle, en toute sincérité l'espace de quelques secondes... c'était bien plus de trêve que nous pouvions nous accorder.

« Comment va-t-il ? ». De son discours, je n'avais pas perdu la moindre miette. Au fond de ma poitrine, mon cœur était toujours comprimé par la crainte, crainte que mon vis-à-vis avait contribué à faire grandir. J'avais peur pour le monde, peur pour les miens. Mais je n'étais pas non plus insensible au sort de certaines anges... Remiel m'évoquait d'agréables souvenirs, et des rapports bien différents.

Il fallait un démon puissant pour déstabiliser un archange. Ou bien des moyens nouveaux, surprenants... sur ce point avec Michael, nous étions tous les deux d'accord. « « Crois-tu qu'ils les manipulent ? Qu'ils en constituent une armée... »

Ces mots m'échappèrent tandis que j'observai la rue par la fenêtre, fuyant ma bouche comme s'ils s'étaient vus effrayés.

« Le nombre d'initiés va croissant il est vrai. Ils sont si nombreux que vous êtes incapables de tous les surveiller... ». Un reproche, teinté de colère à nouveau. Dans mes yeux, Michael put lire la nostalgie, l'impuissance puis la tristesse. Les affres du passé venant me rappeler combien j'avais souffert, chaque fois que l'un d'Eux était venu me prendre un protégé, sous prétexte que je n'étais plus apte à les aider, incapable de stimuler leurs dons pour leur apprendre à les maîtriser, les voir grandir, se développer. Longtemps j'avais cessé de m'attacher aux originaux par refus de les perdre à leur tour. J'en avais de nouveau sous ma coupe depuis seulement quelques années, car leur nombre augmentant, le Paradis peinait à s'occuper de tous. Deux bénéficiaient actuellement de ma bénédiction. A leurs yeux, les plus insignifiants, les plus indignes des attentions célestes, sûrement...

« Êtes-vous à ce point débordés qu'ils vous échappent pour aller se loger entre les griffes des démons ? »

Bien sûr, je ne pouvais pas récupérer seule tout le surplus d'initiés et ce, même si le Paradis consentait à revoir ses règles. Aussi, je n'étais pas particulière désireuse de collaborer avec eux et cela, Michael le savait mieux que personne. Seulement, je me devais de soulever une fois de plus l'incohérence et la bêtise de leurs choix. Choix qu'ils s'empressaient tous de confondre avec l'Obligation, valorisant le conditionnement pour se départir de leurs responsabilités... Ne pas ne pas choisir, c'est encore choisir. N'avaient-ils jamais lu Sartre ?


natalie dormer« Que vas-tu faire ? » Dehors, le soleil déclinait et plus le temps s'écoulait, plus le salon se vidait. Bientôt, nous ne serions plus que deux, empêchant les lieux de faire la fermeture à l'heure habituelle.

« Je ne peux pas croire que tu n'aies pas déjà un plan alors, ni même que tu n'aies commencé à enquêter. Quelles sont tes pistes ? Tes soupçons ? »

La main crispée contre le bord de la table, je fixai l'Archange de mon regard inquisiteur. J'étais toujours inquiète, c'était dans ma nature puisque j'avais toujours eu le souci de l'Homme.
Mais de sa part, je ne m'attendais pas à de véritables réponses. Du moins pas directes ni concises. C'était peut-être trop tôt pour qu'il affirme quoique ce soit aussi, et je préférais me dire ça plutôt que de m'envisager encore longtemps dans l'ignorance.

« Je veux être assurée qu'aux moindre indices, tu me tiendras au courant », dis-je en trempant mes lèvres dans la crème du chocolat que j'avais finalement eu la faiblesse de quémander.

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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Mer 9 Sep - 21:00



Mad Tea Party
Michael & Azael


Son visage avait le calme d'une mer de nacre et d'ivoire, Michael en regardant l'ovale parfait avec autant d'amour que de tendresse à présent que la colère s'en était allée. Une colère légitime peut-être, bien sûr même sûrement, mais à quel prix ? Il y avait des règles en ce monde, trop dures, trop strictes, certaines aussi coupantes que la gifle d'un frère, aussi nécessaires surtout. L'archange laissa ses yeux se perdre dans un monde connu de lui seul, odeur de steppes et galops de cheveux. Il écoutait pourtant, il écoutait toujours et répondit.

 « Remiel est empli de doutes, comme beaucoup. Néanmoins il a décidé de partir chasser le Prince Démon l'ayant attaqué. Seul. M'en mêler à nouveau le blesserait, je reste attentif cependant, prêt à intervenir. La puissance n'empêche pas la défaite... »

Pouvait-elle le faire chuter, ce frère, ce cadet, en avait-elle le droit ? Michael avait vu bien des déchus emmener à eux des anges dans la promesse d'une pureté bien plus charnelle que divine. Une pureté ne pouvant leur appartenir... Azael n'était pas une personne fourbe, ne le serait jamais. Ses sentiments portaient leur propre sainteté, à leur manière, elle qui aimait guider hommes et hybrides lorsque Michael préférait ne pas s'en mêler.

 « Lorsque les hommes furent créé, pour compenser de leur mortalité si fragile Dieu leur a offert le Libre Arbitre et, de ce fait, bien des choses nous étant interdites. En les guidant, en se posant en protecteurs et en généraux les menant au combat, nous leur enlevons ce cadeau... Un Initié sera toujours manipulé. Tu t'étonnes que je ne m'en mêle pas plus, tu as ta réponse désormais. Comment saurais-je les guider si je ne peux leur laisser un choix ? Alors oui je préfère attendre, qu'ils viennent à moi une fois prêts, éduqués... Moi, je n'ai rien pour les convaincre, les séduire, je ne connais que les combats »

Prenant la serviette en tissu d'une main, l'archange fit disparaître la petite tâche de chocolat liégeois sur le nez de sa cadette. Un geste mécanique, ancien si ancien, lorsqu'il offrait à ses frères et sœurs le miel, le lait et le vin, qu'ivres, incapables de tenir jusqu'à la moindre cruche, il fallait leur essuyer leurs visages souriants, toujours tournés vers d'autres soleils, d'autres lendemains.
Ils avaient été ives, ils avaient été fous, la Chute en devint le prix. Nevaeh en gardait-elle quelques souvenirs ? Jamais Michael ne la questionnait : le monde avait ses limites, le guerrier aussi.

[colo=olive] « Une armée se prépare, oui, prête à marcher contre nous. Nous le savions depuis longtemps, qu'une telle chose arriverait, et peut-être espérions nous un sursis. Depuis trop longtemps nous nous cachions derrière un échiquier, à présent nous sommes les pièces d'une partie et non les maîtres.... As tu vu Haniel récemment, t'a-t-i fait quelques confidences ? »[/color]

Le thé avait un goût amer, froid. Un poison s'y glissait, celui du temps, celui de la colère que rien n'apaisait. Il aurait voulu parler encore un peu, Michael, raconter ces vieilles coutumes arabes où partager nourriture et boisson entre compagnons empêchaient les trahisons, raconter comment l'on rompait le pain autrefois, mais il n'avait plus de mots.
Une armée pour eux, une armée contre eux, et eux-même prêts à s'entre-déchirer encore une fois. Les ténèbres du monde, un hiver sournois, quelque chose pour les glacer, les enchaîner.

 « Tu sauras ce qu'il te faut savoir.... »

Car ses ailes étaient grises, bannies du Paradis.

 « Les limbes sont d'abord apparues, puis les rumeurs de la Chasse Sauvage.....Quelque chose se prépare »

©TENNESSEE.
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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Dim 27 Sep - 15:10

Mad Tea Party.

michael & azael

natalie dormerCe geste, celui d'un frère bienveillant, attentionné, aimant, me fit songer à quel point il devait être difficile d'être lui. Tandis que sa main s'éloignait, tissu maculé de brun à son extrémité, mon amertume s'effaçait, mon agacement aussi, laissant la place à d'autres sentiments, beaucoup plus compréhensifs et compatissants. Michael était ce qu'il était. L'Ange parmi les anges, le Grand Frère, le Premier. Un poids terrible s'affalait sur ses épaules depuis toujours. Et bien sûr, il avait le droit d'être fatigué. Le droit d'être différent, aussi, et celui de ne pas être toujours ce qu'on attend de lui. J'étais de ceux pourtant qui l'assommaient de jugements à longueur de journée et de temps, et j'en vins presque tout à coup à culpabiliser. Je savais que cela ne durerait pas. Qu'il aurait bientôt pour moi des mots qui ne me plairaient pas, qui attiseraient de nouveau ma colère... mais Michael était ainsi. Il avait ce pouvoir sur moi ; celui de faire s'accroître l'ire et brusquement de faire surgir la compassion. Mais je ne le laissais pas pour autant transformer mon empathie en faiblesse ; bien sûr, j'avais de l'Amour pour lui. J'en aurais toujours. Mais je savais tout autant demeurer attentive et vigilante.

« Tu te juges trop sévèrement. Ne sois pas seulement ce que Dieu, que tes frères, que les Hommes attendent de toi. Tu peux être bien plus. Si tu le veux vraiment... Tu n'es pas doué que pour les combats ».

Peut-être avait-il besoin d'être rassuré. Je ne pouvais pas l'en blâmer. C'était là le rôle qu'on lui attribuait, mais lui, qui le conseillait ? Qui l'aidait ? Qui le guidait ? Michael n'était-il pas un nom bien trop dur à porter ? Sans doute...


natalie dormerJ'avalai ma dernière gorgée de crème, et raclai le fond de la tasse du bout de la cuillère pour recueillir le chocolat. Des petits plaisirs qui passent trop vite...

«  Tu sauras ce qu'il te faut savoir  ». Le couvert encore au bord des lèvres, je relevai les yeux vers ce frère qui savait se montrer prévenant aussi vite que détestable. «  Les limbes sont d'abord apparues, puis les rumeurs de la Chasse Sauvage.... Quelque chose se prépare ».

J'étais certes déchue, tenue en quelque sorte à l'écart alors que mon but n'était pas si différent du leur... Motivé certainement par de plus pures intentions, du moins tâchais-je continuellement de m'en convaincre.

« Tu en sais plus que moi apparemment ». Dans mon regard, une lueur de défi, la colère et la jalousie d'une petite sœur laissée en arrière. Non pas parce qu'elle est trop jeune, ou trop fragile, mais parce qu'on la juge indigne de savoirs et de stratégies... « Qu'aurait-il pu me dire de plus qu'à toi ? »

Aniel... Le Puissance ne parlait pas beaucoup, mais ensemble, nous n'avions pas besoin de mots pour nous comprendre. Je ressentais, je devinais, et lui s'abandonnait, dans la mesure du raisonnable. Proches depuis toujours, il avait été le Premier vers lequel je m'étais tournée pour réclamer de l'aide. Nous enquêtions ensemble, et si nos recherches ne s'étaient pas montrées concluantes, je refusai d'en avouer le moindre mot à l'Archange, frère qui me faisait me comporter telle une enfant.  

« Quoiqu'il en soit, tout cela ne présage rien de bon ; je suis d'accord avec toi sur ce point : l'heure est grave, et nous faisons bien de nous montrer prudents ». Je repoussai ma commande terminée au centre de la table et me levai, la moue boudeuse et finalement désappointée. Je n'étais pas plus avancée qu'à mon arrivée. La menace perdurait, la Guerre était proche... et j'étais toujours faible, c'était vrai, parce qu'incapable de protéger correctement celles et ceux que j'aimais tant. Sûrement trop, il avait raison...

« Crois-tu vraiment que garder nos découvertes pour nous est dans leur intérêt ? Il est peut-être temps de mettre nos différents de côté pour les aider... et pour gagner. Même s'il est certain que nous ne pourrons pas sauver tout le monde »...

Car nous le savions tous les deux, au fond. La bataille qui était sur le point d'éclater ne ressemblerait à aucune autre. Beaucoup plus destructrice et sanglante que toutes celles que nous avions connues ces derniers siècles, ces dernières années...

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MessageSujet: Re: Mad Tea Party - Nevaeh   Sam 3 Oct - 16:49



Mad Tea Party
Michael & Azael


L'homme eut un long rire avant de lui attraper les mains et d'y déposer de multiples baisers, le cœur brûlant. Sa sœur, sa petite sœur si droite dans ses convictions, si perdue dans la détresse du monde... Elle avait tant d'embrassades au corps, Nevaeh, elle avait tant au cœur, et Michael se savait trop vieux, trop dur pour le miel de son regard. Elle l'aimait pourtant, de cela il en était heureux, et le Paradis était en son sourire parfois.

 « Parce qu'il a pour toi la plus pure des tendresses, cher amour »

Et cela, Michael ne le condamnait pas. Les passions charnelles n'étaient pas pour eux, pas avec le poids de l'immortalité, mais cela n'empêchait pas d'aimer. Lui-même s'y égarait parfois, les yeux sombres, le cœur en deuil, mais il ne connaissait pas les mots, ne voulait l'admettre. Il y avait une femme pourtant, il y pensait parfois le soir, il y pensait souvent. Cela n'était pas un secret bien sûr, mais l'on se gardait bien d'en faire mention devant l'archange. Quelques uns osaient, certains comprenaient, d'autres pas. Un amour à sens unique peut-être, différent de celui de Dieu, capable de lui apporter courage malgré tout lorsqu'il y songeait, du bout du cœur et du bout des yeux.
Elle se leva, Nevaeh, maîtresse d'un destin bien sombre pour qui possédait un cœur. Il ne la plaignait pas pourtant, car sa sœur était forte, car sa sœur était grande. Leurs routes se destinaient à de simples croisements, hélas jamais ils ne feraient le moindre chemin ensemble. Tant de solitude, on pouvait en mourir parfois, un ange comme un humain.
Lui, il resta assis encore un peu, le regard bien dur encore mais pas pour elle, pourquoi pour elle ? Non, car Michael songeait aux Ténèbres, à toutes ces lumières qui disparaissaient malgré tous leurs combats. Le désespoir n'aurait jamais de fin, seul l'amour semblait posséder quelques limites en ce monde.

 « J'ai peur, Azael.. »

Et cela était vrai. Il mentait beaucoup, Michael, mais pas cette fois-ci. Alors ses yeux ne quittaient pas la femme dont il avait baisé les mains, car au fond l'archange ne souhaitait rien d'autre que des gestes d'amour à son encontre. Enfants de Dieu, ils devaient s'aimer, non se haïr, sans les hommes cela aurait été. Mais les hommes étaient venus, poisseux de chairs et de vices, avec leur propre amour, leurs propre péchés.

 « J'ai peur car tu dis vrai : nous ne pouvons sauver tout le monde... Hors, à tout te révéler, c'est toi que je mets en danger. Il ne s'agit pas que de différents, il ne s'agit pas de colères, la mienne blesse peut-être mais elle est brève. Je t'aime et tu le sais, qui d'autre a pour moi des mots de réconfort, qui d'autre que toi ? Te sacrifier serait dur, si dur...hors tu sais que nous n'avons souvent pas le choix »

Alors seulement l'archange se mit debout lui aussi, grand et fin, icône sévère d'un temps quelconque dans ce futur si perdu. Il songea à tous les poèmes qu'on aurait pu lui écrire, elle, la belle, une fois descendue des cieux pour embrasser son destin de paria. Car jamais la vertu ne l'avait quitté pourtant, et Michael eut envie d'embrasser encore et encore le satin de son front boudeur. Avec elle, ses instincts d'homme l'abandonnaient, il n'était plus ce comédien cherchant à se fondre dans une masse anonyme. Non, avec elle il se tenait à l'ombre d'un dattier, le soleil couchant sur les épaules, observant le sable et la vie une dernière fois avant de remonter au son de quelques trompettes, jusqu'à la pureté du Paradis.

Azael, son Azael, lui qui ne l'avait jamais possédé. Son cœur battait au rythme d'une douleur, car Michael comprit qu'il ne voulait pas la quitter. Quelque chose de sombre s'accrochait désormais aux épaules de la jeune femme, et lui ne se rappelait que trop bien de ceux qu'il avait un jour aimé. Ceux contre qui il avait levé l'épée. Car leurs jeux à tous étaient doubles, étaient triples, rien ne pouvait se limiter à une seule et unique volonté, pas même les désirs divins. Parfois, la trahison était nécessaire … Ils n'étaient pas des Hommes, alors plus qu'anges, plus que démons, le seul mot qui leur restait était celui-ci : « monstres ».

©TENNESSEE.
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